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identité, une affaire d'histoire

Von: UBUjean-jacques viala (jejviala@free.fr) [Profil]
Datum: 02.11.2009 20:21
Message-ID: <o04ue5tnrpeus16qurcj8alnag05r3n8ke@4ax.com>
Newsgroup: fr.soc.histoire

Dans le choc actuel des démagogies électoralistes, la notion
d’identité
nationale invoquée dans la confuse mêlée des manoeuvres et des
slogans,
plus que dans un véritable débat d’idées, perd en
compréhension ce
qu’elle gagne en extension.

Comme celle d’un individu dont la photo d’identité à un moment de sa vie
reflète l’évolution depuis la naissance, l’identité actuelle d’une
nation résulte d’une histoire depuis sa conception, des facteurs
humains, religieux, culturels, politiques qui l’ont modelée et par
lesquels elle s’est durablement fixée.

La France est originellement la continuatrice de la civilisation
gallo-romaine. Elle résulte de l’alchimie réussie au sein de cette
dernière de diverses populations européennes, latines, celtes et
germaniques, basques et ibères.

Le baptême de Clovis en 496 a remarquablement marqué et symbolisé tous
les facteurs constitutifs de son identité pendant des siècles. Le
germanique Clovis, de la tribu des Francs saliens, a été sacré roi
selon
des formes et une tradition d’essence biblique, symbolisée par les
gestes judéo-chrétien de l’onction davidique par l’huile sainte, et
celle du baptême dont s’inspire le sacre.

Dans sa soumission spirituelle à Saint Rémi, modèle des grands
évêques
défenseurs des cités face aux déferlements barbares, Clovis accomplit
l’acte fondamental de l’intégration décisive de la France, « fille
aînée
de l’Eglise » dans la chrétienté. En sollicitant et obtenant de
l’empereur de Byzance sa désignation au titre de consul, il manifeste sa
volonté de tenir le fil de la continuité du sens romain de l’Etat.

La France va alors peu à peu se former dans ses éléments constitutifs
fondamentaux tels qu’énoncés dans les réflexions sur la civilisation
de
Paul Valéry, une nation européenne au sein de ce petit cap de l’Asie
qu’est l’Europe, principalement façonnée par la religion chrétienne,
la
raison grecque, le droit romain. Ceci bien sûr n’amène pas à oublier
d’autres facteurs et apports de moindre importance.

Athènes, Rome et Jérusalem sont ainsi les noms des trois racines
essentielles, religieuses, morales, culturelles, politiques de notre
civilisation et de l’identité française. Celle-ci, comme en
témoignent
encore les cathédrales, églises et monastères, fut principalement
pendant des siècles une identité chrétienne. La fleur de lys, symbole
de
pureté dans la Bible et symbole marial, est celle du drapeau de la
royauté, les trois fleurs symbolisant la Sainte Trinité.

Mais le drapeau tricolore aussi vient du plus loin de notre mémoire :
avec le bleu azur du ciel, couleur de Saint Martin le patron de la Gaule
et aussi celle des Mérovingiens et des Carolingiens ; avec le rouge,
couleur de Saint Denis patron de Paris et aussi celle des capétiens ;
avec le blanc qui fut la couleur des huguenots et donc du panache
d’Henri IV, et devint par la suite celle du commandement de nos armées.

La langue française enfin, à peu près fixée dès le XVe
siècle, et
devenue langue nationale au XVIe, puis rayonnant trois siècles durant
dans une universalité que l’on célébrait au XVIIIe avec le
célèbre
concours ouvert à la cour du roi de Prusse, a été, sans
préjudice
nécessaire pour nos parlers régionaux, l’élément
véhiculaire le plus
essentiel de notre identité française. Etre français, c’est en effet
d’abord parler le français.

Dans les cinquante dernières années surtout, l’identité
française a été
l’objet d’une telle conjonction de facteurs d’évolution et de
modifications que l’observation de la possibilité d’un changement
radical d’identité, voire de la fin d’une identité dans un processus de
génocide par substitution se pose.

La langue française se porte mal ; la France est déchristianisée ;
son
Etat dépérit tandis que pullulent les administrations ; sa capacité
d’intégration n’est plus au niveau de ce qu’elle doit absorber
d’immigration et surtout en considération du fort potentiel
différentialiste de cette immigration, et notamment de l’importance des
populations marquées par l’appartenance au code de vie de l’umma
islamique.

Les politiciens parlent aujourd’hui d’autant plus de l’identité
nationale que celle-ci perd de plus en plus rapidement, depuis cinquante
ans, ses caractéristiques essentielles.

A la boursouflure du mot correspond l’atrophie de la réalité. Et la
vérité c’est que tous les partis politiques du système ont plus ou
moins
contribué à l’assassinat de cette identité pour des raisons de haine
religieuse ou idéologique. Ils n’osent plus naturellement défendre ce
qu’il y a encore peu de temps, Frédéric Mistral et Charles Péguy
appelaient l’un « la race latine » et l’autre « la race française
»,
tout comme le faisaient un Jules Ferry, un Jaurès et un Léon Blum. En un
mot, la race au sens biblique et non au sens nazi.

La race française dont le mulâtre Alexandre Dumas est un illustrateur
génial. Ce n’était pas en effet l’héritage héréditaire,
et tout aussi
respectable qu’un autre, de nos racines ethniques mais ce que l’on peut
appeler « l’esprit français ».

Ils ne veulent plus reconnaître cet esprit français (comme il y un
esprit anglais, russe ou japonais), c’est-à-dire une certaine manière de
vivre, d’aimer, de rire, de chanter, de mourir que marque toute une
immense littérature et toute une culture de Charles d’Orléans à
Rimbaud,
de Villon aux grands acteurs du cinéma français avec Arletty, Louis
Jouvet, Pierre Fresnay, Gérard Philippe, etc...

Toute reconnaissance de la spécificité française leur fait horreur en
dehors de celle, certes respectable, de nos vins et fromages, mais
celle-là, on peut la défendre sans trop de risques d’accusation du Big
brother antiraciste.

Moins encore ils veulent reconnaître et défendre non seulement les
racines mais surtout les valeurs chrétiennes éternelles qui,
implicitement ou explicitement, ont modelé fortement cet esprit
français. L’immense patrimoine des milliers de beautés architecturales,
musicales ou littéraires de la spiritualité chrétienne selon le
génie
français, de Notre Dame de Paris et de ses orgues aux chapelles romanes
des Pyrénées et aux chorales d’Alsace n’est plus pour eux, au mieux que
fond de musée.

Une immense subversion nihiliste dans la culture, et par ce qu’ils
appellent la culture, a ainsi été menée aussi bien par
l’équipe
Chirac-Douste-Blazy-Donnadieu de Vabres que par Jack Lang. Tout a été
fait pour ne pas transmettre Ronsard et Molière aux jeunes Français et
à
ceux qui auraient pu le devenir.

A la langue de Stendhal et de Proust, on substitue non pas bien sûr
l’anglais du grand Shakespeare mais le « fastfoude » de l’idiome
cosmopolite, le parler McDonalds mélé des onomatopées de la
sauvagerie
du « verlan ».

N’évoquons pas ici longuement l’abandon politique du principe de
souveraineté à maintenir dans la recherche de l’harmonie des nations
européennes. L’Etat n’est plus désormais qu’agent d’exécution des
objectifs, planifications et décisions de la souveraineté des instances
internationalistes.

Alors, comme le peuple français, malgré la constante de l’abrutissement
médiatique, sent encore plus ou moins confusément, qu’on le
dépossède de
son être et renâcle, Dame Ségolène et Sire Nicolas et les
autres, plus
ou moins, déversent leurs flacons de poudre de perlinpinpin
identitairement falsifiée et permettent aux descendants des enfants de
la patrie d’agiter les drapeaux et de clamer leur désir de voir un sang
impur abreuver les sillons. A vrai dire, cela ne mange pas de pain.
Surtout, ils célèbrent tous la France comme étant la patrie
révolutionnaire des droits de l’homme. Pour eux, après Jean-Jacques
Rousseau et les Jacobins, la nation « c’est la fraction consciente et
organisée de la révolution », celle qui exprime « la
volonté générale ».

Mais qui observe avec Jean Madiran que les droits de l’homme c’est
théoriquement fait pour tous les hommes dans l’humanité qu’ils
partagent?

Bien d’autres nations, des Etats-Unis à Israël, de la Suisse à
l’Afrique
du Sud se proclament patrie des droits de l’homme !

Ce n’est pas sur cela que l’on fonde une identité ! Certes, il y a
«identique » dans identité et toute photo d’une personne reflète
ce
qu’elle partage avec tous les autres hommes et qui distingue à
l’évidence l’homme des autres animaux. Mais cette photo révèle aussi
ce
qui heureusement la différencie, ce qui fait son identité
particulière.

L’identité française ce n’est donc pas le fait de l’appartenance des
Français à l’espèce humaine et à la dignité qu’elle
mérite !

L’identité est ce qui distingue culturellement la communauté de destin
français des autres communautés humaines, c’est le résultat d’une
histoire, de la volonté politique qui présida à la fabrication de la
France, c’est une foi religieuse longtemps partagée, c’est la formation
et la continuation d’un peuple avec ses parlers régionaux et sa langue
longtemps facteur d’universalité, ce sont cinquante mille clochers et
trente-six mille communes et monuments aux morts.

Ce sont des milliers de statues de Jeanne d’Arc qui fut, certes,
l’héroïne de la patrie française, simultanément formée et
menacée mais
qui fut héroïne parce que sainte. Comment oser invoquer le modèle de
sainte Jeanne d’Arc en oubliant qu’elle était d’abord habitée par Dieu,
par la foi dans le Christ, par l’amour de sa patrie voulue par le ciel,
en méprisant voire en piétinant l’exemple qu’elle donnait, les valeurs
qu’elle incarnait ?

L’identité française est aujourd’hui menacée fondamentalement par
deux
facteurs.

Le premier est celui de l’oubli, du refus même, des valeurs
spirituelles, culturelles, humaines sur lesquelles a vécu séculairement
notre peuple. Cela s’appelle une décadence.

Le second est celui de l’implantation massive d’un autre ensemble à la
fois religieux, culturel, sociologique, avec d’autres références, avec
une autre mémoire que la française jusqu’à ce jour, une autre
capitale
fondatrice que Jérusalem-Rome et Athènes : La Mecque.

Que des musulmans aient pu jadis, tel le grand Bachaga Boualem, se
sentir, se vouloir français est une évidence. Lui-même admirait la
chrétienté et ses valeurs. La bonne question à poser aux musulmans
qui
affirment vouloir s’intégrer dans la communauté française est donc
celle-là : reconnaissez-vous, comme la vôtre, l’histoire de France ?
Acceptez-vous que vos enfants aient pour héros Charles Martel et
Charlemagne et Jeanne d’Arc et aussi le Bachaga Boualem qui voulut en
effet pour les siens les droits des Français au prix des devoirs et des
sacrifices ?

L’identité nationale, ce n’est pas seulement un passeport, une carte
d’identité, c’est l’acceptation de fusionner sa propre identité dans une
séculaire communauté de vouloir vivre ensemble dans une nation qui a
commencé, il y a bien longtemps, avec Vercingétorix, Sainte Blandine et
Sainte Geneviève de Paris.

bernard Antony

--


UBU

Aujourd’hui il y a de la haine, de la peur, de la souffrance, mais il n’y a plus aucune
dignité dans l’émotion.

Orwell.

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