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Lettre ouverte au président Obama

Von: Massine (sbouzidi@gmail.com) [Profil]
Datum: 04.07.2009 12:55
Message-ID: <6cc9534c-455d-42e4-8a7d-7746751813e3@j32g2000yqh.googlegroups.com>
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Monsieur le Président,

Le Comité populaire algérien de soutien à la Palestine et à sa
résistance a suivi avec attention le discours que vous avez prononcé
le 4 juin à l’Université du Caire. Vous y avez abordé
différentes
questions sans pourtant aller jusqu’au fond des choses et sans vision
d’ensemble prenant en compte toutes leurs dimensions. Cependant, ce
discours revêt une importance particulière s’il est un début à
la
voie
de la révision par les États-Unis d’Amérique de sa politique en
direction du monde musulman et de ses questions principales. Nous
voudrions dans cette lettre rappeler certains faits qui peuvent aider
à atteindre ce but : Premièrement, le monde musulman, auquel vous vous
êtes adressé dans ce discours du 4 juin, représente certes une
régi
on
vitale pour les intérêts américains. Les peuples de cette
région le
savent et le comprennent. Cependant, les Etats-Unis d’Amérique veulent
préserver ces intérêts en les défendant au lieu d’une
négociati
on
honnête à leur sujet. La politique des États-Unis de défense de
ses
intérêts est ainsi basée sur l’utilisation de tous les moyens, dont
la
force militaire et l’occupation. Cela explique l’intense présence
militaire américaine dans de nombreux pays de la région. Nous pensons
qu’une telle politique est vouée à l’échec, quels que soient les
changements de chefs militaires chargés de son application. Il
n’existe pas de chef militaire américain qui puisse faire de cette
politique une mission couronnée de succès. La voie suivie par les
Etats-Unis pour défendre leurs intérêts est le nœud gordien des
relations de l’Amérique avec le Monde arabe et islamique. Le respect
que vous avez exprimé plus d’une fois à l’égard de l’Islam et d
u monde
musulman est sans aucun doute sincère, mais il perd beaucoup de son
sens dès qu’il se heurte à cette réalité. Deuxièmement,
la viol
ence,
ou « le terrorisme » dans lequel l’Amérique range jusqu’à la
résistance légitime à l’occupation, s’alimente essentiellement
à deux
sources : La politique américaine et occidentale de façon
générale
à
l’égard des causes arabes et musulmanes ; la défection des
gouvernements nationaux dont les peuples attendaient qu’ils s’élève
nt
contre cette politique erronée. Troisièmement, la politique
occidentale a consisté à gérer la question palestinienne suivant deux
lignes parallèles : L’une consistant à soutenir l’occupation
sioniste ; l’autre à faire miroiter continuellement des projets de
paix et de règlement dont les résultats ont été : • de
favoriser
l’expansion continue de l’occupation sioniste et l’aggravation
inquiétante de sa nature et de ses orientations ; • de voiler
l’occupation par une succession de projets de paix sans arrêt et sans
résultats. Le moment est-il vraiment venu d’un règlement juste de la
question palestinienne qui prendrait en considération les droits
légitimes du peuple palestinien ? Quatrièmement, nous craignons que la
solution proposée de deux Etats recèle, dans son essence, la même
politique du deux poids, deux mesures et soit construite sur une
tromperie sémantique : un Etat réellement existant, disposant de tous
les attributs d’un Etat, armé jusqu’aux dents, appuyé par les Etats
occidentaux, face à un Etat n’existant que sur papier, dont
l’existence repose sur le bon vouloir de l’Etat occupant et qui serait
soumis aux critères et aux concepts de celui-ci en matière de sécurit
é
et de voisinage. Cinquièmement, les initiatives de paix appuyée par
les Etats-Unis exigent des organisations palestiniennes de renoncer à
la résistance avant même la fin de l’occupation qui est, en elle mê
me,
une guerre chronique. Elles exigent aussi la reconnaissance par elles
de l’Etat occupant alors qu’elles ne sont que des organisations que
les Etats-Unis de plus qualifient de « terroristes ». Or, le droit
international est formel : ce sont les Etats qui reconnaissent les
Etats. Sixièmement, il est étrange de demander aux Etats arabes et
musulmans de reconnaître Israël, alors que c’est un Etat dont on ne
connait ni les frontières ni la nature et qui de plus occupe les
terres palestiniennes et celles d’autres Etats membres des Nations
unies. Ne serait-il pas plus raisonnable et logique, dans le cadre de
la solution de deux Etats, que soit d’abord établi l’Etat palestinien
avec l’assentiment de son peuple, et qu’après la reconnaissance
réciproque des deux Etats, vienne celle des pays arabes et musulmans.
Septièmement, le secteur de Ghaza représente, dans les circonstances
actuelles, le visage dramatique de la question palestinienne.
L’établissement de la sécurité et de la paix au Moyen-Orient
nécessiterait-il le blocus de Ghaza, d’affamer et d’humilier ses
habitants ? Est-il concevable, à l’heure où prend fin Guantanamo en
Amérique, qu’un autre Guantanamo soit créé aux dimensions de Ghaza
et
cela avec l’appui et la complicité même des Etats qui font annonce de
la paix et y invitent ? Avec notre respect, Monsieur le Président, et
nos souhaits d’une paix juste et véritable dans notre région et le
monde entier.

Pour le Comité : Djamila Bouhired, Lakhdar Bouregaâ, commandant de
l’ALN :

Publié par El Watan

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