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Population précolombienne

Von: abourick (bourrique_ane@yahoo.br) [Profil]
Datum: 04.07.2009 17:34
Message-ID: <UNudnRC-k_8e69LXRVn_vwA@giganews.com>
Newsgroup: fr.soc.politique fr.soc.religion
Repost d'un article publié en 2007 sur fsha, fsr et fsp n'ayant jamais
reçu de réponse satisfaisante :



En cherchant sur internet des renseignements sur la population
amérindienne à la veille de l'arrivée des Espagnols je suis
tombé par
hasard sur cette page extraite d'un article de jstor (donc théoriquement
inaccessible à ceux qui comme moi ne sont pas des professionnels de la
recherche) :

<http://links.jstor.org/sici?sici32-4663(197511)30<257%3ALPDLPE>2.0.CO%3B2-M&
;size=LARGE&origin=JSTOR-enlargePage>


Cette page recense environ 14 millions d' "indigènes" en 1500, soit
très
loin des estimations que l'on peut trouver sur Wikipedia qui font état
d'une centaine de millions d'Amérindiens avant le grand "génocide"
décrété par les bonzes universitaires américains, redoutables
et
fanatiques ordonnateurs du politiquement correct autrement dit du
terrorisme intellectuel de la gauche américaine qui sévit sur les campus
d'outre-Atlantique.

Je ne suis pas historien et comme je suis incapable de me déterminer en
faveur de l'une ou de l'autre estimation de la population amérindienne à
la fin de la période précolombienne j'ai procédé par analogie
avec un
cas bien documenté et qui ne laisse aucune place à la controverse, celui
de notre pays la France. Je citerai les renseignements les plus récents
que j'ai pu trouver sur le peuplement de ce qui allait devenir la Gaule
puis la France. Ils sont extraits du numéro 326 de la revue L'Hitoire
(décembre 2007), plus précisément des articles de Jean-Louis Brunaux,
chercheur au CNRS, et Hervé Le Bras, directeur d'études à l'EHESS
(école
des hautes études en sciences sociales).

Après avoir rappelé les travaux de Colin Renfrew sur la vague
néolithique partie du proche orient, théorie confirmée par les
études de
fréquences génétiques de Cavalli Sforza, Hervé Le Bras
décrit ainsi le
processus de peuplement des territoires actuels de la France :
"Au cours de cette révolution néolithique, entre 4000 et 2500 ans av.
J.-C., le territoire de notre pays a vu sa population passer
approximativement de 50.000 à 5 millions de personnes." (page 47 du
numéro 326 de la revue L'Histoire).

Voici ce qu'écrit Jean-Louis Brunaux sur la population gauloise au temps
de la conquête romaine (milieu du premier siècle avant notre ère) :
"Il faut se demander si la Gaule était assez peuplée pour laisser une
descendance suffisante après la guerre de conquête qui, si l'on en croit
Plutarque, se solda par un million de morts et autant de prisonniers.
Les données statistiques fournies par Poseidonios au début du premier
siècle avant notre ère et par César cinquante ans plus tard
permettent
aujourd'hui d'évaluer la population à plus d'une dizaine de millions
d'individus, pour un territoire assez équivalent à celui de la France
actuelle, c'est-à-dire à peu près autant que sous le règne de
Louis XIV.
Il y a peu encore, de tels chiffres paraissaient peu réalistes : les
archéologues constataient qu'ils n'en trouvaient pas trace dans la
population funéraire. Depuis, ils ont appris que cette dernière ne donne
nullement l'image de la société gauloise : seuls les individus
favorisés
accédaient à une sépulture pérenne et la
généralisation de
l'incinération a fait disparaître la plupart des corps. Dans le même
temps, la multiplication des fouilles d'urgence sur de vastes espaces en
milieu rural a montré que la Gaule avait été largement
déboisée au cours
des trois siècles précédant la conquête, lui donnant la
physionomie
qu'elle connaît aujourd'hui" (page 39 du numéro 326 de la revue
L'Histoire).

Retenons les chiffres suivants : aujourd'hui 60 millions d'habitants sur
un territoire qui en comptait 10 millions à la veille de la conquête des
Gaules par César, 5 millions en 2500 av notre ère et 50.000 en 4000 av
notre ère (du temps donc où seuls les chasseurs cueilleurs vivaient en
Europe occidentale).

A quoi pouvons-nous comparer l'Amérique pré-colombienne ? Elle offre un
panorama très contrasté entre d'une part les deux zones qui ont connu
une révolution néolithique (l'Amérique centrale sur une aire qui
s'étend
depuis le centre de l'actuel Mexique jusqu'au nord du Honduras ; la
partie centrale des Andes depuis le sud de la Colombie jusqu'au nord de
l'Argentine et du Chili en passant par l'Equateur, le Pérou et la
Bolivie) et d'autre part le reste des Amériques où ne vivait que des
chasseurs-cueilleurs.

Un territoire qui compte aujourd'hui 60 millions d'habitants n'en
comptait que 50.000 lorsqu'il était peuplé de chasseurs-cueilleurs.
L'Amérique du Nord compte environ 330 millions d'habitants ce qui ferait
300.000 chasseurs-cueilleurs à la veille de la colonisation du continent
par les Européens. La page extraite de l'article de jstor compte 1
million de chasseurs-cueilleurs au Canada et aux USA en 1500, soit 3
fois plus que mon estimation fondée sur une analogie avec la Gaule. On
peut donc considérer comme plausible l'estimation de l'article de jstor
pour les zones de chasseurs-cueilleurs.

Venons-en aux deux zones ayant connu l'agriculture. Avait-elle un niveau
technique similaire à celui des Gaulois ? Certainement pas puisque la
roue était inconnue dans toutes les Amériques, de même que le fer. Les
civilisations amérindiennes les plus développées vivaient encore
à l'âge
du bronze. Leur niveau technologique était plus proche de celui des
territoires actuellement français à la fin de la vague néolithique
qu'à
la veille de la conquête romaine. Ce retard peut être attribué à
l'isolement de l'Amérique coupée des avancées techniques de
l'Afro-Eurasie. On doit donc retenir le chiffre de 5 millions
d'individus en 2500 avant notre ère pour 60 millions aujourd'hui.
Appliqué à l'Amérique centrale ce rapport donnerait une population
d'une
dizaine de millions d'habitants pour la Méso-Amérique et à peu
près
autant pour la zone méso-andine. Le texte de jstor n'en compte que 4
millions pour la méso-Amérique et environ 7 millions pour la zone andine.

Selon mes critères l'estimation de jstor est un peu basse pour les zones
ayant connu l'agriculture.

Mais que vaut mon estimation très grossière ? Voici la question que je
pose aux forumistes de fsp et fsr.



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