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Pas de contrainte en religion ?

Von: Hypercalifragilis (marie.poppins@supernany.m6) [Profil]
Datum: 27.05.2008 14:28
Message-ID: <483bfe50$0$881$ba4acef3@news.orange.fr>
Newsgroup: fr.soc.travail fr.soc.histoire.moderne fr.soc.histoire fr.soc.economie fr.soc.complots fr.soc.alternatives fr.misc.actualitealt.fr.soc.politique alt.fr.politique.france alt.fr.politique.europe alt.fr.parti.socialiste alt.fr.misc.actualite
A l'argument que l'islam a conquis de vastes territoires par l'épée, et
qu'il
punit de mort ses apostats, les musulmans 'modérés' vous réponderont
qu'il n'y
a pas de contrainte en religion, comme écrit dans le coran. Comment l'islam
pourrait-il donc user de violence dans de tels cas sans être en désaccord
avec le coran ?

En quoi consiste en fait cette sourate sur la contrainte en religion
(II.257) ?

Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de
l'égarement.
Donc, celui qui est infidèle aux idoles et croit en Dieu s'est saisi de l'anse
la plus solide et sans fêlure. Et Allah est Audient et Omniscient.

Voyons ce qu'en disent des spécialistes, les islamologues Dominique et
Marie-Thérèse Urvoy dans leur livre Les mots de l'Islam (p. 28-29), à
l'article
'Contrainte en religion':

La formule coranique « pas de contrainte en religion » (II.257), qui est
souvent évoquée pour faire de l'islam une religion tolérante par
essence, n'a
été en fait isolée que tardivement, pour en faire un axiome de la
discipline
juridique des « buts de la Loi », qui ne date que du XIVe siècle et qui
reste très peu répandue. En fait le reste du verset (« celui qui est
infidèle aux idoles et croit en Dieu s'est saisi de l'anse la plus solide et
sans fêlure ») montre que cette formule est à sens unique : il faut
laisser
la liberté à un non musulman d'embrasser l'islam, mais rien n'est dit de la
démarche inverse où un Musulman choisirait de renoncer à sa religion.
Plusieurs hadîth parleront bien de ce dernier point mais leur fiabilité n'a
pas dû être reconnue comme absolue puisque le fiqh(*) a traité toute
apostasie, même indiviuelle, non comme un délit religieux mais comme une
offense à l'état, réclamant la peine de mort.

Depuis Muhammad 'Abduh, au début du XXe siècle, certains réformistes
ont
demandé la suppression de cette règle qui reste cependant en vigueur, non
seulement de façon officielle dans les pays de régime dit « islamique
»,
mais aussi de façon officieuse dans les pays où l'islam est religion d'Etat
par les pressions administratives et policières (ce qui fait que beaucoup de
convertis le sont clandestinement) et par celles qui émanent du mileu
familial et social, les deux se combinant le plus souvent. Parmi les
Musulmans émigrés en Occident, ces sont ces dernières qui sont mises
en
oeuvre.

(*) droit musulman

* * *

Une lecture conseillée :
Dominique et Marie-Thérèse Urvoy, Les mots de l'Islam, Presses
Universitaires du Mirail, 2004, 10 euros.
Un petit livre bien sympathique qui traite par ordre alphabétique des sujets
propres à l'islam, en faisant référence non seulement aux textes
sacrés,
mais aussi aux législations et aux comportements en vigueur dans les pays
islamiques.
Je ne le conseillerai néanmoins pas comme toute première lecture pour
découvrir l'islam, étant donné la densité de l'information
présentée et la
structure alphabétique qui ne permet pas d'avoir une vue d'ensemble. Pour
tous les autres : une excellente source de références !



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