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TRAVAIL ou VACANCES? C'est COMME on le PENSE

Von: MONEDI (r.monedi@orange.fr) [Profil]
Datum: 10.07.2009 09:39
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TRAVAIL ou VACANCES ?  C’est COMME on le PENSE

Il était une fois, ……
Dans notre beau Pays de France, une Entreprise particulièrement
innovante, qui mettait au point une invention extraordinaire. Une de
ces inventions séculaires qui font avancer l’humanité !
Mais cette découverte exceptionnelle, posait dans l’immédiat, de
sérieux problèmes à son P.D.G. Bien sûr, ces problèmes
étaient
en eux
mêmes porteurs d’avenir ; porteurs d’avenir pour l’Entreprise, mais
aussi et surtout, ne soyons pas modestes, pour le Monde entier ! Il se
devait donc de trouver rapidement, les solutions adéquates pour
développer, coûte que coûte, la trouvaille incroyable de ses
Techniciens. En effet, son bureau d'études par un concours de
circonstances aussi imprévu que miraculeux, venait de faire une
découverte fantastique, qui laissait loin derrière elle,  Papin et sa
marmite à vapeur, Guillotin et sa ‘guillotine’, et même Newton et s
a
pomme. Grâce a cette idée, que la postérité prendra
certainement co
mme
base d'une ère nouvelle, les hommes pourront bientôt produire des
tonnes d'électricité, avec simplement : du soleil, des bouts de
ficelles tressées et du sable.

Il fallait, bien sûr, éprouver cette invention tellement incroyable et
c'était cela qui posait problème, car ces essais devaient être
réalisés sous un soleil brûlant et dans des conditions quasi
inhumaines. Et, dans la résonance confuse du « téléphone arabe
»
de
l'entreprise, on sentait très bien une forte résistance  des
représentants du Personnel. Notre brave P.D.G., qui était très social
,
prit donc la seule décision qui s'imposait, il réunit tout les membres
de son Entreprise et leur tint à peu près ce langage :

"Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre présence à cette
réunion cruciale pour l’avenir de notre Entreprise. Vous avez ouï dir
e
que notre bureau d'études a fait une formidable  découverte, qui
pourrait porter notre Société au premier rang mondial. Sans entrer
dans les détails trop techniques, afin de ne pas vous lasser et, aussi
bien sûr pour préserver notre secret, je tiens  à vous donner les
grandes lignes de cette invention, afin que vous compreniez
l'importance des essais que nous devons impérativement effectuer.
Comme vous le savez, notre société est spécialisée dans la
fabricat
ion
de panneaux de tissus tressés en matériaux de synthèse. Notre avance
technique est telle, que nos tissus mousse à base d'lsocyanate
commencent à remplacer partout les anciens panneaux en tissus éponge
de polyuréthane. Et, il y a quelques jours, par un hasard miraculeux,
un de nos chercheurs qui travaillait sur des tresses d'un nouveau
produit synthétique encore supérieur, a remarqué que ces panneaux,
simplement posés sur du sable et exposés au soleil, déclenchaient un
processus réactionnel qui générait de l'électricité

Ne souriez pas messieurs! Ce phénomène s'explique scientifiquement. Le
sable en effet, contient de la silice, et vous savez tous que l'on
utilise déjà le silicium, ce métalloïde tétravalent, dans
les pan
neaux
solaires actuels. Mais ce procédé qui coûte horriblement cher, sera
très vite  dépassé par notre  découverte, beaucoup plus
pratique et
bien plus économique. En effet, nos nouveaux panneaux en tissu poreux
a base de salicyanate, (retenez bien ce nom) jouent au contact du
sable et sous la chaleur du soleil, le rôle d'échangeurs d'ions. Cette
réaction physico-chimico-thermique est d'ailleurs sublimée par une
légère humidité, et par une mise en vibrations intermittente du
sol."

Un silence admiratif, ……puis de longs et bruyants applaudissements
suivirent cet exposé. Le calme revenu, notre P.D.G. conscient de cet
avantage poursuivit aussitôt :

- " A présent, il faut bien sûr, faire des essais à plus grande
échelle. Malheureusement nous sommes déjà à la mi-juillet, il
nous
reste donc tout juste un mois pour profiter des journées
d'ensoleillement maximum. Nous n'avons pas le temps de construire une
station expérimentale, il faut donc que quelques personnes se dévouent
pour réaliser ces essais au plus vite.
Je pense que le plus simple serait de choisir un endroit isolé et
discret, à mon avis le plateau aride du Larzac devrait bien convenir.
Nous y ferions porter une cinquantaine de camions de sable fin, et
nous aménagerions sur place, des installations sommaires mais
confortables pour les Hommes et le contrôle technique. Le travail de
ces volontaires consistera à disposer sur le sable des pans de notre
nouveau tissu éponge baptisé « Silical », d'environ 180 cm par
70,
et
d'en assurer le meilleur contact possible avec le sable ainsi que la
meilleure orientation par rapport au soleil. Ceci dans le but
d'obtenir, pour ce test expérimental, des résultats optimums. Ah,
j'oubliais ! Il sera de  plus nécessaire, pour la mise en vibration du
silicium, de jeter de temps à autre sur le sable des masses de métal
pesant 700 grammes  environ."

Alors là, ce fût un tollé général. Un brouhaha
indescriptible, o
ù
chacun rajoutait sa critique…Notre brave P.D.G. n'était qu'un
tortionnaire, qu'un sadique sans cœur, qui non seulement saignait les
travailleurs, mais qu'en plus il voulait les faire cuire au soleil !
Comment pouvait-on songer sans honte, de faire travailler des hommes
des journées entières sous un soleil torride, et ce, quasiment
immobiles, à des températures approchant les 50 degrés. Et cela,
pendant deux à trois semaines ! Et au mois d'août en plus! Et encore
heureux que la nuit, ils puissent dormir ! C'était tout bonnement
inhumain ! Le CE demandait un plan d'eau pour le rafraîchissement
(mais c'était déjà prévu pour humidifier l'atmosphère) 
le double
ment
des équipes, etc.
Le CHS lui, exigeait la présence permanente d'une antenne médicale
pour des contrôles divers, pouls, tensions, etc. Les Délégués
du
Personnel, quant à eux refusaient purement et simplement. Et même
s'ils avaient accepté, il aurait fallu payer des heures à 400 %,
ajouter une double prime de déplacement, ainsi qu'une prime de risque
exceptionnelle, etc.
Tant et si bien que notre toujours brave P.D.G. était complètement
affolé. Il mettait en avant l'avenir de la société,
l'intérêt
général,  la création d'emplois, mais en vain, il n'était
même pa
s
entendu dans le vacarme général. Quand tout à coup, une voix haute et
claire lança :

-  Pardon, monsieur le Président...

Aussitôt silence. Qui avait osé interrompre une réunion de travail de
cette importance ? C'était Mme Dupont, l’infirmière. Le président t
rès
heureux de cette diversion inespérée lui donna la parole.

-  Eh bien moi, Monsieur le Président, je suis volontaire pour
faire cet essai, et ….. j'ajouterai même, pour le faire …..
gratuitement !
-
Re-tollé général, sarcasmes, rires ironiques ! La pauvre, elle n'avai
t
rien compris ! Evidemment, c’était une femme ! etc. ……Le Présiden
t lui-
même interloqué de cette proposition, demanda le silence et pria Mme
Dupont de s'expliquer.

- Eh bien oui, Monsieur le Président, moi je suis d'accord pour
faire cet essai pour rien…..Car, en effet, monsieur le Président, si
j'ai bien compris, cet essai, ce travail inhumain paraît-il, ce n'est
ni plus ni moins ce que font chaque année, tous les vacanciers qui
vont se griller au bord de la  mer !

Surprise générale, et silence embarrassé de toute la salle.

-  Ben oui, Monsieur le Président, cette année au lieu d'aller,
avec mon mari et les enfants, en camping sur la Costa Brava, vous
pourriez nous louer une villa discrète au bord de la mer, avec une
plage de sable fin, à  Saint-Tropez par exemple. Je  m'occuperai bien
de vos panneaux en nouveau tissu mousse «silical», ils me serviront de
serviettes de bain, ainsi,…… j'économiserai les miennes!

Un rire franc détendit enfin l'atmosphère et les représentants du
personnel quelque peu embarrassés fêtaient à présent Mme Dupont
et
louaient même son bon sens. Notre brave P.D.G. était le plus heureux
des hommes ! Cette fois-ci encore, son problème avait trouvé sa
solution ! Tout était parfait. Quand tout a coup, se frappant le
front, il se ravisa :

-  Mais, Madame Dupont vous avez oublié une chose. C'est que pour
mettre les molécules de silicium en vibration, il faudra par moments,
jeter des masses de métal sur le sable. Avec la chaleur, ce sera une
corvée pénible certes, mais cruciale pour la réussite de notre
expérience.

-  Ne vous faites pas de souci pour ça, Monsieur le Président,
mon mari, moi et nos enfants, l’été nous aimons beaucoup ,……. jou
er à
la pétanque !
-
MORALITE
Du travail, l'idée que l'on en a, fait merveille,
Corvée pour les uns, pour les autres, trésor.
Tant il est vrai que toujours, au même soleil,
Tant l’un s'y brûle, alors que l'autre s'y dore.

Raymond
MONEDI

Juillet  2009

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