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La grande pauvreté gagne du terrain en France

Von: News (ben1245_111@hotmail.fr) [Profil]
Datum: 05.11.2009 17:48
Message-ID: <f684daf5-151b-46db-93ec-a18cbbd43779@p35g2000yqh.googlegroups.com>
Newsgroup: fr.soc.economie fr.soc.politique
Le Secours catholique hausse le ton. L'association publie son rapport
annuel sur la situation des milliers de personnes qu'elle a aidées en
2008. Après deux années plutôt encourageantes, au cours desquelles le
s
enquêteurs ont observé une légère baisse de la pauvreté,
les chif
fres
2008 révèlent un retournement de tendance. Le nombre de personnes
venues trouver refuge au Secours catholique l'année dernière a
augmenté de 2,3 % par rapport à 2007. Au total, 1.400.000 de
personnes. "Alors qu'un seul trimestre de la crise est comptabilisé
dans cette enquête", soupire Bernard Schrick, directeur de l'action
France du Secours catholique.

Les perspectives sont donc préoccupantes. "Sans surprise, ce sont les
plus jeunes et les plus âgés qui souffrent le plus de la situation
économique", explique Bernard Schrik. "Pour les jeunes, ça n'a
rien
d'un scoop", ironise-t-il. En revanche, "les seniors sont de plus en
plus touchés par des plans sociaux", raconte le cadre de
l'association. Les plus de 50 ans représentaient 7,9 % de la
fréquentation du Secours catholique en 1999 contre 12,4 % en 2008. Et
leur situation a évolué. Les nouveaux retraités doivent
désormais
subvenir non seulement aux besoins de leurs enfants, dont les études
s'allongent, mais aussi à ceux de leurs propres parents, qui vivent de
plus en plus vieux et doivent être souvent accueillis dans des
structures spécifiques... et coûteuses.

Mais l'enquête du Secours catholique révèle un autre
élément
préoccupant : les femmes sont de plus en plus victimes de la pauvreté.
"Ce n'est pas nouveau", explique Bernard Schrik. "Mais la tendance
s'accélère", constate-t-il. Les chiffres le prouvent : sur
l'année
2008, les femmes représentent 54,4 % des personnes accueillies par
l'association, alors qu'elles n'étaient que 51 % en 1999. Parmi elles,
90 % vivent en dessous du seuil de pauvreté (900 euros par personne).
Et leurs situations sont d'autant plus critiques que six femmes sur
dix accueillies par l'association vivent seules, avec ou sans enfant.
Un isolement qui les rend d'autant plus vulnérables. "Bien souvent,
elles n'osent même plus démarcher les institutions pour avoir des
aides", explique Bernard Schrik. "On a tellement stigmatisé
l'assistanat", déplore-t-il avant de poursuivre : "Aujourd'hui, les
gens craignent de tomber dans l'aide sociale, ils trouvent que c'est
infâmant." Le marché au noir plus valorisant que l'aide sociale ?
C'est ce qu'assure Bernard Schrik, pour qui le "facteur psychologique
est au moins aussi important que la réalité économique" dans des
situations de grande pauvreté. Un discours peu politiquement correct
que le Secours catholique assume. "Il faut sensibiliser l'opinion
publique", explique Bernard Schrik, qui ne se fait toutefois pas
d'illusion : "On est écoutés, pas sûr qu'on soit entendus."


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