Pourchassés par leur église : scientologie.
Von: xenufrance (xenufrance@free.fr) [Profil]
Datum: 02.11.2009 10:55
Message-ID: <4aeeac7c$0$425$426a34cc@news.free.fr>
Newsgroup: fr.soc.sectes
Datum: 02.11.2009 10:55
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Newsgroup: fr.soc.sectes
http://www.tampabay.com/specials/2009/reports/project/ le titre en français: "Pourchassés par leur église: quand vous essayez de quitter la scientologie, ils essaient de vous y ramener" Depuis des années, la scientologie pourchasse et ramène ses membres qui tentent de s'en aller. D'anciens staffs décrivent commet l'église les a pourchassés, enfermés, coupés de leurs familles et de leurs amis, soumis à des mois d'interrogatoires, humiliés, et soumis à des travaux physiques forcés. L'un d'eux décrit avoir été enfermé dans une pièce et gardé 24 heures sur 24. Certains expliquent qu'ils ont subi l'espionnage de leur église des années durant après l'avoir quittée. D'autres expliquent qu'on leur imposait une condition pour les laisser partir: il devaient signer des déclarations louangeuses pouvant ensuite être utilisées pour les dénigrer si jamais ils parlaient. Le St Petersburg Times a interviewé d'anciens scientologues de haut rang ayant coordonné les services d'investigation secrets et supervisé les méthodes pour faire revenir les staffs qui auraient quitté ou qui "blowaient" (ndt: le terme signifie littérallement s'envoler, éclater, la scientologie s'en sert pour toute personne quittant la secte). Ils expliquent que l'église, menée par David Miscavige, tient à empècher que ceux qui s'en vont de risquer de raconter les secrets de leur existence en scientologie. Marty Rathbun, ancien confident de Miscavige et très haut gradé, explique que le chef ciblait plus particu!lièrement ceux qui avaient tourné dans les sphères du pouvoir de la secte et qui auraient pu menacer sa position si on les laissait faire à l'extérieur. Lorsque le fondateur Hubbard était à la tête de l'organisation, "il n'y avait pas de clotures", explique Rathbun, Si quelqu'un voulait filer, il filait. Ce n'est que lorsque les purges internes démarrèrent avec Miscavige - il créait des ennemis - devenant alors une menace à son encontre, qu'ils ont démarré ce scénario accélérateur..../... L'Hiver dans les Montagnes Rocheuses Tom Cruise et Nicole Kidman devaient se marier la veille de Noël 1990. Où? Dans un vaste chalet loué à l'extérieur de Telluride, Colorado, une station de sports d'hiver à l'entrée de la vallée des Montagnes Rocheuses. Le couple avait joué ensemble dans "Jours de tonnerre" (Days of Thunder). Lui, la mégastar, elle, l'australienne en pleine ascension. Un petit contingent de la base scientologes internationale de Hemet (Californie) monta dans l'avion de Cruise pour le Colorado. Miscavige serait témoin de l'acteur principal, Ray Mithoff, scientologue de longue date proche de Hubbard, officierait. Le chef patissier Pinucio Tisi, officierait de son côté aux fourneaux avec le chef "cinq étoiles" Sinar Parman, pour péparer la fiesta. Parman avait fait partie depuis 12 ans de l'équipe scientologue dévouée, la Sea Org, . Il avait démarré en 1978, après un apprentissage au Century Plaza Hotel de Los Angeles. Il était le Chef cuisinier personnel d'Hubbard depuis deux ans. (Le fondateur aimait viandes-patates, ainsi que le poisson). Parman oeuvra ensuite en cuisine pour les "paroissiens" stars à la Base de Hemet. Il cuisina la soupe poulet-nouilles selon la recette de la grand-mère de Nicole Kidman, l'acteur le complimenta et John Travolta lui remit un carton de Camel pour son anniversaire. Cruise lui fit cadeau d'une veste portée dans "Day and Thunder" et de cigares de la Havane. Cruise insista pour que le ministre (Mithoff) et les cuisiniers emmènent leurs épouses pour cette journée. Noël dans les Rocheuses avec Cruise? Jackie Wolff, la femme de Parman, en était carrément tourneboulée! Lorsqu'ils s'étaient mariés quatre années auparavant, Wolff était assistante personnelle de Miscavige et de sa femme Shelley (Michelle). Elle repassait leurs chemises, préparait le petit-déjeuner du couple, les repas et en-cas, et les réveillait chaque jour. Depuis, elle travaillait au service du personnel et recrutait des membres pour la Sea Org. Avant de s'envoler pour la noce, chacun mit la main à la poche en vue d'un échange de cadeaux. Wolff acheta un court roman d'Hubbard pour l'acteur, pour 50 dollars: une semaine de son salaire. Cruise amena sa suite dans un hôtel dans hotel de Telluride, mais ils passèrent l'essentiel de leur temps au chalet en location. Parman cusiniait, Wolff s'occupait des décorations de Noël, nettoyait les chambres et aidait en cuisine. Les Miscavige demandèrent qu'on ne donne pas de cadeaux d'origine scientologue - un clin d'oeil aux invités non-scientologues de la noce. Du coup, Wolff partit en ville acheter un cadeau de remplacement, un passe-montagne de ski. Cruise et Kidman firent leurs promesses à la veillée de Noël comme prévu. Les invités sablèrent le champagne et Parman servit le repas, avec gigot d'agneau. Le lendemain matin, Wolff et Parman virent que des policiers barraient l'accès à des paparrazis. Cruise s'arrangea pour que les policiers puissent se restaurer. Les jeunes mariés emmenèrent les invités skier pour la journée. Wolff se souvient très bien de Tom Cruise descendant les pistes avec son nouveau passe-montagne. = De RETOUR AU TRAVAIL Les lumières de Telluride baissèrent dès que Parman et sa femme reprirent le travail à la base scientologue. Parman raconte que l'église refusa de lui payer un supplément de salaire pourtant promis pour son travail au mariage Cruise-Kidman. Il comptait sur cet argent. Sa carte bleue était passée dans le rouge à cause des achats de vètements nécessaires pour Telluride, et il payait ses propres repas! Il se demandait comment le salaire de la Sea Org pourrait payer cette nouvelle dette. Ce n'était pas la première fois qu'il avait fait du bon boulot pour se voir ensuite pénalisé: "Je baignais dans mon jus, si l'on peut dire..." Ce n'était pas mieux du côté de son épouse. Ses chefs lui donnaient des ordres contradictoires; il arrivait souvent qu'elle travaille très tard et dorme sous son bureau. Chacun de son côté, Parman et Wolff pensaient quitter la Sea Org. Mais de telles idées étaient tabou: les époux feraient des "Rapports de Connaissance" (KRs) si leur partenaire violait cette règle. Et si l'un des deux ne faisait pas un rapport quand il l'aurait fallu, et que ce non-rapport ressorte pendant une "confession" scientologue, il risquait aussi des ennuis. Wolff sentit que son mari était aussi frustré qu'elle. "J'ai pris le risque d'amener ça sur le tapis, et quand il a été d'accord, c'était comme un "Okay...". Hubbard reconnaissait que la Sea Org n'était pas pour tout le monde. Le 7 décembre 1976, il publia un ordre intitulé "Leaving and Leaves" - Congés et Départs - à propos du maniement des staffs qui partaient. Il expliquait que ça ne servait pas à grand chose de garder des employés qui ne voulaient pas rester; mais il ajoutait aussi que tous ceux qui partaient devaient subir une "Vérification de sécurité" (Sec Check) afin de protéger le staff et la scientologie. L'église s'intéressait à sa sécurité depuis ses débuts sous Hubbard, puis sous Miscavige, car elle était sans cesse sous le coup d'investigations officielles et de procès. Les staffs se servaient de cabines téléphoniques et de dépôts du courrier faits selon des règles complexes pour empècher que des informations ne tombent entre de mauvaises mains. Les membres de la Sea Org utilisaient des pseudonymes. Le vrai prénom de Rathbun, c'est Marty, et non Mark. Le chef de la sécurité Morehead utilisait "Jackson" comme patronyme. On faisait tout façon CIA, explique Parman. C'était ainsi qu'on vivait alors. A la mort d'Hubbard en 1986, ses lettres de règlements devinrent la boussole de l'église. Mais 'Congés et Départs" présentait une contradiction: si on laisse partir les gens comme ils veulent, comme le demandait cette règle, cela pouvait compromettre la sécurité. Mais si on les gardait jusqu'au moment où on avait acquis la certitude qu'ils ne présentaient plus de risques sécuritaires, ils risquaient d'estimer qu'on les séquestrait. Les anciens de la Sea Org disent que sous la houlette de Miscavige, l'église mit davatage de pression sur la sécurité. Ca devint plus difficile d'en sortir. Si des staffs comme Parman et Wolff voulaient s'en aller, on leur demandait de "router off" - s'en aller selon des règles draconiennes - protocole pouvant exiger des mois. Cela incluait un régime de tâches ménagères quotidiennes et de "sec checks", des confessions destinées à soutirer tout ce que pensait la personne, et les raisons pour lesquelles elle voulait partir. Sinon, il leur restait le choix de "blower" - filer à la cloche de bois, prendre la poudre d'escampette, moyen plus expéditif mais déclenchant la "déconnexion" forcée par l'église. Si les gens partaient sans faire convenablement leur "routage off", ils étaient alors "déclarés suppressifs" et perdaient leurs amis et leur famille scientologues. Parman et Wolff avaient une décision à prendre. LE CHEF DE LA SECURITE S'en aller présentait un second obstacle: ils partageaient une petite maison appartenant à l'église avec le couple de Gary Morehead, chef de la sécurité de 1990 à 1997: c'est lui qui dirigerait l'équipe qui les pourchasserait. Morehead a raconté avoir établi avec Rathbun un "exercice pour les blows", un plan que suivait l'église lorsque quelqu'un s'en allait sans permission, ce qui se produisait peut-être une fois par mois. L'exercice consistait à deviner quel chelin le fuyard suivrait afin de le rattraper avant qu'il ne partage les secrets avec avocats ou avec les médias. "J'étais sous pression pour les retrouver, explique Morehead en faisant allusion à ceux qui lui donnaient les ordres. Et j'avais vraiment intérêt à les retrouver, je ne vous dis que ça." Le personnel filait aux aéroports, aux arrèts de bus. Les scientologues appelaient les hotels jalonnant la voie probable qu'emprunterait le fuyard, en prétendant vérifier leur réservation. Ils appelaient les parents. L'intensité de cette chasse dépendait surtout de ce que savait le fuyard, raconte Rathbun, alors l'un des principaux lieutenants de Miscavige. Rathbun supervisait et participait aux missions de récupération des staffs. Rathbun : "Tout dépendait de la proximité de la personne avec Miscavige, de ce qu'elle savait de lui et des problèmes que pouvaient poser les informations en sa possession." Il explique que Miscavige démarrait chacune de ses journées en demandant s'il y avait eu des problèmes pendant la nuit, et si quelqu'un avait filé. "Je devais le lui raconter et soutenir l'assaut provoqué." Morehead, qui faisait ces rapports à Rathbun, décrivait les partants comme des "canons d'informations libérées" - "Il fallait qu'ils reviennent, qu'ils soient contrôlés avant qu'ils aient le temps de faire du dégât." Rathbun confirme: "je pouvais donner des ordres à autant de staffs que je voulais, mettre dix gars sur la route si utile. C'est surprenant à quel point on a réussi la plupart du temps à récupérer les fuyards avant qu'ils n'arrivent à leur destination." Lorsqu'ils ne réussissaient pas de suite, dit-il, ils continuaient, et ça pouvait durer des semaines s'il le fallait." Morehead se rappelle d'une nuit où Julie Caetano, staff Sea Org, a sauté dans le van d'un artisan, et qu'il la poursuivie dans deux voitures de la base. Morehead : "On les a suivis pendant trois heures avec des pointes à 160 à l'heure, dans les comtés de Riverside et San Bernardino, jusqu'au moment où le van a traversé un terrain cahotique." Le lendemain, ils se sont relancés à la poursuite de Caetano, qui a accepté de rentrer. L'église n'a pas répondu aux questions à propos de cet incident. Mike Rinder, l'ancien patron des services secrets scientlogues, relate que son service cherchait parfois les fuyards en utilisant leurs cartes de crédit et comptes bancaires. [NDT: le traducteur connaît le cas d'un fuyard rattrapé ainsi en pays étranger alors qu'il allait à sa banque.] Les numéros de compte provenaient de Morehead, dont les gardes ouvraient tout le courrier de la base, et notaient toutes les nouvelles informations financières personnelles. Morehead explique qu'on racontait aux staffs que leur courrier personnel devait être ouvert pour raisons de sécurité. On ne leur disait pas qu'on notait leurs infos financières. "J'avais les comptes et cartes de crédit, les numéros de sécurité sociale et renseignements de l'état civil, les numéros de téléphone etc. de tout le monde, excepté les super-super-cadres, j'avais tout ça, dit-il." L'église se servait aussi de ce qu'elle avait appris lors des séances de "conseil" (auditions) de ces fuyards, c'est ainsi qu'elle pouvait déterminer leurs faiblesses et les pressions possibles pour les faire revenir, explique-t-il. Ils utilisaient aussi les "dossiers d'éthique" relatant les transgressions, des "confessions", et de l'ensemble de ce que l'église avait obtenu sur des questionnaires remplis par les staffs, y compris tous les jobs qu'ils avaient tenus, les amis, leurs relations sexuelles. Lorsqu'elle récupérait un fuyard, l'équipe se servait parfois d'autres personnes pour influencer l'individu pour qu'il revienne. On disait à ceux qu'on récupérait qu'ils risquaient la déconnexion de leurs amis et de leur famille. On leur expliquait que le monde d'au-dehors était sans pitié, truffé de drogues, de crime et de folie... Et pour finir: "Ils mettaient leur éternité en jeu." La scientologie enseigne que les gens sont des êtres spirituels passant de vies en vies et habitant dans une suite infinie de corps. Seule l'église se dit capable de provoquer la conscience de ces choses et de l'aider à s'y retrouver. C'est là l'argument définitif utilisé par l'équipe de récupération lorsqu'elle retrouvait une cible: "Tu pars mais tu risques de perdre tout ce pourquoi tu as travaillé: ton éternité." "Comment contrôle-t-on une personne? En la menaçant de lui faire perdre ce qu'elle pense avoir de plus précieux, dit Rinder. C'est ça la prison mentale dans laquelle les gens étaient internés." L'église dit que Morehead et son équipe agissaient "sans s'inquiéter du bien-être du membre du staff en fuite." Dans le bulletin intitulé "Blows Off" daté du 31 décembre 1959, Hubbard explique que quelqu'un qui veut s'en aller a fait quelque chose de nuisible contre l'église, que cette personne le cache et que c'est ce qui la perturbe. La seule solution responsable serait alors d'aider la personne à nettoyer ses exactions. Morehead dit qu'il le croyait, quand il tentait de récupérer les gens. "Dans ma tête, la sécurité était d'abord secondaire ; mais petit à petit, on découvrait que tout était orienté vers la sécurité: on en avait rien plus à foutre, de la personne." = DEMARRER UNE VIE NOUVELLE Parman et Wolff, alors âgés d'environ 35 ans, voulaient repartir pour une nouvelle vie, et non pas attendre que l'église leur dise qu'ils étaient prèts. Un mois après le mariage Cruise-Kidman, ils prirent une semaine pour mettre au point leur "blow" et choisirent un dimanche matin, c'est à dire un moment où le personnel peut prendre son repos hebdomadaire. Il s'écoulerait des heures avant le premier appel. Ils savaient d'avance que l'église les rechercheraient en raison des postes qu'ils avaient tenus. Tous deux avaient travaillé avec Miscavige, et Parman avait passé pas mal de temps avec Hubbard et d'autres célébrités de l'église. Ils attendirent que Morehead et sa femme s'endorment dans leur chambre, ramassèrent quelques affaires et filèrent. Une heure plus tard, ils s'arrètèrent dans une station pour casser la croûte et décompresser. Ils allèrent ensuite chez les parents de Parma, à Los Angelès, empruntèrent 2000 dollars et prirent la route nord le long de la côte. Un jour ou deux plus tard, Parman gagna quelques centaines de dollars au craps avant de les reperdre, tandis que sa femme achetait quelques habits qu'elle pensait nécessaires pour trouver un job dans le monde non-scientologue. "On va dans la chambre d'hotel et il y a une télé - et oh! maintenant, on a le droit de regarder la télé! c'était l'aventure, raconte-t-elle." Ils appelèrent leurs parents et apprirent que l'église avait téléphoné, et les cherchait. Les soeurs de Wolff avaient aussi eu droit à des appels, mais personne n'avait trahi leur localisation. Ensuite, ils allèrent chez le cousin du beau-père de Madame Wolff à Carson City. Elle se forma à la vente. Son mari fit le manutentionnaire et le déménageur. Parman: "c'était bien; ici, on avait de l'espoir." Ils se croyaient en sûreté, dit Wolff. On pensait qu'ils ne nous retrouveraient jamais chez le cousin du beau-père. EN CHASSE L'église engagea des enquèteurs privés pour faire parler les parents du couple, relate Morehead. "Ils attendaient jours après jour, et prenaient les membres de la famille en filature. La famille ignorait complètement ces filatures provoquées par l'église. La surveillance paya au bout de quelques jours. On découvrit le couple dans leur logement provisoire et dans le magasin de meubles. De retour à la base, Morehead et son équipe ne perdirent pas de temps. "Plus les fuites duraient longtemps, moins c'était facile de ramener les gens. Les familles avaient des arguments pour qu'ils restent." Ils prirent un vol pour l'aéroprt international d'Ontario, à une demi-heure de voiture. Je n'ai jamais conduit aussi vite de ma vie, raconte Morehead, muni par sécurité de 3000 dollars - il fallait qu'on soit là, là, c'était la compulsion qui nous faisait avancer. Vers Carson City. DECOUVERTS Parman entendit taper à la porte aux premières heures du matin. Il regarda par la fenètre. "On se regarda, et "Oh mon dieu, mon dieu, qu'est-ce qu'on va faire? Je tremblais, j'étais énervée, et ..."qu'est-ce qu'on va leur dire..." L'idée de refuser d'ouvrir la porte et de demander au groupe de partir ne les effleura pas. Parman et Wolff étaient si énervés qu'ils réagirent en obéissant. Ils invitèrent le groupe dans la salle de séjour. L'entourage scientologue incluait deux officiers de sécurité et deux enquèteurs privés en plus de Morehead. L'équipe leur délivra le message, qu'ils appellent "Facteur de Réalité" ou "R-Factor"; ce message provenait des superviseurs ayant examiné leurs dossiers de "conseil" (audition) à la base. L'équipe demandait que les Parman les accompagnent à leur hotel, qu'ils fassent des "Sec Checks" et pensent à "router off" de la Sea Org dans les règles. Ils dirent qu'il y avait des "auditeurs" qui attendaient à l'hotel, un pour chacun, afin des les aider. Le couple leur dit qu'il irait. Parman baissa la garde face à l'argument prétendant que son éternité état en jeu. "C'est leur gros hameçon, raconte-t-il: c'est votre avenir pour les millénaires à venir, ils appuient à fond là-dessus." Pendant plus d'une heure, l'équipe de sécurité fouilla leurs affaires, leurs sacs, leurs vètements. Ils dirent chercher des photos du mariage de Cruise et Kidman... et ne trouvèrent rien du tout. LES FUYARDS REVIENNENT La scientologie décrit "l'audition" ou "auditing" comme un genre de conseil spirituel. L'auditeur qui dirige la séance pose des questions prévues pour localiser des images mentales douloureuses dans le passé, celles-ci étant supposées limiter son potentiel. Le sujet tient deux boites de métal reliées à un appareil dénommé "électromètre" , censé mesurer les courants ou "charges" associés à des épisodes ou incidents perturbants. Il y a aussi le Sec Checking, un genre d'audition destinée à découvrir si la personne aurait fait quelque chose de néfaste pour le groupe. Des staffs ayant filé à l'anglaise comme Parman et sa femme sont baptisés scientologiquement "Particules de sécurité" et isolés de tous les autres, afin d'empècher que ces autres ne copient leur tendance à s'enfuir. A la base, ils furent souvent envoyés à la "Old Gilman House", derrière un marais. A Clearwater, ces "particules de sécurité" sont assignées au Hacienda Garden sur North Saturn Avenue, une unité du 'Rundown force de réhabilitation' également connue sous le charmant terme de "la bauge à cochons". Une grande part des fuyards est envoyée au Projet Force de Réhabilitation. Là, il leur est interdit de prendre la parole si on ne la leur adresse pas; ils sont isolés de leur famille, et souvent soumis à des "sec checks" quotidiens, des heures durant. L'église explique que le RPF est un programme que les individus auraient choisi, fournissant un environnement d'isolement à un membre du personnel, afin de l'encourager à s'analyser. En mélant du travail physique à des périodes d'études "religieuses", des sec-checks et des auditions, les employés peuvent se réformer. Bruce Hines répond que le RPF consiste en contrôle mental. Il a 58 ans maintenant, il enseigne la physique à l'université du Colorado à Denver. Il a quitté la scientologie voici six ans après y avoir passé trente années. Il pense avoir audité des employés quelques 15000 heures, dont un tiers à effectuer des "sec checks". "Faire un sec-check à un fuyard, ça s'appelle "interrogratoire" en scientologie. Les exactions découvertes durant les sec checks sont notées par l'auditeur et fréquemment postées sur le tableau d'affichage ou claironnées lors du rassemblement quotidien." Il continue: "Quoi que vous ayiez fait, on le fait savoir; et plus c'est moche ou juteux, mieux c'est. C'est ça que je pratiquais quand j'étais un vérificateur des sec-checks, un sec-checker. "Si la personne a blowé, qu'elle a filé sans atorisation, on espère qu'ils passeront de l'état d'esprit:" Je ne veux pas être ici. Laissez-moi partir. Vous, les gars, vous me séquestrez." à cet autre état d'esprit : "J'ai fait du mal à cette organisation, s'il vous plaît, laissez-moi rester avec vous." Pour sortir du RPF, explique Hines, le staff doit découvrir pourquoi il est destructif. "On ne s'intéresse pas à ce qu'on a fait de mal, mais aux choses néfastes qui vous y ont poussé. Ca part de l'idée qu'on est là parce qu'on a le mal en soi. Et qu'on doit l'en extirper." Le porte-parole mondial scientologue Tommy Davis répond que "c'est extrèmement offensant" de décrire les confessionaux scientologues de cette manière. "Donner à l'individu l'opportnité de se débarrasser des transgressions est aussi vieux que la religion elle-même," dit-il. Fin 1994, une séance d'auditon d'un VIP scientologue avait mal tourné. Hines dit que Miscavige l'a réprimandé, et il a passé six de ses huit dernières années scientologues dans le RPF, comme auditeur de ces staffs qui passaient leurs journées à nettoyer la Base, à repeindre de vieux mobil-homes, et à construire des remises. Pour avoir le droit de s'en aller du RPF, la "particule de sécurité" doit démontrer que ses intentions néfastes ont disparu. Il faut qu'il démontre une volonté nouvelle, un nouveau sens des responsabilités. Les membres de la Sea Org appelent cela une "ressource auto-générée". Hines l'a baptisée: "complètement d'accord avec tout". PRENDRE LA DECISION A l'hotel de Carson City, Parman et Wolff furent audités et "sec-checkés" jour après jour pendant plus d'une semaine. Entre les séances, ils jouaient aux cartes ou regardaient la télévision. Après cela, l'équipe de récupération leur dit qu'il était temps de prendre leur décision. Revenir à la Base, préserver votre éternité, vos relations familiales... "Si vous voulez partir, routez off dans les règles -- partez après avoir obéi à tout ce que prévoit la scientlogie en pareil cas, pourrait-on traduire. Wolff: "Nous avons discuté avec Sinar et décidé de rentrer à la Base. Aussitôt, c'était comme si on était déjà dans l'avion, dans l'heure qui suivit." L'église avait jusque là payé les tickets d'avion, la nourriture et l'hotel pour neuf personnes, des gardes assurées 24h sur 24 par les privés, et d'autres frais. Morehead : "On avait vraiment beaucoup beaucoup dépensé sur ces deux-là." ASSOUPLISSEMENTS Avant de rentrer sur Hemet, Wolff appela sa mère en lui assurant qu'elle avait encore l'intention de quitter la scientologie, mais qu'elle désirait le faire selon les règles de l'église. Elle voulait pouvoir continuer la scientologie si elle s'en allait, donc, il fallait qu'elle soit encore "en bon standing" [expression scientologaise disant que la secte considère que vous êtes en bons termes avec elle et avec les scientologues] C'est un ami qui avait entraîné Wolff dans l'église 11 ans auparavant, alors qu'elle avait 25 ans. Elle se souvient encore d'avoir réalisé quelque chose en regardant des rosiers alors qu'elle était petite fille. "Je savais que j'avais déjà vécu avant, que je vivrais de nouveau ensuite, mais j'ignorais comment ça se passait. C'est ce qui a fait entamer ma recherche. Que faisions-nous sur cette planète?" Son audition scientologue lui fit se souvenir de sa vie précédente: conductrice ayant perdu le contrôle de sa voiture, elle avait percuté un transformateur et était morte électrocutée. C'était moi, ça," raconte Wolff. C'est ce qui lui revint lorsque Morehead et son équipe dirent que c'aurait été une erreur de mettre leur éternité spirituelle au placard... De retour à Hemet, le couple passa ses journées à la Old Gilman House. Ils étudièrent des livres scientologues et réhabilitèrent une vieille serre. S'ils violaient un règlement, s'ils parlaient de leurs frustrations, ça se retrouvait tôt ou tard dans leurs vérifications de sécurité. Dans ce monde de confession permanente, aucune pensée n'était à l'abri dans leurs têtes. Au bout de six mois, Wolff s'assouplit: "En quelque sorte, on commence à mieux se sentir en soi, et à avoir des remords pour ce qu'on a fait. Comme si on avait déserté notre groupe, comment peut-on faire une chose pareille?" Paul Kellerhaus, de la sécurité de la base, s'assit avec elle et poussa Wolff a prendre une décision, raconte-t-elle: il suggéra que son mari voulait maintenant rester à l'église. Est-ce qu'elle voulait divorcer, de son côté? "J'ai probablement voulu m'en aller jus'à la dernière seconde; j'étais déterminée, je refusais de changer ma décision, et puis soudain, j'hésitais: ohlala, ça pourrait arriver, si je m'en allais, ça serait tout aussi pénible..." Elle se mit à pleurer: "Okay, je reste." Elle explique que Kellerhaus se servit de sa décision pour obtenir la même chose de son mari, qui décida aussi de rester. LE VRAI DEPART En juillet 1991, ils démarrèrent leurs nouveaux jobs à la base, Wolff devenue jardinière et Parman, électricien. Dix mois après, ils tentèrent à nouveau leur chance de parvenir à une nouvelle existence. Ils ne se cassèrent même pas la tête pour se cacher. Ils chargèrent la voiture aux premières heures de la matinée et partirent pour Los Angelès, chez les parents de Parman. Il emmena sa femme à Disneyland pour son anniversaire, et prit un poste de Valet dans une boutique d'hotel hollywoodien. Wolff aida ses beaux-parents à repeindre et s'occuper d'embellissements de leur maison. Ils eurent très vite la visite d'un "superviseur des cas" [c'est un "technicien" chargé de planifier et corriger les auditions et les auditeurs] de l'église, accompagné de deux auditeurs. Le couple accepta le "routage off" mais en disant qu'ils ne remettrait pas les pieds à la base. L'église s'arrangea pour les faire venir à son grand complexe hollywoodien pour y recevoir davantage d'auditions, de sec-checks et de cours scientologues. Ils rentraient le soir chez les parents de Parman. Cette routine prit huit mois, de mai 1992 à janvier 1993. Wolff se souvient de ce qu'elle pensait: "Je veux partir. Je ne changerai plus d'avis." Ca tint jusqu'à ce qu'on lui donne un boulot qui lui plut au département Trésorerie de l'église. "Ca a modifié ma décision." A la demande de l'église, elle parla avec Parman pour qu'il reste. Il revint en bonne grâces et récupéra un poste de chef cuistot. Wolff fut mutée à un poste de recherche portant sur les vidéos que l'église montre dans ses nombreuses célébrations. Elle y allait parfois : c'étaient des affaires ténébreuses parsemant des laïus enflammés ou des explications à propos du brillant avenir de la scientologie. A la même époque, le couple se séparait: ils divorcèrent en 1998. Wolff s'en alla pour la troisième fois en 1999. Ils la retrouvèrent chez sa soeur, et elle revint de nouveau, espérant "router off"... On la fit cette fois vivre dans une remorque à côté de la Old Gilman House, avec une fille qui s'y trouvait depuis un an. Elles faisaient leur cuisine sur une plaque dans ce que Wolff décrit comme un garage reconverti. Elle y passa plus de six mois. Wolff se souvient d'un petit groupe qui passa à l'extérieur , une nuit du nouvel-an 1999, lorsque les cloches sonnèrent à minuit, et qu'elles observaient ce qui se passait de l'autre côté du marais -- "on était là, à pleurer... " En attendant, Parman était devnu le chef personnel de Miscavige, souvent en voyage avec le dirigeant, qui tenait à rester mince. "Je lui donnais quelque chose comme cinq repas quotidiens, qui devaient compter un nombre exact de calories, tant de proteïnes, tant de carbohydrates, et tant de graisse, et tout ça devait avoir bon goût." En 2001, lorsque tomba la nouvelle du décès inexpliqué de Lisa McPherson, Parman accompagna longuement Miscavige à Clearwater. C'est alors qu'au cours d'une séance d'audition, il se rendit compte que les promesses de liberté spirituelle de l'église ne tenaient pas la route. Un des principaux majors du "centre de technologie religieuse" (RTC) de la secte lui demanda en séance d'audition à l'électromètre comment il se sentait par rapport aux séances. Parman était en réalité furieux, ce que l'appareil aurait dû détecter, mais ni lui ni l'auditeur ne virent quoi que ce soit. Il s'étonna...Comment est-ce possible? Le lendemain, entre le repas du matin et celui du midi pour Miscavige, il alla s'offrir une vieille Honda Civic à 1800 dollars et partit. Des semaines plus tard, alors qu'il état chez ses parents, il se rendit compte du travail d'un privé qui le suivait. Peu après, des représentants de l'église prirent contact et le prièrent de revenir. Parman leur répondit qu'il voulait qu'on lui fiche la paix. Il signa en 2001 des papiers demandant qu'il ne parle pas de ce qu'il avait vécu dans l'église. Il était officiellement dehors... Cette année-là, son ex-épouse travaillait sur la ligne d'assemblage et de réparation des électromètres, dont elle devint la contremaître. Le nombre de ses staffs diminua de moitié, mais on la pria de continuer à produire autant. Elle bossait fréquemment de 8h30 jusqu'au lendemain à 2, 3 ou 4 heures du matin. En octobre 2003, on l'appela au hall du mess de la Base, pour une séance de confession en groupe. Wolff dut prendre le micro face à quelques centaines de staffs, avec les supervisuers de la séance qui l'incitaient à parler, les staffs qui se fichaient d'elle et l'enguirandaient de ne pas avoir atteint ses cibles de production. Pour la 4e fois au cours de ses 24 années en scienotlogie, Wolff demanda à "router out". L'église l'expédia dans un ranch isolé à "Happy Valley", où les vérifications de sécurité prirent près de quatre mois. "Si j'avais eu assez de tripes, dit-elle, j'aurais juste pris la poudre d'escampette, c'est tout, mais j'avais trop peur, vous savez?" Elle confessa tout ce qu'elle put imaginer, mais l'électromètre continuait à indiquer qu'elle ne disait pas tout. C'était vraiment un cauchemar, dit-elle. On finit par lui dire "Ca y est." Wolff signa une déclaration datée du 12 janvier 2004, où elle s'accusait de tout et où l'église était blanche comme neige. "Je sais que ce que j'ai fait viole les règles de l'église, je ne blâme personne sauf moi-même. " Elle reçut un "préavis" de 500 dollars et partit chez sa soeur à Orange County. Sa maman, Detta Groff, explique que toute la famille retenait son souffle, craignant qu'elle ne reparte encore. Elle raconte que sa fille en a bavé. " Mais elle cherchait quelque chose, c'était déjà un soulagement qu'elle soit revenue." Lorsque nous avons questionné la scientologie à propos du départ du couple, elle a dit que s'ils revenaient à chaque fois, c'était leur décision... l'église dit que Wolff faisait un sale boulot et qu'on l'en avait expulsée. Elle dit que Parman exagère son importance en parlant des célébrités pour qui il a fait la cuisine. Parman et Wolff nt signé des documents confessant leurs "fautes" afin que l'église les laisse tranquilles. Ils affirment qu'ils ne seraient pas revenus à la Sea Org si l'église n'avait pas répété ses interventions répétes mais jamais demandées. "Ils font comme s'il n'y avait pas eu de pressions, explique Wolff, ils collent un vernis sur la réalité de ce qui s'est vraiment passé." Parman rappelle que la première fois qu'ils étaient partis, ils étaient excités d'avoir commencé une vie nouvelle, et d'avoir trouvé du travail. "Dire qu'on serait rentrés en l'ayant décidé? Pourquoi serions-nous partis dans un autre état? Pourquoi avoir essayé de disparaître, alors?" `== Joe Childs est éditeur en chef du Times Tampa Bay: il a supervisé le travail effectué sur la scientologie depuis 1993. Son mail: childs@sptimes.com Thomas C. Tobin est un rédacteur du Times ayant travaillé sur la scientologie depuis 1996. Son mail: tobin@sptimes.com.[ Auf dieses Posting antworten ]
