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L'apport de la communauté sioniste au mouvement pour le contrôle des naissances

Von: ! (c@r.fr) [Profil]
Datum: 24.09.2009 18:00
Message-ID: <h9g52e$sls$1@aioe.org>
Followup-to: fr.soc.feminisme
Newsgroup: fr.soc.sectes fr.soc.religion fr.soc.politique fr.soc.histoire fr.soc.feminisme
http://tinyurl.com/y9o4nw3

Jusqu'il y a peu, nous ne soupçonnions sincèrement pas
à quel point
l'humanité était redevable de la communauté
sioniste en matière d'évolution
des moeurs sexuelles. C'est un article de Rebecca Davis sur le site du
Jewish Women's Archive, faisant l'éloge de la “contribution
juive” à
l'American Birth Control Movment qui nous a finalement décidé
à prendre la
plume. Dans la mesure où la communauté juive
intégriste elle-même
revendique haut et fort cette contribution à la libération
sexuelle
occidentale, nous espérons que nos lecteurs sionistes ne viendront pas nous
taxer présentement d'antisémitisme. Notre article est
basé sur des faits
qui sont aisément vérifiables et qui sont
revendiqués par la communauté
elle-même. Quelques recherches un peu approfondies sur la toile nous ont en
effet permis de comprendre le rôle incroyable que de nombreuses
personnalités d'origine juive intégriste ont joué
dans le combat contre le
puritanisme sexuel catholique au cours du XXe siècle. Etant donné
l'importance du phénomène, nous ne comprenons
sincèrement pas pourquoi cet
aspect de l'histoire des idées est aujourd'hui encore largement
méconnu de
la population. Nous nous proposons ici de combler sommairement cette
lacune. Nul doute qu'un grand travail de recherche reste encore à faire
dans ce domaine. Avis aux amateurs.

Nous avons pris comme point de départ de notre recherche la
création en 1968
du groupe le plus influent de promotion de l'avortement aux États-Unis –
le
National Abortion Rights Action League (NARAL). Deux de ses créateurs sont
justement d'origine sioniste : Bernard Nathanson et Bettie Friedan. Ces
deux derniers ont créé le NARAL avec l'écrivain
Larry Lader.

C'est en réalité l'activité d'écrivain
de Larry Lader qui nous a été la plus
utile pour remonter aux sources du mouvement international en faveur
du “contrôle des naissances”. En effet, Larry Lader explique
dans un
interview réalisée en 1991 (disponbile sur internet :
http://www.publiceye.org/body_politic/mag/back/art/0109pg15.htm) que
l'origine de son combat remonte à la biographie qu'il a écrite
dans les
années 50 de la militante eugéniste américaine,
Margareth Sanger, qui lutta
dès le début du siècle aux USA pour le “droit
à l'avortement” et au
contrôle des naissances.  Ce fait nous a amené à
nous intéresser à Madame
Sanger. On a souvent fait des rapprochements rapides et malheureux entre la
pensée eugéniste de Margareth Sanger et la politique
eugéniste du IIIe
Reich mais les archives ont démontré que la militante
féministe américaine
d'origine irlandaise confessait publiquement une complète
désapprobation de
la politique national-socialiste :

« Toutes les nouvelles d'Allemagne sont tristes et horribles, et pour moi
plus dangereuses qu'aucune guerre ayant lieu où que ce soit, car il y a
tant de gens bons qui applaudissent ces atrocités et disent que c'est bien.
L'antagonisme soudain en Allemagne contre les juifs et la haine profonde
contre eux se répand de manière cachée ici et est
plus dangereuse que la
politique agressive du Japon en Mandchourie… »

(Sur la relation entre M. Sanger et le national-socialisme, voir
http://www.nyu.edu/projects/sanger/secure/newsletter/articles/sanger-hitler_equation.html)

Quoi qu'il en soit, malgré cette aversion pour le IIIe Reich, la militante
eugéniste est aujourd'hui difficilement citable par les dirigeants des
centres de planning familial ; en raison justement de son idéologie
ambiguë
où transparaît manifestement un eugénisme radical
très en vogue aux
Etats-Unis dans l'entre-deux-guerres mais aujourd'hui largement occulté  :

“Aucune femme et aucun homme n'aura le droit de devenir parents sans un
permis de parentÃ©â€ť (1934)

“Toutes les misères de ce monde sont imputables au fait que l'on
permet aux
irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire sans que
nous ayons la moindre maîtrise sur leur
fécondité.”, cité dans «
Margaret
Sanger, father of modern society » par Elasah Drogin, New Hope, KY,
U.S.A.1985.

Malgré  une certaine  proximité indéniable avec
l'eugénisme
national-socialiste, il fut évident dès le départ
que les relations ne
pourraient être amicales entre Hitler et M. Sanger dont tous les ouvrages,
avec ceux de Freud, furent rapidement mis à l'index en Allemagne. La raison
de cet étrange ostracisme doit être trouvée dans
l'origine israélite d'une
grande partie des cadres du mouvement de Madame Sanger. En effet, même si
M. Sanger n'était pas juive,  un grand nombre de  collaboratrices de
l'American Birth Control Movment étaient des femmes d'origine juive. Il
faut lire à ce sujet l'excellent article de Rebecca Davis sur le site du
Jewish Women's Archive pour se rendre compte que les femmes d'origine juive
intégriste ont été à la pointe du
combat en faveur de l'avortement aux
Etats-Unis dès le début du  XXe siècle. Citons parmi 
les militantes
connues  : Emma Goldman, Rose Pastor Stokes ou Gertrude Weil. Le cas de
Gertrude Weil est emblématique. La jeune femme, nous dit Rebecca Davis, est
de tous les combats : active dans un grand nombre d'organisations
féministes, interraciales ou sionistes, Gertrude Weil originaire de
Goldsboro, Caroline du Nord, va rejoindre le Birth control movement comme
lobbyiste et soutiendra financièrement le mouvement de Margareth Sanger.

Animées par un “zèle incroyable”, ces femmes
sionistes se rassemblent dans
diverses organisations féministes dont le National Council of Jewish Women
(créé en 1893) qui sera pionnier dans le financement de
cliniques de
contrôle des naissances. Ainsi, on retrouvera un grand nombre de ces femmes
comme directrices ou membres du Staff du Birth Control Clinical Research
Bureau (BCCRB), appelé plus tard The Margaret Sanger Bureau, qui ouvre ses
portes à New-York en 1923. Dans cette clinique, douze docteurs travaillent
à mi-temps, aidés de travailleurs sociaux, d'administrateurs ou
de
volontaires désintéressés. Lena Levine, fille
d'immigrants juifs de
Vilnius, Lituanie, est directrice de cette clinique new-yorkaise pendant
plusieurs années. Elle aidera encore M. Sanger à fonder en 1948
le PLANNING
FAMILIAL aux USA. Lena Levine a écrit de nombreux ouvrages de
référence en
matière de sexualité qui sont autant de pavés contre
la morale “pudibonde”
protestante imprégnant la société
américaine. Deux des premières
assistantes de M. Sanger, Anna Lifschiz et Fania Mindell étaient des juives
intégristes originaires d'Europe de l'Est. Fania Mindell a aidé
M. Sanger à
établir la “Brownsville clinic” à Brooklyn. Il
faut également citer les
doctoresses sionistes qui ont dirigé des cliniques de contrôle
de naissance
à travers le pays : Rachelle Slobodinsky Yarros à Chicago,
Bessie Moses à
Baltimore, Sarah Marcus à Cleveland, Nadina Rinstein Kavinoky à
Los
Angeles. Toutes ces femmes ont contribué, dans un univers
médical largement
dominé par les hommes, à donner à la femme la place
qui lui était dûe
(Source :
http://jwa.org/encyclopedia/article/american-birth-control-movement).

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