Microcrédit, commerce équ itable et développement durable, instruments au service de l?ordre établi.
Von: fff, http://alteferians.blogspot.com/ (news@alteferians.org) [Profil]
Datum: 30.10.2009 17:56
Message-ID: <m38wes4y86.fsf@alteferians.org>
Newsgroup: fr.soc.economie
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24 octobre 2009 Microcrédit, commerce équitable et développement durable, in struments au service de l’ordre établi Mohamed BELAALI Il n’est pas un jour qui passe sans entendre les hommes politiques, les institutions internationales, les économistes, les dirigeants d ’entreprises, les ONG, les grands médias etc. vanter les mà ©rites du microcrédit, du commerce équitable et du dévelop pement durable. De quoi s’agit-il ? Selon les tenants de ce paradig me, il s’agit de lutter contre la pauvreté, de rémunà ©rer équitablement le producteur et de préserver les besoins de s générations présentes et à venir. Mais en réalit é, il ne s’agit là que d’un maquillage idéol ogique pour mieux masquer et perpétuer la brutalité des rapports sociaux de production de la société capitaliste. Pour Jacques Attali, symbole vivant de l’opportunisme et du cynisme , ancien conseiller de Mitterrand et ami de Sarkozy, la lutte contre la pau vreté passe par le microcrédit. Attali le riche veut ainsi aider les pauvres ! Il fonde alors PlaNet Finance, une ONG internationale aux ram ifications multiples et obscures, soutenue par une kyrielle de patrons et d ’hommes politiques. Dans son conseil d’administration on tr ouve pêle-mêle Henri Lachmann Président du Conseil de Survei llance de Schneider Electric, Anne-Claire Taittinger Ancienne Présiden te du Directoire du Groupe Taittinger, Bertrand Lavayssière Directeur Général de Global Financial Services ( Capgemini), Bernard Kouchn er, Rachida Dati etc. Et comme présidents d’honneurs de ce gro upe à but non lucratif, on peut citer Muhammad Yunus, Edouard Balladur , Thierry Breton, Michel Rocard etc. PlaNet Finance reçoit l’a ide de multiples fondations dont celle de Bill Gates. Jacques Attali, avec tout ces bourgeois derrière lui, peut « rà ©soudre le problème de la pauvreté en généralisant la microfinance aux 500 millions d’entrepreneurs qui n’ont pa s accès au crédit ». Pour éradiquer la misère, il faut transformer les pauvres en entrepreneurs, par la magie du microcrà ©dit. Banquiers, experts et conseillers en microcrédit sont envoyà ©s aux quatre coins de la planète pour accomplir cette noble mission . Mais ces études et ces conseils ne sont pas toujours prodigués gratuitement. Jacques Attali, en bon bourgeois, a réalisé en 1997 une lucrative étude sur le microcrédit pour le gouvernement ango lais qui lui a rapporté 200 000 dollars. Il faut préciser que Pie rre Falcone, poursuivi et condamné dans l’affaire Angolagate, n’est pas étranger à cette fameuse étude sur le micr ocrédit dans un pays en pleine guerre civile ! Jacques Attali est également président « d’Attali et Associés » célèbre et rentable cabinet de conseil inte rnational spécialisé dans l’ingénierie financiè re. Il est difficile de distinguer les deux structures. Car PlaNet Finance est, elle aussi, spécialisée dans le conseil aux fonds internatio naux de micro crédit et dans la notation des organismes de microcrà ©dit. On ne sait pas vraiment quand s’arrête le conseil paya nt et quand commence l’aide gratuite. Mais le pape du micro crédit reste quand même Muhammad Yunus prix Nobel de la paix. Sa Grameen Bank est, elle aussi, soutenue par les multin ationales comme Danone par exemple. L’engouement des grands groupes pour le microcrédit est réel. Car celui-ci est non seulement ren table, mais il est aussi et surtout au service du capital. Comme le prà ©cise Muhammad Yunus lui même « Le social-business est la pià ¨ce manquante du système capitaliste. Son introduction peut permettr e de sauver le système ». Il s’agit donc de sauver le cap italisme ! Comment ? En exploitant les pauvres, de plus en plus nombreux, p ar le biais du crédit et des taux d’intérêt éle vés. En effet ceux-ci varient entre 15 et 20 % et parfois beaucoup plu s. Ces taux sont donc supérieurs à ceux appliqués par les ba nques traditionnelles. A l’asservissement du pauvre au patron, sâ €™ajoute l’asservissement au banquier. Celui-ci n’hà ©site pas à pousser le pauvre, dans l’incapacité dâ €™honorer sa dette, à contracter de nouveaux emprunts pour rembour ser les premiers avec des taux encore plus élevés. L’expl oitation n’a pas de limites ! Sur-exploité et sur-endetté , le pauvre au lieu de devenir petit entrepreneur, devient plus pauvre enco re. Traqué par ses créanciers et ne pouvant plus rembourser, il v a utiliser le suicide comme ultime moyen de protestation. C’est ain si que des milliers de paysans indiens ont été poussés au su icide, entre autres, à cause du sur-endettement lié à des ta ux usuriers du microcrédit. Alors pour éviter ces cas extrêmes et pour améliorer le sort des producteurs pauvres des pays du sud, on leur propose le commerce à ©quitable. Il s’agit de rendre équitables les échanges internationaux, dans le cadre du capitalisme bien sûr. Comment ?  « En garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginal isés, tout particulièrement au Sud de la planète ». ONG caritatives et humanitaires, organismes de labellisation, grands groupes d e distribution et multinationales du Nord, dans un formidable élan de générosité, vont secourir les producteurs du Sud. Quelle à ©poque formidable ! Nestlé, MacDonald’s, Carrefour, Leclerc etc. dont la violence sociale exercée sur leurs propres salariés est assumée ouver tement, sont eux aussi solidaires des petits producteurs ! Mais derriè re cette « solidarité » se cache le profit. Pour les respons ables des magasins Leclerc « le commerce équitable ne constitue q u’un marché émergeant. Avec les volumes, les fournisseurs vont pouvoir écraser leurs coûts de production et nous pourrons ainsi augmenter nos marges ». « Le commerce équitable, câ €™est d’abord du commerce », rappelle Catherine Gomy direc trice qualité et développement durable chez Leclerc avant d†™ajouter « On paie plus cher la matière première mais, pou r nous, la marge est la même. C’est le consommateur qui paie l a différence ». Les grands groupes exploitent ainsi les sentiments altruistes des consommat eurs pour s’engraisser un peu plus. Le commerce équitable leur permet également de redorer leur blason bien terni par la brutalità © des rapports sociaux qu’ils entretiennent avec leurs employà ©s. Et le producteur du Sud que ces multinationales, ONG et autres organismes c aritatives ou humanitaires du Nord veulent, vaille que vaille, aider que ga gne-t-il dans ce commerce de l’équitable ? Pas grand-chose. Il doit se contenter de quelques miettes et supporter de surcroît toute une série de frais imposés par une horde d’intermédi aires parasites qui, comme des vampires, lui pompent ses maigres ressources . Au final, on arrive à cette étrange situation où « ce ux qui travaillent ne gagnent pas et que ceux qui gagnent ne travaillent pa s » (7). Mais pour continuer à s’enrichir et pour perpétuer son sy stème, la bourgeoisie exploite également et sans retenue la mis ère humaine et la misère écologique. Elle a inventé le concept du développement durable ou soutenable pour justement soutenir et faire durer son propre système, le capitalisme, premier et dernier responsable de la destruction de l’homme et de la nature : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des génératio ns futures à répondre aux leurs ». Grâce à sa puissance économique, elle impose sa vision socia le et écologique du monde : faire du profit tout en faisant croire qu ’elle travaille à la sauvegarde des intérêts des g énérations actuelles et futures. Là encore les entreprises, petites et grandes, les gouvernements, les collectivités locales, les ONG, l’Union Européenne, l’ONU et ses institutions etc . tentent, chaque jour qui passe, de nous convaincre que la lutte contre la pauvreté et le salut de notre planète passent par le dévelo ppement durable. Séminaires, colloques, conférences, rencontres i nternationales, forums, expositions, bref des manifestations en tout genre et en tout lieu se multiplient à travers la planète pour promouvo ir le développement durable. Le Conseil mondial des entreprises pour l e développement durable (WBCSD) qui regroupe 175 entreprises internati onales participe lui aussi au « développement durable par la croi ssance économique, l’équilibre écologique et le prog rès social ». Global 100, un cabinet américain de conseil en investissement spécialisé dans la gestion des risques non tradit ionnels, sélectionne et classe les 100 multinationales les plus engag ées dans le développement durable. Il publie un rapport à l ’occasion du forum économique mondial de Davos. Toute cette agitation n’a qu’un seul but, masquer l†™horrible réalité d’un système dont les lois et le s mécanismes sont en profonde contradiction avec l’homme et so n environnement. Et pendant que l’on s’agite autour du dà ©veloppement durable, plus d’un milliard d’êtres hum ains selon la FAO souffrent de la faim alors même que la production de s richesses atteint des niveaux jamais égalés dans l’hist oire de l’humanité. La finance globalisée spécule su r le blé, le riz, le maïs et autres denrées de première nécessité transformées en produits financiers permettant au x spéculateurs parasites de s’engraisser toujours plus. Les gr ands groupes industriels et bancaires distribuent sans scrupules dividendes et bonus par dizaines, par centaines de milliards d’euros à l eurs actionnaires et « collaborateurs » tout en continuant à licencier par milliers leurs salariés. Le saccage de la nature et sa destruction systématique par les multinationales avides de profit et q ui participent en même temps avec enthousiasme à la promotion du développement durable, se poursuivent inlassablement. Microcrédit, commerce équitable et développement durable ne sont pour le système que des instruments qui lui facilitent grandement la réalisation de son seul et unique but, le profit. Ils lui permette nt également de se perpétuer en le présentant paré de t outes les vertus : un capitalisme à visage humain ! Il ne s’ag it en fait que d’un vulgaire maquillage sur un visage hideux, un ma sque derrière lequel se cache toute la laideur et toute la brutalità © du capitalisme. Mohamed Belaali[ Auf dieses Posting antworten ]
