Re: Claude Lévi-Strauss, le plus grand ethnologue d u XXe siecle, était aussi un grand critique de l?islam
Von: E. Lebreton (rclbrtn7@gmail.com) [Profil]
Datum: 05.11.2009 23:09
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Newsgroup: fr.soc.politique
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On 5 nov, 19:02, "Eliot Montevideo" <eliot.montevi...@gmail.com> wrote: > Claude Lévi-Strauss, le plus grand ethnologue du XXe siecle, était au ssi un > grand critique de l’islam > Par Yann le 4 novembre 2009 > En l’occasion du déces de Claude Lévi-Strauss, nous republions ci-d essous un > billet de Dansk de décembre 2008. Ainsi que vous le verrez, le grand > ethnologue portait un regard tres critique sur la religion musulmane. > Republication > > Nous ne le dirons jamais assez : la critique de l’islam, loin d’etre une > forme de racisme, est au contraire un signe de clairvoyance intellectuell e : > tous les grands intellectuels qui se sont penchés sur les sociétés > islamiques ont émis des réserves, voire des critiques acerbes. Bivoua c-id > vous a présenté le point de vue d’auteurs classiques (ici) et celui de l’islamologue > Roger Arnaldez sur l’islam (ici). Voici aujourd’hui le point de vue d e > Claude Lévi-Strauss, dont on vient de feter les 100 ans. Anthropologue, > ethnologue, philosophe, professeur honoraire au College de France, membre de > l’Académie française, Claude Lévi-Strauss est un des premiers th éoriciens de > la pensée structuraliste et un des plus grands intellectuels français du XXe > siecle. Son ouvrage le plus célebre, Tristes Tropiques, publié en 195 5, > contient des passages incendiaires sur l’islam. > En voici quelques extraits de Tristes Tropiques (Éditions Plon, 1955) : > Sur le plan esthétique, le puritanisme islamique, renonçant a abolir la > sensualité, s’est contenté de la réduire a ses formes mineures: p arfums, > dentelles, broderies et jardins. Sur le plan moral, on se heurte a la mem e > équivoque d’une tolérance affichée en dépit d’un prosélytis me dont le > caractere compulsif est évident. En fait, le contact des non-musulmans les > angoisse. Leur genre de vie provincial se perpétue sous la menace d’a utres > genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent d e l’altérer > par la seule contiguité. Plutôt que parler de tolérance, il vaudrai t mieux > dire que cette tolérance, dans la mesure ou elle existe, est une perp étuelle > victoire sur eux-memes. En la préconisant, le Prophete les a placés d ans une > situation de crise permanente, qui résulte de la contradiction entre la > portée universelle de la révélation et l’admission de la pluralit é des fois > religieuses. Il y a la une situation “paradoxale” au sens pavlovien, > génératrice d’anxiété d’une part et de complaisance en soi-me me de l’autre, > puisqu’on se croit capable, grâce a l’Islam de surmonter un pareil conflit. > En vain, d’ailleurs: comme le remarquait un jour devant moi un philosop he > indien, les Musulmans tirent vanité de ce qu’ils professent la valeur > universelle de grands principes: liberté, égalité, tolérance; et ils > révoquent le crédit a quoi ils prétendent en affirmant du meme jet qu’ils > sont les seuls a les pratiquer. > (…) Tout l’Islam semble etre, en effet, une méthode pour développ er dans l’esprit > des croyants des conflits insurmontables, quitte a les sauver par la suit e > en leur proposant des solutions d’une tres grande (mais trop grande) > simplicité. D’une main on les précipite, de l’autre on les retien t au bord > de l’abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles > pendant que vous etes en campagne? Rien de plus simple, voilez-les et > cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne, sembla ble a un > appareil orthopédique, avec sa coupe compliquée, ses guichets en > passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le > lourd tissu dont il est fait pour s’adapter exactement aux contours du corps > humain tout en le dissimulant aussi completement que possible. Mais, de c e > fait, la barriere du souci s’est seulement déplacée, puisque mainte nant il > suffira qu’on frôle votre femme pour vous déshonorer, et vous vous > tourmenterez plus encore. (Pages 463-5) > (…) si un corps de garde pouvait etre religieux, l’Islam paraîtrait sa > religion idéale: stricte observance du reglement (prieres cinq fois par jour > , chacun exigeant 50 génuflexions), revues de détails et soins de pro preté > (les ablutions rituelles); promiscuité masculine dans la vie spirituell e > comme dans l’accomplissement des fonctions organiques; et pas de femmes . (…) > Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélat ion que sur l’impuissance > a nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du > bouddhisme, du désir chrétien du dialogue, l’intolérance musulman e adopte > une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables; car s’il s ne > cherchent pas toujours, de façon brutale, a amener autrui a partager le ur > vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de suppo rter l’existence > d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre a l’abri d u doute > et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré > comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternit é > islamique est la converse d’une exclusive contre les infideles qui ne p eut > pas s’avouer, puisque en se reconnaissant comme telle, elle équivaudr ait a > les reconnaître eux-memes comme existants. (Pages 466-7) > Ce malaise ressenti au voisinage de l’Islam, je n’en connais que trop les > raisons: je retrouve en lui l’univers d’ou je viens; l’Islam, c’e st l’Occident > de l’Orient. Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l ’Islam pour > mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je p ardonne mal > au premier de me présenter notre image, de m’obliger a constater comb ien la > France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez > nous, j’observe la meme attitude livresque, le meme esprit utopique, et > cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problemes sur le > papier pour en etre débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rational isme > juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du > monde et de la société ou toutes les difficultés sont justiciables d’une > logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se > compose plus des objets dont nous parlons. Comme l’Islam est resté fi gé dans > sa contemplation d’une société qui fut réelle il y a sept siecles , et pour > trancher les problemes de laquelle il conçut alors des solutions effica ces, > nous n’arrivons plus a penser hors des cadres d’une époque révolu e depuis un > siecle et demi, qui fut celle ou nous sumes nous accorder a l’histoire; et > encore trop brievement, car Napoléon, ce Mahomet de l’Occident, a é choué la > ou a réussi l’autre. Parallelement au monde islamique, la France de l a > Révolution subit le destin réservé aux révolutionnaires repentis, qui est de > devenir les conservateurs nostalgiques de l’état des choses par rappo rt > auquel ils se situerent une fois dans le sens du mouvement. (Page 468) > Les hommes ont fait trois grandes tentatives religieuses pour se libére r de > la persécution des morts, de la malfaisance de l’au-dela et des angoi sses de > la magie. Séparés par l’intervalle approximatif d’un demi-millé naire, ils > ont conçu successivement le bouddhisme, le christianisme et l’Islam ; et il > est frappant de marquer que chaque étape, loin de marquer un progres su r la > précédente, témoigne plutôt d’un recul. Il n’y a pas d’au-d ela pour le > bouddhisme ; (….) Cédant de nouveau a la peur, le christianisme rét ablit l’autre > monde, ses espoirs, ses menaces et son dernier jugement. Il ne reste plus a > l’Islam qu’a lui enchaîner celui-ci : le monde temporel et le monde > spirituel se trouvent rassemblés. L’ordre social se pare des prestige s de l’ordre > surnaturel, la politique devient théologie. En fin de compte on a rempl acé > des esprits et des fantômes auxquels la superstition n’arrivait tout de meme > pas a donner la vie, par des maîtres déja trop réels, auxquels on p ermet en > surplus de monopoliser un au-dela qui ajoute son poids au poids déja > écrasant de l’ici-bas. (Pages 471-2) > * * * > L’émission Les Nouveaux Chemins de la Connaissance, diffusée le 26 novembre > 2008 sur France Culture dans le cadre du centenaire de C. Levi-Strauss, a > mis en présence Vincent Debaene (Ancien éleve de l’ENS, agrégé de Lettres > modernes, il enseigne la littérature a l’Université de Columbia a N ew-York) > et Marcel Hénaff (Agrégé de Philosophie, anthropologue, il enseigne a l’Université > de Californie a San Diego) pour une discussion sur le livre Tristes > Tropiques. Cette discussion va aborder le sujet de la critique acerbe de l’islam > par C. Levi-Strauss. Cette critique se place de façon plus globale dans la > critique du déclin de l’Occident, telle qu’elle est formulée par > Lévi-Strauss, qui se désole que l’Occident a bout de souffle, incap able de > produire du neuf, en soit réduit a “parasiter“, a “piller” des cultures > extérieures, “ou elle va chercher un surcroît de vie“… > Vous pouvez télécharger l’extrait audio ici (le fichier est désor mais hélas > indisponible). > Durée de l’extrait : 18min 20. [Le dialogue sur l’islam commence a 8 min > 30.] Le site de l’émission est disponible ici. > Remarquez que le présentateur Raphaël Enthoven relance courageusement ses > invités sur l’attitude de Levis-Strauss vis-a-vis de l’islam, comme ntant > meme l’extrait de Tristes Tropiques par les mots : “Robert Redecker a été > condamné a mort pour beaucoup moins que ça“. Malheureusement, c’e st la > débandade en face de lui : on souligne bien que a la sortie du livre (e n > 1955), ces pages « n’ont suscité aucune réaction » mais que auj ourd’hui, ce > sont les « plus difficiles a lire… a intégrer, disons ». > « Elles [les pages en question] me laissent un peu perplexe » : voila tout > le courage dont savent faire preuve ... > > plus de détails » La critique que vous faites de l'islam vous conduit donc à remettre en question le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ?[ Auf dieses Posting antworten ]
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- E. Lebreton (05.11.2009 23:22)
- Roaringriri (06.11.2009 07:19)
