nntp2http.com
Posting
Suche
Optionen
Hilfe & Kontakt

Vous connaissez ?

Von: Rouge vif (rougevif@nomail.fr) [Profil]
Datum: 03.11.2009 14:16
Message-ID: <4af02d2f$0$938$ba4acef3@news.orange.fr>
Newsgroup: fr.soc.politique
Dark pools : Les bourses occultes ont le vent en poupe

vendredi 30 octobre 2009

Imaginez des places boursières privées, sans régulation, sans
contrôle, où
les ordres d'achat et de vente seraient anonymes. Un rêve de capitaliste
décomplexé... devenu réalité, grâce à une
innovation financière génialissime
: les dark pools.
"Plus jamais ça !" dit l'alcoolique à la gueule enfarinée,
un lendemain de
cuite... tout en vérifiant que son stock de vinasse lui permettra de passer
la journée. "Il faut moraliser le capitalisme !" hurle le monde
politico-financier à peine remis de son orgie spéculative... tout en
développant de nouveaux stratagèmes, toujours plus obscurs, toujours plus
immoraux.

"Transparence" et "régulation" : ces deux mots à la mode
apparaissaient à 50
reprises dans le rapport du dernier G20. Ô surprise ! Ils se révèlent
aujourd'hui n'être que de pieuses incantations passées par pertes et profits
sur l'autel du capitalisme le plus débridé.

Trader in the dark (pools) [1]
Les dark pools sont des plateformes boursières alternatives aux bourses
réglementées (Wall Street, Londres, Paris...). Elles permettent à
leurs
clients d'acheter ou de vendre de (très) grosses quantités d'actions, de
façon anonyme et en gardant secret le prix des transactions jusqu'à leur
finalisation. Ce qui implique que les gros ordres ne perturbent plus les
cours des marchés officiels, et que, accessoirement, les délits
d'initiés
deviennent indétectables.

Aux États-Unis, le système existe depuis une dizaine d'années. Il
représenterait actuellement entre 10 et 25% des ordres passés sur les
marchés actions. Et près de 50% en volume : Les échanges étant
en grande
partie automatisés, plusieurs millions de titres peuvent par exemple s'acheter
et se vendre en moins d'une seconde. Beep-beep...

Les banques en raffolent
En Europe, la directive Marché d'instruments financiers entrée en vigueur le
1er novembre 2007 marque le coup d'envoi de la chasse au trésor. En quelques
mois, une petite dizaine de plateformes ont vu le jour. Pour exemple, citons
Turquoise, la plus emblématique, fondée par neuf banques : BNP Paribas,
Société générale, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank,
Goldman Sachs,
Merrill Lynch, Morgan Stanley et UBS. Ou encore Smartpool, créée en
association avec NYSE Euronext, JP Morgan, HSBC et BNP Paribas. Que du beau
monde... que l'on voit pourtant régulièrement applaudir des deux mains les
communiqués du G20.

La SEC conseille...
La SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme de la bourse
américaine, vient tout juste de réaliser que l'existence de ce genre
d'établissements
pouvait poser problème. En juin dernier, elle déclarait que les dark pools
risquaient de "saper la confiance du public dans l'équité des
marchés".
Quelle perspicacité... Et la semaine dernière, elle a voté à
l'unanimité
quelques "propositions" destinées à rendre ces plateformes plus
transparentes. Des conseils tout au plus, qui n'ont rien de contraignant,
pourtant immédiatement dénoncés par les banques, Goldman Sachs en
tête qui
estime que les dark pools sont une évolution technologique gagnant-gagnant,
puisqu'elle bénéficierait à la fois aux investisseurs institutionnels
et aux
particuliers en réduisant les coûts de transaction. On ne se refait pas...

En Europe, aucune régulation n'a jamais été évoquée.
Pour quoi faire,
puisque le capitalisme est maintenant moralisé ? The show must go on...



[ Auf dieses Posting antworten ]

Antworten