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Quand "Croc-mignon" casse-croûtait des Ho mo Sapiens Neanderthalensis

Von: abourick (bourrique_ane@yahoo.br) [Profil]
Datum: 01.07.2009 17:18
Message-ID: <TrOdnebYyMrC49bX4p2dnAA@giganews.com>
Newsgroup: fr.soc.religion fr.soc.histoire.antique fr.soc.politique
Allez savoir pourquoi, cette histoire de Sapiens Sapiens le mal nommé
exterminant son frère Sapiens Neanderthalensis me fait irrésistiblement
penser à l'histoire de Caïn trucidant Abel...


<http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-hommes-de-cro-magnon-mang
eaient-ils-les-neandertaliens_19342/>


Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences       Bookmark and Share

En réexaminant des restes humains dans une grotte connue en Charente,
une équipe française pense avoir découvert un fragment de mandibule
d'un
jeune Néandertalien portant des traces d'instruments coupants. Hypothèse
envisageable : les habitants de la grotte – nos ancêtres – auraient
dévoré cet enfant. Les auteurs ne concluent pas et avance deux autres
explications. La découverte relance le débat sur la disparition de
l'Homme de Néandertal mais ne la résout pas...

C'est une scène de crime qu'ont analysée une équipe française
dans la
grotte dite des Rois, près de Mouthiers-sur-Boëme, en Charente. Connu
depuis longtemps, ce site a fourni des restes humains datant de 30.000 à
28.000 ans et des outils en os et en pierre attribués à la culture de
l'aurignacien.

Fernando V. Ramirez Rozzi, du laboratoire de Dynamique de l’Evolution
Humaine (CNRS, Paris), et ses collègues ont analysé des dents et des
mandibules trouvées sur le site et dont on pensait qu'elles provenaient
tous d'hommes anatomiquement modernes (AMH, Anatomically Modern Humans),
autrement dit nos ancêtres directs.

Mais en regardant de plus près les restes d'une mandibule d'un individu
jeune, les auteurs l'attribuent à un Homme de Néandertal. Et en
l'observant plus attentivement encore, les paléontologues y découvrent
des traces de coupures similaires à celles laissées par un instrument
tranchant servant à découper la viande avant sa consommation.

Paradoxalement, la seconde observation est mieux confirmée que la
première. En effet, les spécialistes de la préhistoire savent
très bien
lire les marques laissées par les outils de toutes sortes sur les
objets, os ou pierre, et sont capables de conclusions d'une étonnante
précision sur la manière dont le travail a été
réalisé. En revanche,
l'attribution à l'Homme de Néandertal de morceaux de mandibule (où
manque le menton, différence caractéristique avec l'homme moderne) n'est
pas certaine à 100%. Les auteurs sont d'ailleurs prudents mais
manifestent tout de même leur préférence pour cette
interprétation.

Non loin de là, une incisive portait une perforation et devait se porter
en collier. Voilà donc le crime reconstitué. Des hommes de Cro-Magnon,
c'est-à-dire nos ancêtres, ont attrapé un jeune Néandertalien
et l'ont
préparé pour leur dîner, avant de confectionner un joli collier avec
ses
dents.

Les morceaux de mandibules attribués à un enfant néandertalien. Le
doute
subsiste. Dans le cas contraire, l'affaire serait celle d'un acte de
cannibalisme... © Fernando V. Ramirez Rozzi et al./ Journal of
Anthropological Sciences

Crime inter-espèces ou cannibalisme ?

L'époque, le début du Paléolithique supérieur, a vu en effet
la
cohabitation en Europe de deux espèces d'hominidés, Homo sapiens (nous)
et Homo neanderthalensis durant des milliers d'années. Apparu il y a
250.000 ans, l'Homme de Néandertal a disparu il y a 28.000 ans pour une
raison inconnue, dont on discute toujours. L'homme moderne fait figure
d'accusé mais on ignore quelles relations entretenaient ces deux espèces
humaines. Le scénario décrit par Fernando V. Ramirez Rozzi semble
plaider pour des affrontements violents, qui pourraient avoir eu raison
des Néandertaliens, aux armes peut-être moins efficaces.

Mais les auteurs évoquent deux autres hypothèses. La victime et ses
bourreaux pourraient bien être des Homo sapiens dont les
caractéristiques ne seraient pas tout à fait celles des AMH. Une
population génétiquement isolée, mais sapiens et pas
neanderthalensis,
n'est en effet pas à exclure. Une autre possibilité est que les humains
de la grotte appartenaient tous à une population d'individus aux
caractéristiques intermédiaires entre hommes modernes et
néandertaliens.
Le métissage entre les deux espèces, en effet, a été maintes
évoqué mais
les preuves formelles manquent encore et beaucoup de paléontologues n'y
croient pas.

Encore une fois, donc, une découverte sur l'Homme de Néandertal apporte
davantage de questions que de réponses...

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