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Citations de Louis ARAGON

Von: Aragon (louis.aragon@staline.net) [Profil]
Datum: 08.05.2008 18:49
Message-ID: <48232f25$0$906$ba4acef3@news.orange.fr>
Newsgroup: fr.soc.travail fr.soc.histoire.moderne fr.soc.histoire fr.soc.economie fr.soc.complots fr.soc.alternatives fr.misc.actualitealt.fr.soc.politique alt.fr.sciences.humaines.histoire alt.fr.politique.france alt.fr.misc.actualite
Son idée de la France :

" Plus encore que le Patriotisme qui est une hystérie collective comme une
autre, mais plus creuse et plus meurtrière, qui me répugne, c'est
l'idée de
la Patrie qui est le concept le plus bestial, le moins philosophique dans
lequel on essaie de faire entrer mon esprit. Mon pays je le hais. Tout ce
qui est français me répugne.
L'Armée rouge fera reculer l'ordure, la France en tête.
J'ai bien l'honneur, chez moi, dans ce livre, à cette place, de dire que,
très consciemment, je conchie l'armée française dans sa
totalité." (Traité
du style 1928)

" Les trois couleur à la voirie !
Le drapeau rouge est le meilleur !
Leur France, jeune travailleur
N'est aucunement ta Patrie " (1932)

Apologie de la police politique  :
"Il s'agit de préparer le procès monstre
d'un monde monstrueux
Aiguisez demain sur la pierre
Préparez les conseils d'ouvriers et soldats
Constituez le tribunal révolutionnaire
J'appelle la Terreur du fond de mes poumons
.
Je chante le Guépéou qui se forme
en France à l'heure qu'il est
Je chante le Guépéou nécessaire de France

Je chante les Guépéous de nulle part et de partout
Je demande un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
Demandez un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
pour défendre ceux qui sont trahis
pour défendre ceux qui sont toujours trahis
Demandez un Guépéou vous qu'on plie et vous qu'on tue
Demandez un Guépéou
Il vous faut un Guépéou

Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
Vive le Guépéou contre Dieu Chiappe et la Marseillaise
Vive le Guépéou contre le pape et les poux
Vive le Guépéou contre la résignation des banques
Vive le Guépéou contre les manouvres de l'Est
Vive le Guépéou contre la famille
Vive le Guépéou contre les lois scélérates
Vive le Guépéou contre le socialisme des assassins du type
Caballero Boncour Mac Donald Zoergibel
Vive le Guépéou contre tous les ennemis du prolétariat."

("Prélude au temps des cerises"  dans
Persécuté-Persécuteur, Ed
Denoel, 1931)


A propos des bagnes soviétiques :

"Je veux parler de la science prodigieuse de la rééducation
de l'homme, qui fait du criminel un homme utile, de l'individu déformé par
la société d'hier, par les forces des ténèbres, un homme du
monde de demain,
un homme selon l'Histoire. L'extraordinaire expérience du canal de la mer
Blanche à la Baltique, où des milliers d'hommes et de femmes, les bas-fonds
d'une société, ont compris, devant la tâche à accomplir, par
l'effet de
persuasion d'un petit nombre de tchékistes (3)  qui les dirigeaient, leur
parlaient, les convainquaient que le temps est venu où un voleur, par
exemple, doit se requalifier, dans une autre profession - Cette
extraordinaire expérience joue par rapport à la nouvelle science le
rôle
l'histoire de la pomme qui tombe devant Newton par rapport à la physique.
Nous sommes à un moment de l'histoire de l'humanité qui ressemble en quelque
chose à la période du passage du singe à l'homme. Nous sommes au
moment où
une classe nouvelle, le prolétariat, vient d'entreprendre cette tâche
historique d'une grandeur sans précédent : la rééducation de
l'homme par
l'homme".

(Pour un réalisme socialiste. Ed Denoël et Steele, Paris193


" Le travail libère " (devise du camp d'Auschwitz) :

"A l'usine de tracteurs de Tcheliabinsk, pendant la construction de cette
usine, plusieurs fois les brigades de bétonneurs ont organisé des
soirées
d'émulation socialiste au cours desquelles il s'agissait de remplir et vider
le mélangeur de béton au lieu de 140 fois, comme c'est la normale d'une
journée, 200 fois et plus. Une large assemblée assistait à ce
spectacle qui
se poursuivait au son d'un orchestre jouant des airs de danse et des
chansons. Une brigade arriva à fournir en une nuit le chiffre incroyable de
200 mélangeurs."


(Note du poème Valse du Tcheliabtraktrostroï, dans Hourra L'Oural, Ed
Denoël
et Steele, 1934)

A propos du pacte germano-soviétique (1939-1941) :

" Le pacte de non-agression avec l'Allemagne, imposé à M.
Hitler qui n'avait pas d'autre possibilité que de capituler ainsi ou de
faire la guerre, c'est le triomphe de cette volonté de paix soviétique. (.)
Et que ne vienne pas ici comparer le pacte de non-agression
germano-soviétique qui ne suppose aucun abandon de la part de l'URSS aux
pactes « d'amitié » qu'ont signés les gouvernements toujours en
exercice en
France et en Angleterre avec M. Hitler : ces pactes d'amitié avaient pour
base la capitulation de Munich.
L'URSS n'a jamais admis et n'admettra jamais de semblables
crimes internationaux. Silence à la meute antisoviétique ! Nous sommes au
jour de l'effondrement de ses espérances. Nous sommes au jour où l'on devra
reconnaître qu'il y a quelque chose de changé dans le monde et que, parce
qu'il y a l'URSS, on ne fait pas la guerre comme on veut."

(Ce soir, 23 août 1939)



A propos du dictateur :

" La France doit à Staline tout ce que, depuis qu'il est à
la tête du parti bolchevik, il a fait pour rendre invincible le peuple
soviétique, et dans son armée rouge, et dans sa confiance en Staline,
l'homme qui disait que gouverner c'est prévoir, et qui a toujours prévu
juste. La France doit à Staline son existence de nation pour toutes les
raisons que Staline a données aux hommes soviétiques d'aimer la paix, de
haïr le fascisme, et particulièrement pour la constitution stalinienne, qui
est une de ces raisons, pour lesquelles un grand peuple peut également vivre
et mourir. (.)
Merci à Staline pour ces hommes qui se sont forgés à son
exemple, selon sa pensée, la théorie et la pratique stalinienne ! Merci
à
Staline qui a rendu possible la formation de ces hommes, garants de
l'indépendance française, de la volonté de paix de notre peuple,de
l'avenir
d'une classe ouvrière, la première dans le monde montée à
l'assaut du ciel
et que l'on ne détournera pas de sa destinée en lui faisant voir trente-six
étoiles étrangères, quand elle a de tels hommes à sa
tête !"

(Les lettres françaises, mars 1953)


A propos de l'invasion de la Hongrie en 1956 par les troupes soviétiques (25
000 morts et 200 000 exilés en deux mois). Communiqué du Bureau politique du
PCF où siégeait Aragon qui fut, selon tous les témoins, le plus
âpre à
défendre les troupes d'invasion :

" Barrant la route à ceux qui furent les alliés de Hitler,
aux représentants de la réaction et du Vatican que le traître Nagy
avait
installé au gouvernement, la classe ouvrière hongroise, dans un sursaut
énergique, a formé un gouvernement ouvrier et paysan qui a pris en main les
affaires du pays. Ce gouvernement prolétarien (.) a demandé à
l'armée
soviétique de contribuer à la restauration de la paix intérieure. Le
Parti
Communiste Français approuve pleinement la conduite du gouvernement ouvrier
de Hongrie (.). Face à l'offensive acharnée et bestiale des fascistes, des
féodaux et de leurs alliés les princes de l'Église, pour restaurer en
Hongrie le régime terroriste de Horthy, il eut été inconcevable que
l'armée
des ouvriers et des paysans de l'URSS ne répondit pas à l'appel qui lui
était adressé alors que les meilleurs fils de la classe ouvrière
hongroise
étaient massacrés, pendus, ignoblement torturés."

(Journal l'Humanité du 27 octobre 1957)


Intervention au deuxième congrès des écrivains soviétiques,
Moscou, décembre
1954
" Le fait de discuter de la technique du vers écarte
nécessairement aujourd'hui du vers aberrant, individuel, décomposé,
qui a
perdu ses caractéristiques chantantes et que le peuple ne peut entendre, qui
ne résonne pas dans le cour du peuple, pour ramener les poètes au langage
national, énorme et longue expérience collective, langage que l'on avait
désappris à écrire, et que la nécessité de parler pour
la nation entière a
remis à l'ordre du jour.

Cette reconstruction de notre vers traditionnel sert de
tous les points de vue la cause du réalisme en poésie ; elle est
l'expression même du sentiment national menacé par l'individualisme et la
dénaturalisation de la culture, les abandons des caractéristiques de notre
poésie française exigés de nous comme sont, en même temps,
exigés de nous
les abandons de notre souveraineté nationale."

Discours d'Ivry, Juin 1954
" La réévaluation critique de notre patrimoine national est
l'une des tâches déterminantes de l'art de parti. L'artiste,
l'écrivain
communiste, doit avoir sans cesse en mémoire le mécanisme même par
lequel
Maurice Thorez a fait de notre parti ce qu'il est, quand il a appris à la
classe ouvrière la signification de Jeanne d'Arc, celle de la Marseillaise,
quand il lui a rendu son drapeau"

Discours prononcé au Kremlin le 28 avril 1959, lorsque Aragon a reçu le prix
Staline, rebaptisé Lénine.
" Je pense qu'en attribuant ce prix à un écrivain français, il
[le comité des prix Lénine] a voulu marquer la place particulière,
dans un
combat commun à l'énorme majorité des hommes de ce siècle, non
seulement de
l'art d'écrire, mais d'écrire en français, c'est-à-dire en
France, du milieu
d'un peuple que la géographie et l'histoire ont placé à une
charnière du
monde, en un point où plusieurs fois les idées communes à
l'humanité en
marche ont pris force matérielle en s'incarnant dans la masse vivante, et où
toute défaillance demain, tout à l'heure, pourrait avoir pour ce peuple,
mais pour tous les autres, des conséquences incalculables."


Les discours précédents peuvent être retrouvés dans l'ouvrage :
Aragon.
"J'abats mon jeu", Editeurs français réunis, Paris 1959)



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