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Lettre ouverte d?un élu de République au Présid ent de la République

Von: E. Lebreton (rclbrtn7@gmail.com) [Profil]
Datum: 03.11.2009 20:16
Message-ID: <30855257-a79a-4ad5-9e8f-ab3b4c9db1ac@g23g2000yqh.googlegroups.com>
Newsgroup: fr.soc.politique
Mise en cause des ONG israéliennes palestiniennes, rejet du rapport
Goldstone, soutien aux méthodes de l’armée israélienne...l’ambass
adeur
Bigot, "représentant [de la France] en Israël est sorti de la
réserve
qui incombe aux fonctionnaires appelés à occuper des fonctions de
représentation diplomatique."

Monsieur le Président de la République

Palais de l’Élysée, 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris

Saint-Denis, le 02 novembre 2009

Monsieur le Président,

Je vous fais cette lettre, que vous lirez peut-être si votre statut d’
« omniprésident » vous en laisse le temps.

Nous le savons, les représentations officielles de l’Etat français
sont la voix de la France. Ceci, que l’ambassade soit en Belgique ou….
en Israël. C’est la voix de la France qui est écoutée et entendue,
votre voix, Monsieur le Président, quand les ambassadeurs, y compris
lorsqu’il s’agit de M. BIGOT, ambassadeur de France en Israël,
s’expriment. L’ambassade de France en Israël n’est pas le salon
particulier de M. BIGOT dans lequel ce dernier peut prendre ses aises
et tenir les propos qu’il souhaite et en l’occurrence ici, pour
absoudre Israël de toute faute. Le Canard enchaîné a mis en
lumière
les graves dérapages de ce fonctionnaire, et le fait que ceci n’ait
pas été relevé par les autres médias n’est pas anodin.

Votre représentant en Israël est sorti de la réserve qui incombe aux
fonctionnaires appelés à occuper des fonctions de représentation
diplomatique. Nous ne pouvons accepter, je suis sûr que vous en
conviendrez, que l’ambassadeur ne soit pas sur les mêmes positions que
le Président de la République.

Parmi ses illustres déclarations, qui remettent en cause les ONG
israéliennes et palestiniennes, le Rapport de l’ONU du juge GOLDSTONE,
- adopté par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU – et, fait
grave, la politique française dans cette région du monde, on peut
relever notamment : « J’ai du mal à croire que des soldats israélie
ns
aient tué délibérément des civils palestiniens ».

Le bilan sinistre de Gaza en est pourtant la triste preuve : en 22
jours, 1300 Palestiniens ont été tués, dont plus de 410 enfants et 10
8
femmes, selon le dernier bilan des services d’urgences de Gaza. Plus
de 5300 personnes ont été blessées. Comme le souligne
également le
Canard enchaîné, de nombreux témoignages de soldats de Tsahal
contredisent les propos du diplomate français.

On relèvera aussi, de la part de votre éminent représentant en Isra
ël,
concernant les agissements de Tsahal à Gaza : « Nous savons bien
comment l’armée israélienne opère à Gaza. Nous savons que ce
n’
est pas
le cas ». Les Palestiniens, notamment les familles des victimes,
apprécieront ces propos, frappés du sceau de la France.

Ensuite, il contredit nettement les positions officielles françaises,
notamment sur l’exigence - partagée avec les USA - d’un gel total des
colonies. M. BIGOT estime utile de rajouter que « demander à Israël u
n
gel total des colonies [n’est pas] réaliste ».

Vous venez, Monsieur le Président, de co-signer avec Gordon BROWN, et
je vous en félicite, un courrier pour réclamer le gel total des
colonies. Peut-être M. BIGOT n’en a-t-il pas eu copie. En ces temps de
libéralisation postale, c’est en effet une hypothèse plausible.

Enfin, et les Palestiniens de Gaza apprécieront, il légitime
pratiquement le blocus infligé par Israël, et va même jusqu’à
conditionner la levée du blocus à la libération de Gilad SHALIT. Selo
n
M. BIGOT, sans libération du soldat d’occupation, « Israël ne peut
pas
envisager une réouverture de Gaza ».

En tant que citoyen, militant de la paix, et en tant qu’élu de la
République, je suis particulièrement choqué par ces propos qui vont
non seulement à l’encontre des missions et prérogatives d’un
fonctionnaire en poste dans une ambassade française à l’étranger, m
ais
également et surtout contre les positions officielles de la France.

En ces temps d’impunité totale d’Israël, et dans une période où
même
le Ministre KOUCHNER n’est pas autorisé par Israël à se rendre à
Gaza
afin de constater la reconstruction de l’hôpital que la France
contribue à financer, nous n’avons pas besoin d’un diplomate qui se
veut la voix de Tsahal et le porte-parole du gouvernement israélien.

Je vous rappelle, bien que vous en ayez décidé ainsi, que la France
n’a pas pris part au vote au Conseil des Droits de l’Homme sur l’ONU
sur le rapport GOLDSTONE, refusant donc clairement de reconnaître la
responsabilité d’Israël lors des massacres de Gaza.

Plus généralement, côté français, la politique du
« deux poids
deux
mesures » est à l’oeuvre, et vous en êtes, Monsieur le
Président,
l’un
des tout premiers responsables. Vous comprendrez donc aisément que je
ne puisse pas, comme des millions d’autres citoyens, accepter votre
politique à l’égard de la question palestinienne.

On constate en effet tous les jours ce « deux poids deux mesures »
quand il s’agit de près ou de loin d’Israël. Le cas de Salah HAMOUR
I
est exemplaire. La France se contente du strict minimum pour « sortir
» ce citoyen franco-palestinien de prison où il est détenu
arbitrairement. Et vous-même, Monsieur le Président, vous êtes en
passe de faire du cas de Gilad SHALIT, soldat franco-israélien de
l’armée israélienne, une cause nationale, avec pour vous aider dans
cette lourde tâche, la quasi-totalité des médias français bien-
pensants.

Après Ingrid BETANCOURT, nous attendons que vous alliez cherchez les
otages français « où qu’ils se trouvent ». Salah HAMOURI en fait
partie, et je suis d’ailleurs disposé à vous y accompagner.

En dépit de désaccords sur une grande partie de vos positions, nous ne
pouvons de surcroît, accepter que vos représentants, à
l’étranger
,
réécrivent les relations franco-israéliennes, et donc franco-
palestiniennes, à l’aune de leurs propres convictions.

C’est indéniablement le cas de M. BIGOT qui a confondu l’ambassade de
France en Israël, avec une quelconque tribune politique. Fort
logiquement, ce fonctionnaire, qui contrevient indéniablement à ses
missions, doit être rappelé à l’ordre et revenir sur ses propos
publiquement. Je n’imagine pas que ce diplomate ait reçu de telles
consignes du Quai d’Orsay ou de l’Élysée, visant à affaiblir la p
ortée
de l’agression israélienne perpétrée à Gaza, véritable
prison
à ciel
ouvert.

Vous devez donc, pour que la clarté soit faite, vous démarquer
clairement des positions prises par votre ambassadeur. Il y va, vous
le savez de l’honneur de la France. La France se doit, et vous l’avez
encore fait récemment, de condamner et faire condamner l’occupation
israélienne et ses conséquences désastreuses sur la
société
palestinienne.

Si M. BIGOT n’était pas pour le moins, rappelé à l’ordre, le mouv
ement
de solidarité avec le peuple palestinien et les militants de la paix
seraient plongés dans l’incompréhension la plus totale.

Nous déciderions alors des suites à donner à cette affaire qui ne va
pas dans le sens de l’apaisement qui vous est cher.

Je saisis cette occasion pour vous signaler que j’ai fait parvenir à
votre Ministre des Affaires Étrangères, une lettre ouverte, restée
sans réponse, celle-ci est encore disponible sur http://lemonde.fr/opinio
ns/chroniqu...

Ne doutant pas de l’attention que vous porterez à ce courrier, ni de
la prompte réponse que vous y apporterez, recevez, Monsieur le
Président, l’expression de ma plus haute considération.

Madjid MESSAOUDENE

Conseiller municipal de Saint-Denis

http://www.france-palestine.org/article13076.html

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