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[TV] « Se libérer de l'alcool » - France2 Ma rdi 29 septembre à 20:35

Von: Onésime (onésime@sansbouillir.com) [Profil]
Datum: 13.09.2009 14:31
Message-ID: <h8ionl$s4o$1@news.eternal-september.org>
Followup-to: fr.soc.alcoolisme
Newsgroup: fr.soc.alcoolisme fr.sci.psychologie fr.sci.psychanalyse fr.bio.medecine
http://www.coulisses-tv.fr/modules.php?name=News&file=article&sids78

Mardi 29 septembre à 20:35, Elise Lucet présentera sur France 2 une
émission
spéciale consacrée à l'alcoolisme : « Se libérer de
l'alcool ».

L'alcoolisme affecte la vie de plus du quart des familles françaises. Chaque
année, près de 45 000 personnes meurent des suites de l'alcool et environ 5
millions souffrent des troubles dus à une consommation excessive : carrières
détruites, familles brisées, santé.

Ceux qui veulent cesser de boire, ou diminuer leur consommation d'alcool, se
sentent piégés, impuissants et dépendants. Totalement
enchaînés à leur
bouteille.

Alors comment vaincre cette pulsion insatiable et destructrice ? Tout n'est
pas qu'une question de volonté car être alcoolique aujourd'hui est reconnu
comme une véritable maladie.

Et comment vaincre la dépendance ?
Ce magazine va d'abord s'intéresser aux méthodes classiques. La course
à
l'abstinence est longue et difficile : cures de désintoxication, rechutes,
médicaments, psychothérapies diverses. Les chiffres sont éloquents :
80 %
des malades alcooliques rechutent au cours de la première année. Les
patients souffrent et les médecins tâtonnent.
Mais il y a un an, coup de tonnerre dans le monde de l'alcoologie : un
médecin français raconte comment il a guéri son propre alcoolisme
grâce à un
médicament connu pour une autre indication.

Utopie ou vraie révolution ?
Aujourd'hui la recherche médicale avance, remettant en cause des années de
certitudes sur le traitement de la maladie alcoolique. Une révolution se
dessine sur la manière de concevoir la maladie de la dépendance et donc sur
la manière de la soigner. Ainsi nous ne serions pas tous égaux face à
la
dépendance et en sortir ne serait pas qu'une question de volonté.
L'exploration des mystères du cerveau et des circuits neuronaux ouvre
aujourd'hui de nouvelles portes et suscite de nouveaux espoirs pour venir à
bout de la maladie alcoolique.

Autour d'Elise Lucet, des artistes, des célébrités, des anonymes et
des
médecins lèveront le voile sur ce combat contre la dépendance. Nous
suivrons
la lutte au quotidien de quatre témoins engagés dans leur chemin pour se
libérer, chacun à leur manière, de l'alcool. Nous ferons
également le point
avec des chercheurs qui, pour la première fois, entrevoient l'avenir avec
optimisme.

Invités plateau : Hervé Chabalier. Docteur Philippe Batel, psychiatre,
alcoologue.


Interview Elise Lucet

Pour quelles raisons une émission sur l'alcoolisme ? Pourquoi maintenant ?
Pour deux raisons. Parce qu'aujourd'hui, de nouvelles pistes de soins se
découvrent, grâce au travail de la recherche. Parce que le film très
émouvant, Le dernier pour la route, adapté du livre d'Hervé Chabalier
(Robert Laffont), sort le 23 septembre. Cette ouvre va remettre l'alcoolisme
au centre des débats. Comme Chabalier y parle de la réussite de sa cure de
désintoxication, on discutera sur le plateau où il sera présent de la
possibilité de ce type de traitement. Dans ce magazine, on souhaite insister
sur le fait que l'alcoolisme est une maladie et qu'il existe des remèdes
pour bloquer l'envie d'alcool.

Quels sont les futurs médicaments dont vous parlerez ?
On est parti de l'expérience du docteur Ameisen, brillant médecin, ancien
alcoolique, lequel a tout essayé pour arrêter de boire, sans y parvenir,
jusqu'au jour où il a pris un myorelaxant, un décontractant musculaire, qui
n'était nullement présumé avoir une action sur la dépendance
à l'alcool. Le
docteur Ameisen a multiplié par dix les doses prescrites habituellement. Non
seulement il est parvenu à arrêter de boire à outrance mais il peut,
dorénavant, prendre un verre de temps en temps, sans se contraindre à une
abstinence totale.

Et sans qu'il y ait de rechute ?
Jusque-là il arrivait à cet état que l'on appelle aux
États-unis le
craving - on cherche un terme approprié en français -, le besoin ou
plutôt l'envie
irrépressible de boire. Le médicament l'en a libéré. Ameisen a
jeté un pavé
dans la mare de tous les alcoologues en racontant son expérience : « Mais
enfin ça marche sur moi ! Expérimentez-le ! » Depuis, des tests sur ce
médicament, ainsi que sur d'autres, ont été lancés.

Sans toutefois amoindrir l'effet des cures ?
La molécule, le baclofène, ne fonctionne pas sur tout le monde. Le message
que je désire faire passer est que, s'il n'existe pas aujourd'hui de recette
miracle, de nouvelles pistes s'ouvrent pour soigner cette maladie.

Sur quoi reposent les nouveaux remèdes ?
Partant du fait que les alcooliques souffrent de problèmes neurologiques,
les recherches sont aujourd'hui axées sur les récepteurs neurologiques.
Leurs avancées, importantes aujourd'hui, permettront peut-être demain de
soigner de nombreuses addictions outre celle à l'alcool.

Qui s'appuient sur l'analyse de la dépendance alcoolique.
Grosso modo, on différencie deux catégories de personnes alcooliques. En
premier lieu, celles qui naissent avec une déficience génétique -
c'est-à-dire
avec des capteurs neurologiques qui ne fonctionnent pas normalement -,
laquelle les rend plus sensibles à l'alcoolisme. En second lieu, il y a
celles qui boivent normalement, comme vous et moi, mais qui, suite à un
accident de la vie, n'arrivent plus à gérer leur consommation d'alcool. Un
vrai problème puisque les chercheurs ont découvert qu'une fois une certaine
dose dépassée, on ne peut plus revenir en arrière. Pour cette raison,
les
alcooliques anonymes, même abstinents depuis x années, se définissent
non
pas comme des anciens alcooliques mais comme des alcooliques tout court.
Lorsqu'ils ont dépassé un seuil précis, les connections de leur
cerveau ne s'tablissent - et ne s'établiront - plus normalement ; leur cerveau ne
redeviendra jamais celui d'un non alcoolique. La recherche tente de trouver
le médicament qui permette au cerveau de fonctionner de nouveau normalement.

Il y a plusieurs traitements en vue. Où se situe, dans toutes ces approches,
le docteur Olivier Ameisen ?
Il se trouve qu'il est médecin mais c'est avant tout une espèce de
chevalier, de militant. Il est parti en disant : « Ce n'est pas possible,
trop de gens souffrent, il faut les aider. J'ai trouvé un médicament.
Travaillez à partir de ça ! ». Il ne prétend pas
posséder le remède miracle,
puisqu'il peut fonctionner sur les uns mais pas sur les autres. Seulement,
il ouvre la porte à une autre approche du traitement de l'alcoolisme. Nous
tâcherons dans l'émission, en interviewant d'autres chercheurs et
spécialistes, comme le professeur Philippe Batel, de montrer les nouveaux
remèdes envisagés.

Le docteur Ameisen sera-t-il présent sur votre plateau ?
Comme il part à l'étranger pour assurer la promotion de son livre (Le
dernier verre, Denoël, ndlr), je l'interviewe longuement avant. Pendant cinq
mois, nous avons aussi suivi quatre personnes, malades alcooliques. Trois
ont décidé de se soigner en prenant la même molécule que le
docteur Ameisen
(le baclofène, ndlr) et la quatrième a entrepris une cure. Les cinq mois
permettent d'observer l'influence - ou non - du médicament sur la maladie et
l'évolution de chaque patient. On les a interviewés
régulièrement pour
rendre compte du combat qu'ils mènent. Leurs témoignages seront
diffusés
tout au long de l'émission.

Ces personnes seront-elles présentes sur le plateau ?
A priori non. En revanche, il y aura de nombreux médecins alcoologues, des
anciens malades alcooliques, des malades. Notre but - et c'est la raison d'être
de l'émission - est d'apporter le plus d'informations possibles aux malades
et à leurs proches afin de les aider à lutter contre l'alcoolisme. On
discutera donc de l'utilité de faire une cure, des défauts de ce type de
soin, de l'intérêt de trouver de nouveaux médicaments et de les
expérimenter. Le docteur Ameisen peste sur le fait qu'aucun test véritable
n'existe
pour certifier l'efficacité du baclofène sur les malades alcooliques. Comme
il s'agit d'un médicament générique et que la molécule existe
déjà, cela
signifie que les laboratoires n'ont rien à y gagner.

Est-ce pour cela que rien n'est fait ?
Les grands médecins addictologues aux Etats-Unis ou en France affirment que
les médicaments proposés aujourd'hui sont comme une « béquille
sur une jambe
de bois ». Qu'ils vont mettre au point des remèdes beaucoup plus efficaces
et avec beaucoup moins d'effets secondaires. Que l'on est au tout début des
traitements. Parallèlement, le docteur Ameisen se bat pour que les médecins
alcoologues aient le droit de prescrire aux malades alcooliques le
myorelaxant puisque celui-ci, ayant été conçu pour soigner une autre
maladie, ne peut être ordonné légalement. En attendant de disposer des
autres molécules formidables qui doivent arriver un jour pour traiter l'alcoolisme,
il préconise de donner une autorisation de mise sur le marché.

Pourtant, il existe des maladies pour lesquelles on prescrit des médicaments
qui ne sont pas censés en premier lieu les soigner.
Mais, dans ces cas-là, et c'est la condition sine qua non pour que le
médecin puisse l'administrer légalement, une deuxième autorisation de
mise
sur le marché est demandée et la notice doit clairement stipuler que le
médicament soigne aussi telle maladie.

Si le baclofène marche sur le docteur Ameisen, pourquoi ne pas faire un
protocole ?
Un protocole est en route, suivi par le docteur Beaurepaire. Mais, selon
Ameisen, il est testé à des doses insuffisantes, bien en deçà
des quantités
qu'il a prises. Il croit davantage aux tests effectués aux Etats-Unis. On ne
va pas entrer dans toutes ces polémiques même si, bien entendu, on en
parlera. Notre propos est de dire qu'il y a un nouvel espoir, de nouvelles
molécules sur lesquelles les chercheurs travaillent.

Au-delà du traitement, ce qui frappe aussi, c'est que l'on reconnaît enfin
l'alcoolisme
comme une maladie.
Le docteur Ameisen et tous les spécialistes que l'on reçoit tiennent
beaucoup à ce point : l'alcoolisme est une maladie. Les alcooliques sont des
gens malades qui souffrent d'une déficience au niveau des
neurotransmetteurs, c'est établi scientifiquement. Cette déficience fait
qu'à
un moment donné, ils ne peuvent avoir une attitude normale vis-à-vis de
l'alcool.

On a l'impression que c'est très récemment que la perception de l'alcool a
changé, depuis notamment le livre d'Hervé Chabalier.
Je ne sais pas pourquoi un témoignage touche plus qu'un autre. Peut-être
parce que quelqu'un comme Hervé est capable de développer un discours
très
touchant auquel les gens s'identifie. Tout à coup, grâce à lui,
l'alcoolique
n'est pas cette espèce de vieille loque caricaturale, mais un être comme
vous et moi, qui bosse, qui a une famille et qui se trouve confronté à ce
problème. Hervé a contribué à modifier le jugement très
moral et
dévalorisant que les gens portaient sur les alcooliques.

Changer la perception des gens requiert encore du travail.
C'est justement notre travail à nous, service public, d'informer sur les
nouveaux traitements, sur les recherches en cours et d'aider à ce que les
regards évoluent. Il s'agit de montrer que l'on ne plonge pas
délibérément
dans l'alcool. Que l'alcoolisme est une maladie. Qu'il faut plus que de la
volonté pour arrêter.

Propos recueillis par Mona Guerre, France 2


fu2 fr.soc.alcoolisme


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