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De la relativité du mal et des sanctions le frappan t

Von: wma imperator (fulminens@gmail.com) [Profil]
Datum: 25.10.2009 01:55
Message-ID: <d725935b-7f75-47e8-8e7a-0e5688ed96f2@u13g2000vbb.googlegroups.com>
Newsgroup: fr.soc.religion
Un après-midi d’il y a moins de deux semaines, les touches UP et DOWN
de la télécommande du téléviseur ont sérieusement
souffert de la
pression répétée exercée par mon pouce droit. Je zappais en
effet s
ur
la plus de quarantaine de chaînes kinoises, aussi inintéressantes les
unes que les autres, chaînes dont la moitié sont dites religieuses.
D’habitude, je passe sans délai ces stations. Ce jour-là cependant,
par la mouvance de je ne sais quoi ou de je ne sais qui (peut-être du
Saint-Esprit), je m’arrête sur la prédication d’un pasteur
autoproclamé dont je tais le nom. À grands renforts de cris et à vifs
coups de remontrances, il tente de faire comprendre à son auditoire
que le mal, qu’elles qu’en soient les dimensions, mérite le feu de la
géhenne. Même lorsqu’on a commis de petites peccadilles… L’homme
de
Dieu (supposé ou véritable) parle d’une manière si impressionnante
que
ça fout les jetons et sème du trouble dans les esprits. J’en ai
entendu, des prêches et des enseignements, mais là… On a presque peur
de mâter une jolie donzelle bien bombée de partout, de peur de rôtir
en enfer.



Après de longues minutes d’interrogations, le temps de me remettre
de cet évangile de la terreur, je me dis ceci : « Y doit bien y avoir
deux ou trois fautes qu’on peut commettre sans être frappé du sceau d
u
pécheur ou, du moins, qu’on peut commettre sans risque d’une sanction
pareille à celle qu’on subirait si on avait commis des fautes plus
grandes ». Certes, la notion de purgatoire, chère aux cathos, semble
issue d’une tortueuse réflexion d’exégètes ne reposant sur aucun
écrit
officiel, mais franchement, entre nous, faudrait bien que le
purgatoire existe, non ? Ou du moins que les peines finales soient
proportionnelles au mal commis ? Encore que certains actes
répréhensibles de gravité manifeste ne sont parfois pas
sanctionnés
…



1. Où mentir et ruser sont parfaitement autorisés par Dieu (Gen. 12,
Gen. 27)



Pour une raison que Dieu seul connaît, ce dernier ordonna à Abram
(non encore devenu Abraham) de quitter son terroir pour Canaan, avec
ferme promesse qu’Il bénira tous ses descendants qui, soit dit en
passant, seront aussi nombreux que les grains de sable sur une belle
plage. Bien évidemment, la vie n’étant pas toujours si simple, une
famine le poussa à aller de nouveau plus au sud, carrément en Égypte.
Or les gens du pays des pharaons, libidineux qu’ils s’avéraient,
craquaient pour Saraï (pas encore Sarah), l’épouse d’Abram, une fem
me
canon comme vous n’avez pas idée. Même le numéro un de ces
contré
es
désertiques ne resta pas indifférent au charme de la gonzesse. Cela
inquiéta à juste titre le mari de celle-ci qui, pour éviter de perdre
sa vie et ses biens, la fit passer pour sa sœur. Je ne sais pas
vraiment pourquoi Abram inventa cette histoire, mais le fait est que
son plan marcha et, à cause de Saraï, Abram fut bien traité (sic).
Jusqu’au jour où l’Éternel, peut-être constatant que cette comé
die
n’avait que trop duré, frappa l’Égypte de plusieurs maux qui firent
s’ouvrir les yeux de Pharaon. Résultat : sans préavis, Abram et sa
pulpeuse meuf furent expulsés, tels des sans-papiers congolais fuyant
le pays de Savimbi (euh, pardon… de Do Santos).



Le second récit est bien plus connu : la bénédiction de Jacob.
Isaac, le paternel de ce dernier, frappé d’une profonde cécité,
sentant sa mort à deux pas, mais aussi la dalle, demanda l’aîné de
ses
fils, Ésaü, de lui faire un bon plat au gibier. Après s’être sust
enté,
la fameuse bénédiction ultime s’ensuivrait. Rebecca, la femme d’Isa
ac,
ayant eu vent de tout cela, ordonna à Jacob, son tout dernier, de
jouer au parfait imposteur afin qu’il reçoive les grâces de son pèr
e à
la place de son aîné. Le tour fonctionna à merveille. Et c’est
És
aü et
Isaac qui furent baisés.



Il est plus qu’aisé de constater que le Seigneur permet que le
mensonge et la manipulation se pratiquent dans le chef de ses
chouchous élus. Les conséquences de ces actes ordinairement
répréhensibles allèrent d’insignifiantes (Abram et sa dulcinée
quittèrent l’Égypte, par-dessus le marché avec tous leur biens)
à
nulles (Jacob fut béni à outrance et rien de fâcheux n’arriva ni
à lui
ni à sa descendance). Conclusion : si l’Esprit-Saint vous convainc que
vous êtes un oint du Seigneur, pour la gloire de ce dernier, il vous
est encore possible de dévier (un peu ou largement) de ses prescrits.
Au Paradis, ne vous imaginez pas un seul instant qu’on va vous
demander des comptes sur votre conduite quelque peu insolite.
Néanmoins, attention : il est capital que Dieu vous le demande. Et
n’oubliez pas qu’au temps d’Abram et de Jacob n’existait pas encore
un
dénommé Moïse qui, du haut du fumant Sinaï, revint avec les dix
commandements. Nos premiers pères n’étaient pas assujettis à ces lo
is,
alors que nous, nous le sommes bel et bien et ça ne change rien que le
Christ ait tout synthétisé en deux commandements. Alors prudence…



2. Où se réjouir de la mort du méchant n’est pas toujours critiquab
le



Le tonitruant pasteur qui m’a fait froid dans le dos tout à l’heure
nous recommandait à nous, téléspectateurs crispés par ses
propos, q
ue
si un politicien véreux ou un assassin multirécidiviste casse la pipe,
il n’est pas bon de s’en émerveiller, car Dieu ne se réjouit point
de
la mort du méchant.



En âme et conscience, je ne trouve vraiment pas en quoi ce serait
pécher quand on est heureux dès qu’un mauvais crève. Ce monde groui
lle
de terroristes, de corrupteurs, d’affameurs qui, s’ils n’eussent ét
é
là, les choses auraient pris un tournant nettement meilleur sur la
planète. Qu’ils meurent, n’est-ce pas un grand soulagement ? Si le
Tout-Puissant, à juste titre, en tant probablement que Créateur,
n’exulte pas à la perte de l’une de ses créatures, pourquoi donc en
serait-il pour la créature elle-même, l’homme, envers son semblable
dévoyé ? Et j’ai un verset pour étayer mon raisonnement : Prov. 11.
10.
Salomon, hypothétique auteur de ce livre, avait tapé juste dans son
immense et incontestable sagesse…



En somme, si votre employeur crée des misères à vous et à vos
collègues ou si un homme d’État clochardise la population alors que
lui-même pète dans la soie, faites la fête jusqu’au matin s’il
trépasse. Une enflure de moins sur Terre, voilà un événement
qui
mérite bien qu’on le célèbre !



3. Quand Jésus-Christ nous démontre sans ambages que les fautes
perpétrées occasionnent des peines diverses



À la manière des antennes de Canalsat, Jésus-Christ adorait utilise
r
un langage parabolique, parfois indigeste, mais fort souvent
accessible même au minus habens. Saint Matthieu, le premier des quatre
évangélistes de l’ordre biblique, en a cité plus d’une, de ces
paraboles. Et ma foi, elles sont on ne peut mieux riches en
enseignements… assez riches pour faire partir en couilles
l’argumentaire discutable de notre pasteur. Il se fait que dans
l’Évangile de Matthieu, en effet, une foule de passages démontrent
à
suffisance que toute attitude peccamineuse ne conduit fatalement et
nécessairement pas une cuisson éternelle en enfer.



À titre d’exemple, quand vous vous chamaillez avec votre frère pour
une histoire de fric, de cul ou pour des choses plus sérieuses, le
Christ professe que vous méritez un jugement, bien qu’il n’ait pas
précisé si ce jugement émanerait de quel Tribunal. J’ose croire que
la
compétence matérielle est fonction de la gravité des faits. Si vous
osez traiter ledit frère de sale dingo, eh bien, vous allez tout droit
au Conseil suprême, ou chez les sanhédrins, selon les versions. Je
pense qu’il s’agit d’une juridiction supérieure, style Cour d’App
el ou
Cour Suprême. Enfin, si vous osez maudire votre frère, ça c’est
réellement fâcheux : enfer garanti, sans détours ni purgatoire. Ce ne
sont donc pas toutes les erreurs qui vous condamneront à la damnation
éternelle. Il y en a un bon nombre qui peuvent être traitées entre
humains, ici sur Terre, en premier et dernier ressorts, comme disent
les juristes, sans que Dieu, lors du Jugement Final, ait eu à en
connaître de son majestueux trône. Lisez Mt. 5.22, ça va
sacrément
vous éclairer.



Les versets 31 et 32 du 12e chapitre du même évangile va encore plus
loin. Jésus dit qu’il nous sera pardonné toutes sortes de
péchés
et de
calomnies, voire des blasphèmes, même contre Dieu et contre lui-même
le Christ. C’est rassurant : ça fait huit ans que je ne me suis pas
confessé. Il est grand temps que j’y aille, chez le prêtre. Avec tout
le porno que j’ai eu à voir sur le Net, cette confession prendra des
heures ! Il existe cependant une exception au principe du pardon : le
blasphème et la calomnie contre le Saint-Esprit ne mériteront aucune
rémission… Passage flou, il faut le reconnaître. Au nom de la Trinit
é
(si elle est une réalité), comment peut-on s’arranger à
blasphéme
r
contre le Saint-Esprit sans outrager par la même occasion le Père et
le Fils qui, en fait, forment une seule et même personne avec
l’Esprit ? À moins de posséder un don de discernement supra-humain, l
a
distinction entre calomnie contre le Père, calomnie entre le Fils et
calomnie contre l’Esprit- Saint s’avère pratiquement impossible.
Conclusion : autant ne pas blasphémer ni calomnier Dieu tout court,
c’est plus simple. Péchez comme vous voulez, repentez-vous sincèremen
t
après, mais, de grâce, ô mes frères, et sœurs, pas touche
à Die
u dans
vos calomnies blasphématoires. Pigé ? Alors, dites amen…



Bon ! Assez parlé d’enfer, à croire qu’il n’y a que ça dans l
a vie
(euh… après la mort) ! Dans son immense bonté, et ce n’est que
justice, le Tout-Puissant rétribuera chacun d’entre nous selon les
actes qu’il aura eu à accomplir (de son vivant, cela s’entend). Chacu
n
selon sa mesure, nous relate Mt. 10.41. Si vous accueillez un
prophète, un vrai (et Dieu sait combien ils sont d’une de ces raretés
,
par les temps qui courent), votre récompense sera celle d’un prophète
.
Pareil quand vous accueillez un homme juste : votre rétribution sera
celle d’un homme juste. Nous ignorons la nature de ladite rétribution.
Contentons-nous de retenir qu’elle différera selon les cas en
présence. Je profite ainsi de l’occasion pour lancer ce message dans
mon blog : « Prophètes et hommes justes, venez donc chez moi ; j’ai u
n
super-hôtel pour vous accueillir, mais c’est pas gratuit… ».



Autre chose : celui qui s’humiliera comme un gosse sera le plus
grand dans le Royaume des Cieux. Les premiers seront les derniers et
inversement (Mt. 18.4, 19.30). Quand Jésus nous recommande d’être
comme des enfants, chacun peut interpréter le discours à sa façon. Es
t-
ce avoir la mentalité d’un mioche ? Sa conception innocente, voire
naïve, du monde ? Sa pureté d’âme ? Son innocence, son
irresponsabilité ? La question reste posée. De toutes les manières,
qu’importe ici ? Ce qu’il y a à retenir est qu’une hiérarchie
s’imposera au Paradis. Il y aura des premiers et des derniers. Il y
aura aussi, en toute logique, des gens situés au milieu de ces deux
extrêmes. Cela laisse supposer que chacun aura un traitement différent
en raison… de son rang. Parenthèse : j’ai d’ailleurs toujours
personnellement pensé que l’égalité en soi fait partie des utopies
absolues, qui ne s’appliquent et ne s’appliqueront au grand jamais, ni
sur cette Terre ni dans le vaste Univers, toutes dimensions
confondues. Dieu lui-même semble ignorer ce concept. Pourquoi nous les
hommes, qui sommes censés l’imiter, devrions-nous y adhérer1 ?



4. En guise de conclusion : le mal accompli pour une juste cause n’est
pas mauvais en soi…



C’est ici que les valeurs chrétiennes, juridiques et morales se
trouvent sévèrement ébranlées, pour ne pas dire remises en
cause. U
n
mal bien ? Quelle antinomie ! Voilà un parfait oxymoron ! Or des cas
fort nombreux soutiennent une telle dualité apparemment inconcevable.



Prenons un exemple biblique, certes ancien, mais si édifiant : la
conquête de la Terre Promise. Yahvé autorise, ordonne même des
massacres en série des populations entières, y compris femmes et
enfants. Un véritable Jihad juif ! Le Livre de Josué n’est pas avare
en ces scènes dramatiques. Et pourtant la loi mosaïque, déjà
d’application à l’époque, défend de tuer. Mais c’est le Seigneu
r qui a
parlé. « Ce qu’il a dit, il l’a dit. Il a dit : ‘Génocidez’,
alors
nous génocidons ! C’est pour la bonne cause, après tout : on a trim
é
40 ans dans le désert, à tourner en rond et à bouffer de la manne et
des cailles. Il est plus que temps de changer de style de vie. On va
quand même pas se priver d’envahir Canaan, où coulent le lait et le
miel. Désolé pour les belles nanas qui y crèchent : un ordre venant d
e
très haut (en fait, du Très-Haut en personne) nous demande d’en
zigouiller pas mal ».



Bref, le meurtre divinement recommencé et soutenu, c’est bien…



Prenons cette fois un exemple plus pratique. Vous êtes étudiant à
l’Université de Kinshasa (UNIKIN), précisément de la Fac de Droit,
en
Deuxième Licence, c'est-à-dire en dernière année (le DEA ou le
DES,
c’est pas trop vos oignons). Vous avez potassé dur un examen de forte
pondération. Par bonheur, les questions posées durant l’épreuve ont
ciblé les paragraphes que vous avez maîtrisés du bout des doigts.
L’examen est donc pour vous un jeu d’enfants. Arrivé at home (ça pe
ut
aussi être le home…), vous vérifiez dans les notes si vos réponses
correspondent aux questions posées. Peinard ! Ça colle ! Sûr et
certain, vous vous attendez, au pire des scenarii, à un 16/20… Mal
vous en prend ! À la délibération, parce que l’assistant correcteur
n’aime ni votre nom ni votre écriture ni vos tournures, il vous a
collé sans vergogne un magnifique 1/20 !! Désenchantement total ! Non,
mais quelle injustice ! Qu’allez-vous faire ? C’était la deuxième
session, l’ultime. Allez-vous reprendre la L2, votre mémoire de fin
d’étude déjà achevé, relié et déposé
à la bibliothèque
? Hors de
question ! Vous allez remettre audit assistant un billet vert de 20
pour qu’il vous remette dans vos droits. Et, ma foi, vous aurez bien
fait ! En effet, ne l’oublions pas, vous méritez 16/20. Vous êtes un
bosseur, vous n’avez pas échoué suite à votre bêtise ou
à votre
négligence. Si l’unique moyen pour obtenir votre dû nécessite une
petite corruption, pourquoi ne pas la pratiquer, juste pour la
cause ?... Car elle est juste ! Chrétiennement et moralement, vous
êtes clean. Attention toutefois au volet juridique, car ce genre de
faits, ça pue grave l’infraction. Bof, si vous vous faites avoir
(chose des plus improbables en RDC en ce moment, la fameuse tolérance
zéro n’ayant jusqu’à présent qu’un effet proche justement de z
éro),
c’est pas grave : mieux vaut se faire incarcérer à la prison de Makal
a
que de subir les affres du Jugement Dernier…



En revanche, je ne sais pas s’il est possible de voler pour une
bonne cause, un peu comme Robin des Bois. Tricher, par contre, quelque
immorale que soit cette pratique, peut faire naître de troublants
débats et de no moins intrigantes réflexions. Toute tricherie implique
usage de manœuvres frauduleuses, élément qui, dans la plupart des
systèmes juridiques, est constitutif d’un certain nombre de délits,
voire de crimes, allant de l’escroquerie à la banqueroute en passant
par toutes les formes d’abus de confiance. Alors quid de la Bible à ce
sujet ? Tricher, est-ce voler, comme le pensent beaucoup ? Pas si
certain : on vole quoi ? Copiaer les réponses provenant de ses propres
notes, est-ce une soustraction frauduleuse ? Si oui, est-ce qu’une
réponse d’examen est un bien ? Si, à l’aide d’une savante cogitat
ion
de juristes névrosés, il s’avère que oui, est-ce que ce bien
appartient à autrui ? Si oui, à qui ? Au Prof qui a dispensé la
matière ? Je ne le crois pas. En effet, un cours n’est la propriété
de
personne, tout comme la Science d’ailleurs dont il fait partie. Somme
toute, tricher à un examen ou à un concours (comme celui, récent et
lui-même truqué, de la magistrature), de quelque nature qu’il soit,
peut conduire à des sanctions disciplinaires ou pénales. Cependant, à
première vue, avec un petit recul, je ne vois pas trop où est le mal…
surtout si la cause semble juste, éventualité ardue et compliquée,
difficile à justifier, je l’avoue. Tout dépend de votre conscience. S
i
elle ne vous reproche rien et ce, en étant sincère envers vous-même,
à
mon sens, vous n’avez commis aucun péché. Au cas où vous auriez des
remords, allez demander pardon à Dieu ; confessez-vous chez un prêtre
si vous êtes catho ; partez voir un pasteur pour une cure d’âme si
vous êtes protestant ou apparenté.


1 Attention ! Je mets ici en garde l’esprit retors ou distrait qui se
plairait à confondre égalité et équité. Celle-ci
s’appliquera a
u
Paradis, vu qu’elle prône que chacun soit récompensé selon ses
mérites.


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