Hydrothermie : nouveau péril pour les nappes phréatiques !
Von: @ (ll@ll.ll) [Profil]
Datum: 16.02.2009 09:58
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On espérait avoir ciblé les problèmes essentiels des nappes phréatiques : le renouvellement des eaux et la pollution de celles-ci. Les responsables étaient connus : les agriculteurs, premiers pollueurs de France. Par des drainages anarchiques, notamment des zones humides, la disparition des haies et le tassage des terres labourées, l'eau pluviale pénètre de moins en moins dans le sol et est drainée ou ruisselle puis, étant canalisée, est systématiquement renvoyée dans le système hydrologique. Quant à la fraction de plus en plus faible des précipitations qui nourrit encore ces nappes, elle est chargée de nitrates, de pesticides et de tous les autres poisons chimiques, beaucoup plus rémanents qu'on ne le dit officiellement, que l'agriculture intensive y déverse à loisir sous prétexte d'augmenter les rendements. Certes, la commission de Bruxelles fait un effort énorme pour contrer les méfaits des empoisonneurs, mais les agriculteurs français et hollandais (premiers épandeurs de pesticides au monde par tête d'habitants) ayant plus d'un tour (et hélas plus d'un élu) dans leur sac, freinent ces louables efforts. Néanmoins, la législation de contrainte avance peu à peu et après l'interdiction de l'atrazine on pouvait espérer que ces pauvres nappes puissent souffler un peu... Or la dernière flambée pétrolière aux effets largement relayés par les médias a mis à l'honneur des procédés de chauffage ne faisant plus appel au fuel et supposés être moins gourmands en énergie ! Evidemment de bons esprits feront remarquer à juste titre que si l'on utilise de l'électricité pour alimenter ces nouveaux processus, il faudra bien renforcer la production électrique nucléaire si on veut éviter de brûler du fuel dans des centrales thermiques, parce qu'entre nous les gadgets éoliens en période de haute pression atmosphérique qui interdisent par nature la formation ou le passage des vents, c'est pas très efficace !... Passons, c'est un tout autre débat... Mais que sont donc ces nouveaux procédés de chauffage ? Des pompes à chaleur, tout simplement ! L'idée est d'utiliser les propriétés des gaz, notamment leur aptitude à échanger de la chaleur avec le milieu environnant lors de la compression ou la détente : c'est un peu comme dans un frigidaire, sauf que le circuit serait monté à l'envers. Le système prélève des calories sur le milieu extérieur et les utilise dans un circuit liquide/gaz où la détente adiabatique couplée à un compresseur augmente la chaleur et permet sa restitution par un simple système de ventilateurs dans un milieu fermé où s'accroît fortement la température : en l'occurrence votre appartement ou votre maison... C'est d'ailleurs ce système monté "à l'envers" qui équipe depuis des années les climatiseurs, d'où l'appellation de "système réversible" appliqué à certains nouveaux types d'installations qui permettent chauffage l'hiver et climatisation l'été... Le tout est obtenu pour le prix de fonctionnement de l'électricité alimentant le compresseur et les ventilateurs - ce qui au bout du compte n'est d'ailleurs tout de même pas donné - une fois l'installation montée. Là , il faut bien reconnaître que le coût de la mise en place des appareils et de la tuyauterie correspondante est sans commune mesure avec le coût d'installation d'un chauffage classique, et que des chaudières à échanges thermiques existant déjà , il suffit souvent de changer simplement la chaudière d'origine et de réutiliser l'installation initiale ! Plusieurs sources caloriques naturelles peuvent être captées : - l'air ambiant : on parle d'aérothermie ; - le sol : on parle (un peu abusivement) de géothermie ; - l'eau : on parle alors d'hydrothermie. C'est à ce dernier procédé que nous nous arrêterons ici. Car pour capter des calories dans l'eau, il faut d'abord la trouver et ensuite la pomper ! Si quelques rares privilégiés installés en bordure de rivière ou d'un lac, disposent de facto d'une source hydrothermique, pour l'immense majorité des utilisateurs potentiels, le captage implique... un forage dans la nappe phréatique ! Dès lors deux questions essentielles se posent : Quelle quantité d'eau faut-il prélever ? Que faire de cette eau après échange calorique ? Les professionnels se veulent bien entendu rassurants, et tous leurs argumentaires reprennent plus ou moins les mêmes chiffres : « La température de l'eau des nappes est de l'ordre de 12° à 14°. Il suffit donc d'une pompe d'environ 2 m3/heure pour chauffer une maison ou un appartement. L'eau est ensuite réinjectée dans la nappe ! Les économies réalisées sont de l'ordre de 75 % à 85 % de ce que vous utilisiez comme énergie dans le cas d'un chauffage classique. » Vous trouverez dix argumentaires de ce calibre, par exemple sur Internet. Des sociétés d'installations fleurissent un peu partout ! C'est tellement simple et si séduisant ! Malheureusement la réalité est toute autre : - D'abord, le coût du forage est important, c'est même le poste budgétaire le plus élevé dans l'affaire ! Si une crise économique semble bien se profiler à l'horizon, elle ne va certainement affecter ni les sourciers ni les foreurs qui sont actuellement submergés de demandes ! - Ensuite il n'est pas question de réinjecter dans la nappe l'eau qui vient d'être "refroidie" par le traitement (puisque le but est de capter un maximum de calories) à l'endroit où on la pompe : il est donc indispensable de faire un second forage "un peu plus loin" pour se débarrasser de l'eau déjà pompée et refroidie ! Vu le coût d'un second forage, il est clair que l'installateur comme l'utilisateur seront tentés de l'éviter et l'eau, dans 90 % des cas, sera simplement renvoyée dans le réseau hydrologique de surface par le biais de canalisations : c'est d'ailleurs clairement laissé entendre, voire préconisé, dans la publicité de la plupart des installateurs ! - Enfin la température de l'eau pompée reste souvent inférieure à 10°, ce qui diminue singulièrement le rendement thermique de l'affaire ! Ainsi le chiffre officiel du débit de pompage nécessaire est largement sous évalué : tous les installateurs honnêtes conviennent finalement que dans la plupart des cas on doit préconiser un débit minimum de pompage de l'ordre de 6 m3/heure, voire plus ! On commence là à voir l'ampleur du problème : le chauffage d'une maison moyenne va nécessiter le prélèvement quotidien par pompage d'environ 150 m3/jour environ dans la nappe aquifère ! Multiplions cela par le nombre d'installations prévues ou à prévoir et on se rend compte du nombre ahurissant de forages pratiqués, des quantités d'eau astronomiques prélevées et donc du péril qui menace nos nappes phréatiques si rien n'est fait contre cela ! En outre ces prélèvements se feront évidemment l'hiver, période ou précisément on peut espérer voir les nappes se "reconstituer" avant les pompages exhaustifs des agriculteurs sous prétexte d'irrigation l'été. C'est donc la pire période ! Il existe bien une vague législation, mais elle ne contraint pas à grand-chose, et à ce jour n'empêche nullement en tout cas cette scandaleuse déperdition d'eau qu'encouragent paradoxalement les pouvoirs publics en donnant de considérables exonérations fiscales à ce type d'installations ! Cette politique, totalement déraisonnable, ne saurait se poursuivre en l'état : il est indispensable que des dispositions législatives drastiques soient prises et que des contrôles systématiques soient effectués pour forcer les installateurs à rendre obligatoirement aux nappes les quantités d'eau prélevées... quelque soit le coût de l'opération de retour ! Quant à l'intérêt financier du système, s'il est indéniable dans certains cas, il importe de le relativiser le plus souvent pour deux raisons : - l'amortissement du coût des deux forages est d'autant plus long que les forages sont plus profonds ; - Le coût énergétique du pompage journalier est loin d'être négligeable ! On oublie en effet que la nappe n'est pas en principe en zone d'affleurement et que des pompes capables de refouler le débit voulu sur parfois plusieurs dizaines de mètres sont non seulement très onéreuses à l'achat, mais aussi très gourmandes en énergie (électrique). Alors l'économie finalement réalisée est souvent très loin des espérances entrevues lors des calculs sur le papier ! Je connais ainsi un utilisateur en Auvergne qui a fait forer à 120m ! Je parierai volontiers que, vu le seul coût du pompage à cette profondeur, il aura remis sa chaudière au fuel en route avant six mois ! Par ailleurs, cette belle technologie ne se justifie que dans l'optique d'une recherche de l'autosuffisance énergétique, en clair, la volonté politique de s'affranchir au maximum des importations pétrolières. C'est un louable souci politique quand le baril de brut atteint 150 dollars et que les cours ont quasiment doublé dans l'année ! Mais au fait qu'en est-il aujourd'hui ? Le cours du brai qui selon les zexperts pouvait atteindre 250 dollars est tombé en dessous de 60 dollars et l'OPEP ne sait plus comment fermer le robinet pour enrayer la chute des cours d'un pétrole qui ne trouve plus preneur nulle part, maintenant que les spéculateurs ont fini de jouer... Dans ces conditions il y a vraiment urgence à courir le risque de laisser assécher nos nappes phréatiques ! http://www.generationfa8.com/texte.php?nom_page¬tualite_fr&id06[ Auf dieses Posting antworten ]
