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identité natinale (long) aspect juridique chapitre III §7

Von: UBUjean-jacques viala (jejviala@free.fr) [Profil]
Datum: 04.11.2009 18:39
Message-ID: <hmb3f599r7dcsd1m46tejvr5ibuiuko1dl@4ax.com>
Newsgroup: fr.misc.droit
- L’IDENTITE NATIONALE, UNE ASPIRATION UNIVERSELLE


Quand on se donne la peine d’articuler contre le Front National un grief
dépassant le niveau des mensonges, des invectives, ou tout simplement
des étiquetages convenus, on lui reproche son nationalisme.
"Le nationalisme c’est la guerre" s’est écrié François
Mitterrand lors
d’un discours non dépourvu de talent qui résonnait comme son chant
funèbre dans l’hémicycle du Parlement Européen. Ce disant il feignait
d’oublier que l’on avait beaucoup plus fait la guerre à l’époque moderne
au nom de l’internationalisme qu’au nom du nationalisme.


"Le nationalisme, c’est dépassé" diront d’autres en arguant,
à tort ou à
raison, et souvent de façon exagérée, du caractère de plus en
plus
planétaire de certains problèmes.
Faisons d’abord litière de cette dernière affirmation : le nationalisme
est-il dépassé ? Si l’on se borne à l’observation des faits, l’on
doit
constater qu’en dépit de toutes les tentatives d’organisation
internationale, heureuses ou malheureuses, le XXème siècle a
été celui
de la revendication nationale, et de la  satisfaction qu’elle a trouvée.

Il n’existait au XIXème siècle qu’une trentaine d’états reconnus sur
la
scène internationale, dont pratiquement la moitié issus du
démembrement
de l’empire espagnol des Amériques.

Il en existe aujourd’hui plus de deux cents, et le nombre s’en est accru
au cours des dernières années.

Les évolutions politiques de la fin de ce siècle l’ont montré :
dès lors
que le poing de la dictature implacable du communisme s’est relâché, les
Fédérations artificielles qui tenaient les peuples prisonniers, et
qu’admiraient tant les actuels contempteurs du Mouvement National, ont
explosé.

L’Union Soviétique a disparu, union forcée aujourd’hui enfouie dans les
poubelles de l’Histoire que Lénine promettait aux adversaires du
communisme, et quinze nations ont repris leur liberté dans le cadre de
quinze Etats désormais indépendants. La Fédération Yougoslave,
autre
objet d’admiration de nos gauchistes de salon à l’époque de Tito,
n’existe plus : les Croates, les Slovènes, les Bosniaques musulmans et
les Macédoniens se sont séparés des Serbes comme les Slovaques se
sont
séparés des Tchèques, et comme les Québécois se
seraient séparés du
Canada britannique s’ils n’avaient été battus lors du referendum sur
l’indépendance,  grâce à la marge étroite mais décisive
qu’a constitué
dans leur pays la démographie d’origine étrangère. Ils ont
été privés
d’indépendance par l’immigration et la dénatalité, eux qui n’avaient
du
leur survie qu’à la bataille des berceaux.

Inversement, une nation comme l’Allemagne, longtemps écartelée par le
communisme, et divisée en deux Etats, s’est réunifiée sitôt
l’effondrement du mur de béton, de barbelés et de mort édifié
pour la
diviser. Et alors que l’on balbutie depuis des décennies pour tenter de
rapprocher dans l’Union Européenne des nations aux systèmes
économiques
et sociaux comparables, mais culturellement différentes, il n’a fallu
qu’une année pour que se recollent les deux morceaux de l’Allemagne,
séparés en toutes choses pendant un demi-siècle.

Si donc tant de peuples aspirent à se constituer en nations, et si
presque chaque nation réclame pour cadre la protection d’un Etat, sous
des latitudes et dans des conditions de développement les plus diverses,
c’est donc qu’il doit bien y avoir dans cette aspiration quelque élément
inhérent à la nature humaine.

Notre sentiment national n’est donc pas dépassé, il est moderne. Il
n’est pas d’avantage belliqueux, il est pacifique. Que les choses soient
claires là aussi : notre nationalisme n’est pas le nationalisme
révolutionnaire. Il ne procède pas de l’idolâtrie d’une entité
collective, aussi condamnable que le serait n’importe quelle autre
idolâtrie : d’idéologie, de classe sociale, de race, de nation ou
d’Etat. Il n’est pas d’essence totalitaire. Il reconnaît l’existence,
par-delà la nation, de valeurs supérieures, et en deçà d’elle,
de corps
intermédiaires.

Si les dirigeants du Front National avaient la conviction, vérifiée par
l’expérience, que la nation est un concept archaïque et dépassé,
ou
pire, qu’elle fait obstacle au développement de la personne humaine, à
sa sécurité, à son épanouissement, ou à l’harmonie de
la société, alors
ils ne seraient pas les derniers à remiser la nation dans le tiroir de
la commode vermoulue où l’on entasse avec nostalgie les souvenirs jaunis
des affections passées.

Mais l’expérience passée et l’expérience présente enseignent
exactement
le contraire : à savoir que la nation est et demeure un concept adapté,
plus que jamais, aux conditions de la vie moderne.

Petite ou grande, la nation est le cadre le plus large à l’intérieur
duquel il est possible aux personnes de participer effectivement au
mouvement de la société, aux décisions qui les concernent, de
connaître
ceux qui les gouvernent, et, éventuellement, dans le cadre d’un système
qui le leur permette, de les choisir et de les révoquer. Elle est le
cadre le plus large, mais qui reste à taille humaine, d’une solidarité
qui s’établit, selon les cas, sur la base d’une communauté de
volonté,
ou de culture, ou de langue, ou d’ethnie, ou de religion, ou la plupart
du temps de plusieurs de ces éléments confondus selon une alchimie
mystérieuse qui varie précisément avec chacune d’entre elles.

À ce titre le Danemark et l’Irlande, le Luxembourg ou le Lichtenstein
sont des nations qui ont part à la diversité du monde et, croyons-nous,
aux plans de la Providence tout autant que la Chine, la Russie ou les
Etats-Unis d’Amérique.

On répète que les dirigeants et les militants du Mouvement National
porteraient des oeillères ; celles précisément de leur nationalisme,
forme d’un égocentrisme exacerbé et dominateur qui leur ferait haïr, ou
du moins méconnaître, tout ce qui est étranger.

Rien n’est plus faux.

Au contraire, parce qu’ils sont attachés à la défense de
l’identité
nationale française, les dirigeants et les militants du Front National
comprennent d’instinct que d’autres, sous d’autres latitudes, soient
aussi attachés à la défense de leurs identités nationales. Et
il ne
manque pas chez eux de connaisseurs ou d’amis de ces autres cultures.
Mais ne se croyant obligés à aucun des masochismes que l’on nous
assène
régulièrement, c’est de façon résolue qu’ils affirment la
singularité de
la leur et qu’ils entendent la défendre.




II. RETROUVER NOTRE IDENTITE  FRANCAISE.

La planétisation qui résulte de la prodigieuse augmentation des moyens
de communication terrestres, maritimes, aériens, et surtout dans le
domaine de l’information, met en relation les peuples, les cultures, les
flux économiques et financiers, les événements. Se fondant sur cette
indiscutable réalité, certains prédisent la fin des nations, qui
cependant n’ont jamais été plus nécessaires à la conservation
des
identités, des libertés, à la protection des peuples et des
personnes.
Et comme ces nations résistent, on veut les détruire par
l’asservissement politique, la submersion migratoire, la dénatalité
planifiée, la culpabilisation systématique, la démoralisation
permanente.

Parmi les adversaires de la cause nationale, il en est même qui
contestent jusqu’à l’existence de cette identité, dans ce qu’elle a de
spirituel et de charnel, et la réduisent, au mieux, à une vague
adhésion
idéologique. D’autres au contraires, incorrigibles naïfs, la
considèrent
comme tellement évidente qu’ils ne voient pas -ou ne veulent pas voir-
qu’elle est niée, ou menacée : pour ces derniers, le combat des
nationaux est importun, gênant, puisqu’il n’y a pas péril en la demeure.

Un bon exemple de la première attitude nous fut fourni par un numero  de
la revue Globe et de son manifeste signé de M. Benamou, je crois, et de
M. Bernard-Henri Lévy : « bien sûr », écrivaient-ils,
« tout ce qui est
terroir, béret, bourrée, biniou, bref franchouillard ou cocardier nous
est étranger, voire odieux ». Et le fond du problème, en effet, c’est
que pour les nationaux, tout ce qui est terroir, béret, bourrée, biniou,
bref français et national, n’est ni étranger ni odieux, mais au
contraire familier et attachant. Sous la plume du même auteur, dans son
livre intitulé « L’idéologie française », on trouve cette
phrase : «qu’y
a-t-il de plus imbécile, de plus bêtement obscurantiste qu’un
nationaliste qui dans les oeuvres de l’esprit, dans un livre ou dans une
toile, s’attache à retrouver la trace d’un hypothétique génie
français?». Hypothétique génie français, comme si le
fait de reconnaître
un certain nombre de valeurs universelles empêchait d’aimer leur
incarnation concrète. Figurez-vous qu’il a trouvé plus bête, plus
imbécile qu’un tel nationaliste : « c’est un régionaliste qui dans les
mêmes oeuvres de l’esprit, dans les mêmes livres ou dans la même toile
ne hume plus que les parfums de Lorraine, des grasses terres de Beauce
ou des embruns bretons ». Eh bien les nationaux que nous sommes avouent
être de ceux qui aiment parfois retrouver jusque dans les oeuvres de
l’esprit un peu des parfums de Lorraine, des grasses terres de Beauce ou
des embruns bretons.



III LA SYNTHESE FRANCAISE

Considérant la France comme ce qu’elle est, attachés à ce qu’elle
fut,
et ne désespérant pas de ce qu’elle pourrait être, les nationaux
français ne récusent pas, tout au contraire, les valeurs universelles et
communes aux autres peuples énoncées plus haut : le Vrai, le Beau, le
Bien. Ils accepteraient volontiers d’y ajouter la Liberté, l’Egalité, la
Fraternité, si ces trois mots n’avaient été, à l’époque
révolutionnaire,
l’occasion de la première grande et sanglante imposture de l’histoire
moderne, la Liberté proclamée couvrant de son nom la plus impitoyable
tyrannie, l’Egalité masquant la corruption des nouveaux maîtres, et la
Fraternité la terreur sanglante. Oui à la liberté, si elle trouve des
traductions concrètes et si la revendication incessante des droits
n’occulte pas la reconnaissance des devoirs. Oui à l’égalité si elle
n’implique aucun nivèlement forcé des différences utiles au bien
commun
et fondées sur le mérite ou le talent. Oui à la fraternité si
elle ne se
réduit pas aux copinages inavouables, mais à la Fraternité
réelle, celle
qui existe entre ceux qui se reconnaissent frères parce qu’ils sont tous
du même Père.

Mais non, résolument NON, à cette conception purement idéologique de
notre Nation, réduite à l’adhésion à des notions abstraites
qui
pourraient d’ailleurs être partagées par tous les autres peuples du
monde. La France, soit dit en passant, ne se réduit pas non plus à la
République, même si bien sûr, l’histoire républicaine fait
partie de son
Histoire. Mais la France a existé  douze siècles avant la République
;
la France, ce n’est donc pas que cela.

1. Une réalité commandée par la géographie.

Il est à la civilisation française comme à toute autre des
caractères
particuliers, car les valeurs universelles, dont nous ne nions pas
l’existence,  s’incarnent en un espace et en un temps donnés.  D’abord
l’espace : La civilisation française est le produit d’une certaine
géographie, et cette géographie qui n’est pas indifférente : ces
limites
qui sont les nôtres sont en grande partie naturelles.

Si les rois ont fait la France  aux dépens de leurs voisins et au prix
de guerres nombreuses, la forme harmonieuse de la France, quelque
affreux que soit le nom d’hexagone qu’on lui donne aujourd’hui, porte à
l’indulgence pour ceux qui ont voulu avec ténacité réaliser ce
pré
carré. Limites naturelles et toujours habitées par notre peuple,
contrairement à d’autres aux frontières beaucoup plus mouvantes. Il en
va différemment, par exemple, des Turcs, que nous connaissons
aujourd’hui en Anatolie ou sur les rives du Bosphore, mais qu’on trouve
jusque dans le Sin-Kiang au nord-ouest de la Chine,  et dont  l’arrivée
dans les contrées qu’ils occupent aujourd’hui est relativement récente.
Même les Polonais, pour leur malheur, ont eu des frontières dont les
limites ont changé dans l’Histoire, de plusieurs centaines de
kilomètres, tandis que les nôtres sont encore à peu de choses
près
celles qui étaient déjà fixées au temps de la Gaule.

Pays peuplé dès avant les Gaulois par les plus anciennes et les plus
brillantes civilisations préhistoriques comme en témoignent par exemple
les grottes de Lascaux- Ce n’est pas pour rien que l’Homo sapiens a reçu
le nom d’Homme de Cro-Magnon, village de Dordogne sur les rives de la
Vézère.

2. Une réalité charnelle : il y a un peuple français.

Mais cette population, quelle en est l’ethnicité, physique, aussi bien
que culturelle?  Question rendue taboue par la police de la pensée.
Pourquoi cependant serions-nous le dernier peuple à ne pas avoir le
droit de s’affirmer tel qu’il est ? N’en déplaise à l’excellent M. M.
Albert Jacquard du MRAP et du Parti Communiste, et à tous autres qui
prétendent que les races humaines n’existent pas. Sans doute les races
humaines n’existent pas en ce sens qu’il n’y a pas de différence
ontologique entre les hommes, tous créatures de Dieu. Mais de là à
nier
l’importance des caractères ethniques ! Si l’on mélangeait cinquante
Vikings et cinquante Bantous, M. Jacquard lui-même, qui affirme que les
races humaines n’existent pas parce que, dit-il, l’on passe de l’une à
l’autre de façon absolument insensible, arriverait quand même bien à
dire qui habite la Suède et qui vient du Zaïre. Si la Suède
était
peuplée de Bantous, ce ne serait pas tout à fait la nation suédoise
telle que nous la connaissons, pas plus d’ailleurs que si le Congo était
peuplé de Vikings. Ce serait autre chose, ce seraient d’autres nations,
ce seraient d’autres cultures, peut-être d’ailleurs  également
attachantes, mais ce ne seraient pas les mêmes.

Les patriotes français, quant à eux osent encore constater que la Nation
française résulte principalement de la synthèse des Celtes, des
Latins
et des Germains.

Si la conquête de la Gaule par Rome a été brutale, le
conquérant a su
apporter aux peuples conquis les bienfaits d’une civilisation
supérieure: celle de Rome, et par la même celle d’Athènes, et c’est
pourquoi l’héritage gréco-latin est indissociable de notre civilisation
française. De ces apports, on  trouve, encore aujourd’hui, des traces
impressionnantes :  aqueducs,   ports,   routes,   ponts,   basiliques,
théâtres. Je pense à cette fameuse adresse de l’empereur Claude
gravée
dans le bronze et qu’on peut encore voir à Lyon, accordant aux Gaulois
la citoyenneté romaine et leur permettant d’accéder au sénat romain.
Je
pense à la jalousie ancienne entre Lyon et Vienne parce que, Vienne
étant fondée par des légionnaires vétérans, ses
habitants avaient de
droit la citoyenneté romaine alors que les Lyonnais l’ont acquise plus
tard et plus difficilement.

Et puis vint le désastre des invasions barbares ; et la nouvelle
alliance entre les gallo-romains et cette fois-ci un peuple germanique,
les Francs de Clovis.

A propos de Clovis beaucoup de gens font la fine bouche, et pratiquent
ici ce qu’ils récuseraient s’agissant d’autres cultures: porter des
jugements anachroniques, voir cette époque avec les yeux de la nôtre.
Clovis n’était certainement pas un enfant de choeur, mais sa première
démarche a été de se faire remettre par le basileus, l’Empereur
d’Orient, les insignes de Consul romain, et de s’intégrer par conséquent
dans une tradition.

Cette synthèse que réalise Clovis, est unique. Germains, Celtes, Latins:
la France est tout cela à la fois, mais rien de cela séparément.

A peine l’alliance entre les Francs et les Gallo-romains est-elle
consacrée qu’apparaît un mythe complètement oublié aujourd’hui
mais
d’une très grande importance au long du Moyen-Age et même au-delà. Il
n’y a d’ailleurs pas qu’en France que la recherche de l’unité nationale
transparaît dans l’émergence de mythes fondateurs, aujourd’hui plus ou
moins oubliés. Les Japonais eux-mêmes, par exemple, ont longtemps
affirmé sans vraiment y croire que leur Empire avait été
fondé, 660 ans
avant notre ère, par l’arrière-petit-fils de la déesse du soleil,
lui-même ancêtre de la lignée impériale «unique depuis une
myriade de
générations».

Comme il était gênant, au regard de leur légitimité, que les
Francs
fussent des envahisseurs, on suscita très tôt le mythe étonnant de
leur
origine troyenne: on prétendit qu’ils descendaient des Troyens fuyant
les Grecs, vaincus par eux, après la guerre de Troie, tout comme Enée
fils d’Anchise qui aurait été un fondateur de Rome.  On s’égalait
ainsi
en prestige aux Romains, tout en se distingant  des Latins et des
Germains.

A ce mythe Ronsard rend encore hommage dans la Henriade, avant que l’on
ne prenne conscience de sa faiblesse. Alors, pour éviter une grave crise
de légitimité, on lui en substituera un autre : les Francs, certes, ne
seraient pas des Troyens, mais une tribu gauloise chassée par Jules
César et revenue, chez elle, après la chute de Rome. Nouvelle théorie
qui ne résista qu’un siècle, à la découverte de
l’évidente origine
germanique  des Francs.

Mais cette découverte comportait en germe un risque d’éclatement du
corps social ; car c’est avec les études sur l’origine franque de
l’aristocratie française qu’apparut la théorie du sang bleu, un sang
issu de l’envahisseur germanique, et différent de celui du reste de la
population. Théorie à laquelle répond peut-être dans la
Marseillaise la
phrase terrible du sang impur dont nous devrions abreuver nos
sillons!...

Eh bien, en ce qui concerne la France, la synthèse admirable à laquelle
préside le baptême de Clovis, est une synthèse chrétienne. Nous
entendons l’objection: «mais Clovis n’était pas un bon chrétien»
:
Clovis n’était évidemment pas conforme à l’image du parfait
honnête
homme selon les critères droits-de-l’hommesque des
démocrates-chrétiens
du Parlement européen que je crois dans leur doctrine beaucoup plus
démocrates, que chrétiens. Il est vrai que sa conversion présentait
pour
partie un caractère interessé, et qu’il faillit même la renier
après la
mort de son fils, qu’il pensait due au courroux des anciens dieux.
Clovis était aussi vindicatif, sans doute parce que son autorité eut
été
autrement contestée. Les Francs comme d’ailleurs tous les peuples
indo-européens, mais celui-là particulièrement, n’aimaient pas
beaucoup
les faibles ; ils suivaient le chef tant que le chef avait de la poigne
et du succès, parce que ce succès était précisément la
marque de la
bénédiction des forces supérieures. Songez à l’histoire du
vase de
Soissons : une vengeance longtemps après l’offense subie ! Poussé en
cela par les dures lois politiques qui régissaient les partages
successoraux chez les Francs, il a éliminé bien des membres de sa
famille, y compris après sa conversion. On a donc trouvé de bonnes
âmes
imbues d’idées libérales et humanitaires, y compris bien sûr des
clercs
pour s’en formaliser, et pour ratifier la campagne qui s’est élevée à
l’époque contre la célébration du 1500ème anniversaire de la
France.
Mais, de la même façon que nous ne prétendons pas être des
modèles de
vertu ni de sainteté, nous nous fichons complètement du point de savoir
si Clovis était un modèle des vertus chrétiennes ou pas,  ce n’est
pas
cela qui nous intéresse du tout dans son baptême ; le problème c’est
de
savoir s’il a été meilleur après qu’avant. Si nous persistons
à voir
dans cet événement l’un des événements fondateurs de notre
civilisation
c’est qu’il a été le point de départ d’une amélioration
constante des
moeurs, des coutumes, des pratiques de ce peuple rude, cruel, barbare
mais fort qu’étaient les Francs.

3. Une valeur essentielle : l’honneur.

Quelles sont les valeurs de ces héritiers des Celtes, des Latins et des
Francs ? L’une d’entre elles en tout cas est le sens de l’honneur. Il
est de fait que les patriotes se distinguent essentiellement en ce
qu’ils préfèrent ce mot au singulier plutôt qu’au pluriel. Si notre
Histoire a été grande par ses succès, parfois
immérités, parfois acquis
de façon très injuste au détriment de voisins pacifiques, elle a
été
plus grande encore dans ses revers que dans ses succès.  Songeons à la
bataille de Poitiers, au Roi qui devrait fuir le désastre et qui ne le
peut, qui reste et qui se bat avec son jeune fils, qui y gagnera le
surnom de «le Hardi» c’est à dire le courageux se bornant à
avertir
«Père, gardez-vous à droite ; Père, gardez-vous à
gauche» parce qu’il ne
peut pas encore tenir la lourde épée.

François 1er après le désastre de Pavie, et cette admirable lettre
à la
Reine-mère Louise de Savoie: «Madame, tout est perdu, fors l’honneur »
,
c’est-à-dire : sauf l’honneur. Songez à Bayard, et au reproche qu’il
aurait fait au Connétable de Bourbon venu le consoler dans sa terrible
agonie alors qu’il s’est fait porter pour mourir, la colonne vertébrale
brisée, dans des souffrances affreuses, et qui cependant se fait coucher
sur le dos pour voir l’ennemi en face car, dit-il : «c’est ainsi que
j’ai vécu toute ma vie ». Ces épisodes malheureux de notre Histoire,
Dieu sait qu’il n’en manque pas : La Garde qui meurt plutôt que de se
rendre à Waterloo, la résistance d’une poignée de légionnaires
à
Camerone, celle de l’infanterie de marine dans la maison de la dernière
cartouche à Bazeilles, la charge de Reischoffen, les Cadets de Saumur,
le dernier et si poignant entretien entre le commandant du camp
retranché de Dien-Bien-Phu et le commandant du corps expéditionnaire...

Voilà, l’honneur a toujours été sauvé, avec bien sûr
l’envers de la
médaille, la présomption, l’indiscipline ; César déjà
parlait de
l’indiscipline de ces tribus gauloises.

Le sens de l’honneur n’est pas le seul caractère commun que l’on peut
attribuer  à ces Français dont le socle résulte de cette fusion des
composantes latine, celte et germanique. Il en est bien d’autres que le
temps manque pour décrire.

Evoquer cette  fusion, ce n’est pas méconnaître  les apports de nombreux
étrangers qui se sont agrégés à la communauté
nationale. Dire que cette
synthèse s’est faite sous les auspices du christianisme, ce n’est pas
rejeter hors de cette communauté les adeptes d’autres religions. C’est
affirmer que leur contribution a été positive dans la mesure où ils
ont
non seulement respecté les lois de la France,  mais où ils en ont aussi
adopté les moeurs, les coutumes et même les goûts. Parler de la
composante essentielle de la population française dans l’hexagone, ce
n’est pas davantage exclure nos compatriotes d’outre-mer.


4. L’aventure maritime

Car il y a bien sûr bien d’autres choses qui fondent la spécificité de
notre culture. L’une de nos racines plonge dans la mer, si l’on peut se
permettre cette métaphore osée. Nous partageons cela bien évidemment
avec d’autres peuples, qui ont aussi connu des destins maritimes
exceptionnels : le Portugal, l’Espagne, l’Angleterre, les peuples
nordiques ; mais la France est le seul pays d’Europe à avoir accès à
la
fois de par sa situation géographique, à la mer du Nord, à
l’Atlantique
et à la Méditerranée. Et certes, le temps n’est plus aux tâches
roses
qui occupaient naguère la moitié de l’Afrique, Madagascar, l’Indochine,
les comptoirs de l’Inde aux noms si poétiques et évocateurs : Yanahon,
Mahé, Pondichéry, Karikal, etc  Mais cette aventure a eu lieu pour le
meilleur et pour le pire. Et quoi que l’on en ait dit  le meilleur  l’a
emporté sur le pire, comme le savent très bien les peuples que nous
avons là-bas visités! demandez aux habitants de Saïgon, du
Centrafrique,
de Madagascar ou d’ailleurs, ceux du moins qui ont connu l’époque de
notre présence, les réflexions qu’ils font aujourd’hui en comparant
cette époque et la nôtre .

Tout ceci a communiqué dans l’âme française, ce goût de
l’aventure, de
l’héroïsme de tant de navigateurs, d’explorateurs, de pionniers, de
défricheurs, de bâtisseurs, de missionnaires, de négociants. Et si le
drame de l’Algérie, que beaucoup de jeunes gens aujourd’hui ont du mal à
comprendre d’ailleurs, y compris dans nos rangs, fut  si cruel à plus
d’un titre,  ce n’est pas simplement parce qu’il y a eu trahison de la
parole donnée, et abandon de ceux qui avaient cru en nous, chrétiens
aussi bien que musulmans ou juifs, mais aussi parce qu’il impliquait un
rétrécissement général de la France, un repli sur ce qu’il est
convenu
d’appeler aujourd’hui l’hexagone, la fin d’une immense aventure que sans
paraphraser Georges Marchais on peut qualifier de globalement positive.

Au moins  conservons précieusement ces confetti qui, au regard des
derniers développements du Droit international et notamment de la
Conférence des Nations Unies sur le Droit de la Mer, événement
capital
quoique méconnu de nos contemporains, nous valent aujourd’hui le
troisième empire maritime du monde. En une époque où le destin de
l’humanité se joue  sans doute davantage dans les mers que dans
l’espace, c’est déterminant pour l’avenir.


5 L’art de vivre français

Après quinze siècles de labeurs et de sacrifices, les produits
matériels
de cette civilisation sont tellement immenses, qu’il est impossible de
les dénommer. La variété de nos climats, de nos paysages a conduit
à une
extraordinaire profusion dans tous les domaines. Cette variété qui fait
partie aussi de notre caractère national ne se perçoit plus par les
costumes, ni par le folklore aujourd’hui tragiquement uniformisé  (je
n’ai rien contre le blue jean ; j’ai contre le fait qu’il n’y ait plus
que cela)-. Cette variété se perçoit encore dans l’habitat rural, la
pente des toits, la forme des tuiles, les matériaux. Rien que de Lyon à
Mâcon en quarante kilomètres on change quatre fois de style : depuis les
constructions de pisé des Monts du Lyonnais, sur leurs soubassements de
pierre volcanique noire ; les riches paysages du Beaujolais, aux maisons
dites de pierres dorées tellement elles luisent sous le soleil, bien
différentes de la maison bressane, qui elle-même n’a rien à voir avec
la
maison bourguignonne que l’on trouve dès le Mâconnais.

Oui, les nationaux sont attachés à cet art de vivre incomparable, cette
douceur de la culture française, jusques et y compris dans l’art
culinaire, que nous avons porté au plus haut degré d’excellence.
L’incroyable variété de nos vins et de nos fromages est aussi, dans une
certaine mesure une composante de notre identité, et de cette joie de
vivre gauloise qui nous habite encore.


6 Le sens de l’Etat

Cette profusion de tout ce qu’a produit la civilisation française est
menacée. Nous le disons sans pessimisme excessif, avec gravité,
inquiétude et même angoisse. La menace résulte d’abord de terribles
problèmes démographiques indissociables de leurs aspects moraux.  La
substance même de notre Nation est en péril, et elle l’est aussi du fait
de la déchéance de l’institution qui a pour mission de la préserver :
l’Etat.

Car la civilisation française est pour une grande part  tributaire de
l’Etat,  C’est l’Etat qui l’a protégée, et  le sens de l’Etat  a
existé
très tôt, peut-être beaucoup plus tôt qu’on ne le pense. Comment
par
exemple expliquer autrement que le prestige royal ait survécu, alors que
le domaine propre du Roi était tout petit par rapport à celui des
Plantagenêt, dans la mouvance du royaume ? C’est précisément
qu’existait
cette notion de royaume. Les légistes de Philippe Le Bel ont formulé
très tôt l’idée que le Roi de France était empereur en son
royaume. Et
quand Jean Bodin écrit son ouvrage magistral « De Republica », il faut
traduire sans contresens, non pas « De la République » parce que Jean
Bodin était parfaitement monarchiste, mais évidemment : De l’Etat.

Cet Etat a parfois failli à sa mission mais ceux qui ont voulu le
restaurer, venaient souvent des lisières, des Marches de notre pays : Le
Connétable Du Guesclin, breton ; Jeanne d’Arc la Lorraine, tout à fait
à
la limite de la France et de l’Empire ; le chevalier Bayard originaire
du Dauphiné après avoir servi en Savoie ; Joseph de Maistre l’un des
auteurs contre-révolutionnaires les plus éminents n’était pas
français
en ce sens qu’il était savoyard, mais sans doute y avait-il, là comme
ailleurs, au-delà de la mouvance du royaume une francité antérieure
au
rattachement à la France, d’ailleurs plébiscité de façon
éclatante sous
le Second Empire.

Ce sens de l’Etat chez nous n’est ni totalitaire, ni personnel. Ce n’est
pas  l’Etat pharaonique de l’Egypte ancienne, ce n’est pas l’Etat
totalitaire des Incas.  Louis XIV n’a pas dit le mot célèbre qu’on lui
prête : «l’Etat c’est moi », il a même dit l’inverse, sentant sa
mort
prochaine : « Je m’en vais, mais l’Etat demeurera après moi ». Et si
Louis XV ramène à lui la source du pouvoir et de la
légitimité, lors  de
la fameuse séance dite « de la flagellation », au milieu du Parlement,
dans le lit de justice qu’il tient, et qui porte ce nom-là, non pas à
cause des sévices corporels qu’il fit subir aux parlementaires, mais à
cause des vérités qu’il leur a assénées ; c’est qu’il parle
contre les
abus de certains corps constitués, à commencer par les magistrats du
Parlement eux-mêmes.

7 Notre tradition juridique

L’effort constant d’amélioration de la condition humaine par lequel se
définit la Civilisation a porté aussi sur les normes qui régissent la
société, autant sinon plus que sur les acquis matériels. Car le
droit,
ensemble des règles qui sont sanctionnées par l’autorité publique,
est
une donnée essentielle de la société. Il est la condition d’une vie
sociale harmonieuse.

"ubi societas ibi jus", "là où il y a une
société, il y a un droit"
disaient déjà les Romains  auxquels nous devons une tradition juridique
bimillénaire qui s’inscrit dans les grandes réalisations de la
civilisation, au même titre que les temples d’Angkor et les cathédrales
gothiques, le chant grégorien et la musique symphonique, la philosophie
grecque ou la science moderne occidentale.

Oui, là où il y a une société, il y a un droit. comme l’a
montré
l’ethnologue Malinowski au sujet des indigènes des îles Tobriand qui
vivent à l’âge de pierre et ignorent même la relation entre
sexualité et
procréation, mais n’en ont pas moins un droit familial complexe et
perfectionné.

Il y a droit, même quand il n’y a pas de législateur : c’est le droit
coutumier, qui naît spontanément du milieu social, et qui devient droit
par le sentiment que l’on a de son caractère obligatoire : Opinio
necessitatis, qui le distingue du simple usage.

Or la civilisation française, fidèle à l’héritage romain, a
porté le
droit à un très haut degré d’achèvement, de justice, de
concision , de
clarté. Le droit français fut à l’origine de la tradition dite
«romano-germanique », qui s’est répandue en Allemagne, en Italie, en
Espagne, dans les pays latins et ceux d’Europe Centrale, puis en Afrique
et en Asie.

Mais la première chose à laquelle s’efforce la subversion que nous
connaissons, c’est de couper le droit de toutes référence morale, du
lien avec la justice supérieure que reconnaissait cependant la
législation humaine dès le code assyrien d’Hamourabi, gravé dans la
pierre, le plus ancien qui soit parvenu jusqu’à nous.

Il s’agit désormais de ne plus en faire qu’un instrument aveugle au
service, soit de l’idéologie, soit des intérêts conjoncturels du
moment.

Les symptômes de cette dégénérescence du droit sont multiples :
Mépris
de la personne humaine, de la vie innocente, du droit naturel.
Multiplication des textes. Dégradation de l’Etat. Persistance de la
Corruption. Développement de l’ineffectivité, de l’arbitraire et de
l’insécurité. Inadaptation du système pénitentiaire.
Multiplication des
lois de police de la pensée, etc.

Un de ces symptômes en effet est la multiplication des textes, la
véritable diarrhée normative et l’inflation bureaucratique qui en
résulte. Joseph de Maistre, qui relevait déjà en la commentant la
multiplication des textes révolutionnaires, affirmait très justement que
"lorsqu’il y a autant de lois, c’est qu’il n’y a plus de législateur."

Au service de documentation du gouvernement  on sait qu’il y a à l’heure
actuelle, aux environs de 220 000 textes juridiques en vigueur.

C’est donc l’inversion du principe théorique "Nul n’est censé ignorer
la
loi" au profit d’une réalité: "plus personne n’est en mesure de
connaître la loi", qui justifie par avance tous les arbitraires, toutes
les restrictions de la liberté.

Les nationaux entendent donc restaurer notre droit, ce qui est après
tout le rôle premier du législateur, donc du politique. Ils veulent
l’affranchir par exemple de l’affreux galimatias d’une réglementation
tâtillonne et envahissante, qu’elle soit nationale ou issue de l’Union
européenne. Le ministre Mercier avait raison, le mois dernier, à
Strasbourg, de dénoncer après nous l’invasion du droit d’inspiration
anglo-saxonne. Strasbourg où il s’adopte plus de textes en une semaine
qu’il ne s’en vote en un an à l’Assemblée nationale. Les nationaux
veulent que les lois soient peu nombreuses, mais qu’elles soient
effectivement sanctionnées, et pour commencer qu’elles soient aisément
connaissables.

Ils veulent  retrouver l’ensemble cohérent, clair et harmonieux du droit
romain et du droit civil que vinrent étudier à Lyon même au
siècle
dernier jusqu’aux jeunes Japonais qui furent les rédacteurs des lois
modernes de leur pays.

Car cet ensemble juridique aussi fait partie intégrante de notre
identité nationale.

Bruno Gollnisch

--
UBU

Aujourd’hui il y a de la haine, de la peur, de la souffrance, mais il n’y a plus aucune
dignité dans l’émotion.

Orwell.

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