50 ans déjà, mémoire, l'Observatoire
Von: UBUjean-jacques viala (jejviala@free.fr) [Profil]
Datum: 26.10.2009 15:07
Message-ID: <2gabe55ij0uj5dhdtaofm95o5s58048ra1@4ax.com>
Newsgroup: fr.soc.histoire
Datum: 26.10.2009 15:07
Message-ID: <2gabe55ij0uj5dhdtaofm95o5s58048ra1@4ax.com>
Newsgroup: fr.soc.histoire
22 Octobre 1.959: La france s'étouffe de rire, l'ancien député poujadiste Pesquet révèle qu'il est l'auteur de l'attentat contre Mitterand. Il prouve, grâce à une lettre en poste restante qu'il s'était adressée à lui même et qu'il a retiré et fait lire en présence d'un huissier, de journalistes et d'un commissaire de police que tous les détails rocambolesque qui avaient hissé François au rang de leader de l'opposition étaient soigneusement prévus entre eux. Mendés France qui était monté au créneau ne le lui pardonnera jamais, il sera bien le seul. Le 25 Novembre l'assemblée votera la levée de son immunité parlementaire à une écrasante majorité, bien que Mitterand ait tenté de faire chanter les gaullistes en racontant comment Debré était venu, alors qu'il était garde des sceaux, le supplier d'enterrer l'affaire du bazooka au niveau des exécutants. Et qu'il l'avait fait. Rien n'y fait il est inculpé, le juge d'instruction racontera qu'il pleurait dans son bureau en disant "je suis fini, je suis fini" et qu'il lui fallut lui faire des remontrances "enfin, un peu de dignité, monsieur le ministre". toute l'histoire: Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1959, François Mitterrand, ancien ministre de l'Intérieur et de la Justice sous la quatrième République devenu sénateur de la Nièvre, porte plainte auprès de la police: il vient d'être victime d'un attentat. Selon sa déposition, sortant de la brasserie Lipp où il vient de dîner avec son ami Dayan, boulevard Saint-Germain, vers minuit et demi, et regagnant au volant de sa Peugeot 403 bleue son domicile du 4 rue Guynemer, il a remarqué qu'une 4CV Renault le suivait. Les événements d'Algérie rendant le climat explosif, cette situation l'inquiète et il tente de semer son suiveur puis, n'y parvenant pas, saute de son véhicule qui heurte les grilles des jardins de l'Observatoire, et bondissant dans un bosquet, évite de justesse une rafale de pistolet-mitrailleur dont on retrouvera sept impacts sur sa voiture. Le lendemain, l'affaire est à la une de tous les journaux. L'Huma demande la dissolution des "bandes fascistes" , la SFlO est solidaire, Mitterrand est un héros. A quarante-trois ans, l'adversaire du gaullisme devient le héros de la lutte contre les ultras d'Alger, qualifiés de facistes. Le juge d'instruction Braunschweig ouvre une information contre x pour tentative d'assassinat, et confie l'enquête au commissaire Clot, chef de la brigade criminelle de la police judiciaire, et vedette des mêdias. Clot lance aussitôt ses limiers sur l'affaire non sans un certain scepticisme: l'examen de la voiture montre en effet que, la ligne des impacts de balles, parfaitement régulière, exclut un tir au jugé sur un objet mobile. Détail qui implique que la voiture était vide et à l'arrêt au moment du tir. Alors que le commissaire s'interroge, le 22 octobre 1959 Rivarol lance une bombe dans le marigot politique en accusant Mitterrand d'être non pas la victime de l'attentat mais son organisateur. Un certain Robert Pesquet, ancien menuisier devenu député RPF puis battu parce qu'il avait déplu à Chaban-Delmas, a en effet confié aux journalistes de Rivarol la primeur de ce qu'il se prépare à déclarer au juge Braunschweig. Pesquet affirme en effet que, le 7 octobre précédent, croisant Mitterrand au Palais de Justice, ce dernier lui aurait demandé "au nom de la solidarité maçonnique" d'exécuter "certaine mission dangereuse". Pesquet n'ayant pas refusé, Mitterrand lui aurait alors proposé de simuler un attentat destiné à restaurer sa popularité et à lui rendre une importance politique obscurcie par l'ombre gaullienne. "Tous les détails de l'opération, heures, itinéraires, ont été mis au point ce jour-là par Mitterrand et moi ., raconte Pesquet. La voiture suiveuse sera donc conduite par lui, Pesquet, le pistolet-mitrailleur étant tenu par Abel Dahuron, une espèce de Gros-Jean un peu bécasson qu'il emploie comme garde-chasse, et tous deux attendront que Mitterrand soit aplati dans les bosquets pour tirer sur sa voiture vide. Ainsi se sont passées les choses. Dahuron le confirme. - J'y criais: étes-vous bien à l'abri, M'sieur l'sénateur? précisera-t-il, hilare. C'est la ruée des médias. Mitterrand, assommé, crie au complot et à la diffamation. Pesquet réplique alors en produisant une lettre cachetée dans laquelle il expose tous les détails du complot mis au point avec Mitterrand et qu'il s'est adressée à lui-même la veille de l'auto-attentat. Se souvenant qu'il fut garde des Sceaux, et comptant sur ses réseaux au sein de la magistrature, le sénateur tente de museler son accusateur par une double plainte: tentative d'assassinat, et diffamation. Selon lui, c'est Pesquet qui se serait manifesté en lui révélant que des ultras de l'Algérie Française lui avaient demandé de monter un attentat et en lui proposant d'organiser une fausse opération. Et Mitterrand conclut qu'il n'a accepté cette guignolade que pour protéger Pesquet à qui les ultras avaient promis la mort s'il refusait la mission. Le juge Braunschweig va donc inculper Pesquet et Dahuron mais pas pour tentative d'assassinat. Il se borne à une imputation assez dérisoire de détention illégale d'armes de guerre. Dans la foulée, il inculpe aussi un comparse, André Péquignot, qui a fourni le P.-M., un "souvenir de la Résistance", sans avoir la moindre idée de ce à quoi il devait servir. Et puis tout de même, comme il découle de l'examen des faits que, dans le meilleur des cas, Mitterrand a omis de prévenir l'Autorité de ce qui se tramait et a déposé une plainte sans motif, Braunschweig l'inculpe d'outrage à magistrat, délit finalement mineur et dont on peut compter qu'il sera enterré. Le Sénat, où le politicien recru de combines qu'est Mitterrand compte d'innombrables amis, obligés et complices, doit en effet accepter la levée de l'immunité parlementaire et personne n'y croit vraiment. Or, le 25 novembre 1959, contre toute attente, les pères conscrits bottent les fesses de leur pair par 175 voix contre 27. Reste à attendre le procès, qui promet d'être un morceau de choix pour les amateurs. Sept ans plus tard, le dossier n'est toujours pas clos. En 1965, De gaulle se représente à l'élection présidentielle. En face de lui: Mitterrand et Tixier-Vignancourt, avocat de Pesquet. Pendant la campagne, l'affaire du faux attentat de l'Observatoire ne sera même pas évoquée par les gaullistes. Finalement, De gaulle réélu, une loi d'amnistie effaça le délit de port d'armes de Pesquet et Dahuron et, pour la première fois dans l'Histoire, cette amnistie fut étendue au délit d'outrage à magistrat. Mitterrand se trouva donc lavé lui aussi de toute accusation. Le 8 août 1966, deux mois après cette amnistie, le juge Sablayrolle, qui avait remplacé Braunschweig, renvoyait Pesquet et Dahuron devant la Justice (mesure de pure forme, puisque l'amnistie était passée) et un autre magistrat, le juge Alain Simon, fut prié de signer pour l'outrage à magistrat un non-lieu, purement formel lui aussi, puisque le délit avait été amnistié. Mitterrand fit appel du non-lieu rendu en faveur de Pesquet qui revenait en fait à officialiser sa complicité avec son "assassin". Le 28 novembre 1966, la Chambre d'Accusation de Paris lui donna tort, et le condamna aux frais et dépens. Apparemment résolu à "obtenir justice", il décida alors de se pourvoir en Cassation. Là, la Chancellerie considéra que la plaisanterie commençait à durer et fit savoir au requérant que les magistrats de l'instance suprême pourraient bien se lasser à leur tour. Il se désista donc discrètement et, le 30 mai 1967, dix ans après l'entrée de clown de l'Observatoire, la Cour de Cassation prit acte de ce désistement. Etablissant une fois pour toute que Mitterrand avait fabriqué de toutes pièces, avec la complicité de Pesquet et les gros bras de Dahuron, un faux attentats contre lui-même. Et la Cour, condamna une fois de plus le plaignant aux dépens. Repris dans le libre journal http://www.francecourtoise.info/ -- UBU L'aventure coloniale est d'abord semailles de hautes techniques de travail. Jean Brune[ Auf dieses Posting antworten ]
