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Re: ma vie à contre coran

Von: Victal (victallen@sogetel.net) [Profil]
Datum: 07.11.2009 13:12
Message-ID: <1vdJm.7711$Wd1.4560@newsfe15.iad>
Newsgroup: fr.soc.feminisme fr.soc.religionqc.politique
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A lire et à relire



Le livre de Djemila Benhabib, Ma vie à contre-Coran (VLB éditions),
connaît
un vif succès au Canada. Il est en passe de devenir le livre de chevet de
tous ceux qui ont fui l'islamisme pour trouver refuge en Europe. De Paris à
Londres en passant par le Québec, avec le débat sur les "accommodements
religieux", l'auteur suit à la trace un mal qu'elle croyait derrière
elle.
Elle s'étonne d'une certaine naïveté face à l'intégrisme.
Suffit-il de
présenter le voile comme un acte de liberté, de déguiser ses mots et
son
projet, pour que l'intolérance soit tolérée ?

Djemila Benhabib est immunisée contre cet angélisme. Connaître
l'histoire de
l'islam politique ayant ravagé l'Algérie aide à décoder le
double discours
des intégristes. Le grand mérite de son livre est de nous transmettre cette
histoire et ce regard. Il en a un autre : démontrer l'immense responsabilité
du pouvoir algérien dans la montée de l'islamisme.

Certains indépendantistes voulaient la laïcité. Le FLN
préfère miser sur
l'islamisation
de la nation algérienne. La Constitution consacre l'islam comme religion
d'Etat.
Truffées d'instituteurs importés d'Egypte et formés par les
Frères
musulmans, les écoles publiques deviennent des lieux où l'on bourre le
crâne
des enfants à coups de récitation du Coran.

Djemila en garde un souvenir assommant. "J'étais debout, moi aussi, pour
demander la flagellation des adultères et l'extermination des
mécréants."
Chez elle, l'endoctrinement ne prend pas. Ses parents militent au PAGS, un
mouvement communiste. A la maison, on préfère les livres d'Angela Davis. A
l'époque,
il existe encore de nombreux Algériens pour préférer le
progrès à la
réaction. On les marginalise en les traitant d'"occidentalisés".
La police
les traque.

Octobre 1988, la jeunesse se révolte, descend dans la rue et brûle des
voitures. La répression est terrible. Au lieu d'entendre cette rage comme
une envie de liberté, le président Chadli Benjedid se tourne vers les
intégristes et cède à leurs demandes, dans l'espoir - illusoire -
d'acheter
la paix sociale. Après avoir voté un code de la famille qui ramène la
femme
algérienne au statut de mineure, on passe une loi rendant le sport
facultatif pour les écolières. au nom de la pudeur. Le Front islamique du
salut (FIS) est conforté. Il monte inexorablement.

La suite est connue. Après un premier scrutin municipal permettant au FIS de
détenir la moitié des mairies, les intégristes remportent le premier
tour
des élections législatives de décembre 1991. Ils s'apprêtent
à tenir leur
promesse : "Interdire les partis laïques ou socialistes" et "appliquer
la
charia". L'armée annule le processus électoral. Les islamistes
basculent
dans la guérilla, l'armée dans la sale guerre. Pris en étau, les
intellectuels, les artistes, les laïcs se font tirer comme des lapins et
vivent dans la terreur.

Djemila Benhabib se souvient du 25 mars 1994, dernier jour de l'ultimatum du
GIA "ordonnant aux femmes de porter le hidjab" : "Quitter la maison
devenait
une expédition. A chaque recoin, la mort guettait les têtes nues." Des
filles ayant osé sortir sans voile sont assassinées sur le chemin de
l'école
ou de l'université. La famille Benhabib reçoit des menaces quotidiennes. Il
est temps de s'exiler. Mais le cauchemar n'est pas terminé.

En Europe, les Algériens laïques retrouvent leurs bourreaux. Les islamistes
pourchassés par l'armée n'ont eu aucun mal à obtenir le statut de
réfugiés.
Les ambassadeurs des Frères musulmans monopolisent les médias et vantent le
choix du voile. Dans certains quartiers de France, la "réforme"
fondamentaliste voulue par Hassan Al-Banna et le FIS parvient à faire passer
les musulmans modernes ou non pratiquants pour des traîtres
"occidentalisés".

Djemila Benhabib ne supporte plus de voir leur propagande tolérée au nom du
multiculturalisme. Son livre est un avertissement : "Toute indulgence envers
cette idéologie de mort n'est pas seulement une grave erreur de principe,
c'est
une trahison."

Caroline Fourest

LE MONDE | 23.10.09

http://carolinefourest.wordpress.com/2009/10/26/a-contre-coran/



--
« Il n'existe pas de nuit assez profonde pour arrêter un rayon de
lumière
et pourtant le vide ne s'éclaire pas;  la lumière ne prend corps que dans
l'oil
qui la reçoit »

Extrait de sous-Bois d'A.G.



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