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IDEOLOGIE DE LA POPULATION MIXTE FRANCO-ALGERIENNE.

Von: Isis (c.ba@belgacom.net) [Profil]
Datum: 18.10.2009 23:51
Message-ID: <4adb8dde$0$2847$ba620e4c@news.skynet.be>
Newsgroup: fr.misc.actualite
L’IDEOLOGIE

DE  LA  POPULATION  MIXTE  FRANCO-ALGERIENNE

---------------------------------------

L’idéologie a souvent exalté  l’union ou l’indépendance
des populations en préambule d’un nouveau projet de société. Elle a,
en
revanche, moins intégré (signe des temps) la capacité des populations
mixtes
à rapprocher ou séparer leurs pays parentaux en ramenant leurs relations de
toute nature à une plus juste pondération.

Pour mieux comprendre cette aptitude, la mise en perspective du
positionnement identitaire des mixtes est nécessaire, particulièrement au
croisement phare, en 2012, de l’élection présidentielle française et
du
cinquantième anniversaire de l’indépendance algérienne.

Ainsi, dans le cas particulier de la population
mixte franco-algérienne, les rapports entre pays parentaux sont encore
marqués par la rupture brutale, en 62, d’une union plus que centenaire. Se
sont ajoutées ensuite, les difficultés de la décolonisation que
chacun,
aujourd’hui, en France et en Algérie,  affronte avec d’autres pays
partenaires. Viennent, enfin, les effets calamiteux de l’option de
croissance économique qui freinent la redistribution et la consommation au
grand dam des populations dans un contexte impitoyable de concurrence
mondialisée. L’impact le plus spectaculaire du découplage entre la vie
sociale et l’économie, c’est l’amplification des inégalités et des
frustrations. L’exclusion creuse la division et pose un grave dilemme de
transformation sociale. Les classes dirigeantes masquent ce dilemme en en
faisant porter la responsabilité à l‘autre pays parental. Chacun ferme sa
porte obstinément, alors qu’il s’agit prioritairement de désarmer les
haines, de tourner la page et d’ouvrir un nouveau champ de coopération. Un
climat de rancune trouble les rapports binationaux et hypothèque l’avenir.

Dans ces conditions, travailler au
rapprochement des deux pays, c’est d’abord affirmer  la présence de
l’identité
mixte dans le contexte relationnel des pays parentaux (thèses 1 et 2), c’est
ensuite dénoncer la dérive alarmante de la décolonisation et son
impact sur
l’économie des pays parentaux provoquée par la croissance concurrentielle
mondialisée (thèses 3 et 4), c’est enfin combattre, dans le cadre de la
coopération et de l’espace social mixte, une conséquence spectaculaire,
dramatique et humiliante de cette dérive : l’immigration sauvage (thèses 5
et 6).
Articulée à la sociologie des groupes sociaux et à l’économie
de croissance concurrentielle, la présente réflexion formulée en six
thèses
a pour objet de rendre compte de la problématique de positionnement de la
population mixte dans la marche de ses pays parentaux et d’ainsi introduire
le concept de cercle de développement comme défense identitaire des pays de
l’ex-Empire. La théorie de la coparentalité sans conjugalité
tirée de la
jurisprudence des enfants du divorce, nourrit la démonstration sans pour
autant  couvrir tout le champ idéologique de la mixité. La doctrine mixte
s’inscrit
dans l’éthique associative plutôt que commutative.


THESE 1     -    LA  MIXITE  ‘’BIOLOGIQUE’’  FRANCO-ALGERIENNE

1/      Spécifier la mixité

La population mixte des franco-algériens a deux ascendances, l’une
en France, l’autre en Algérie, et elle présente de ce fait une
singularité
identitaire débordant  la seule nationalité française ou
algérienne. Aucun
code de la nationalité ni aucun dirigeant ne peut lui dénier cette double
appartenance. Pour autant, celle-ci n’a pas pu être jusque là 
formulée
ouvertement en termes de droit, ni en France ni en Algérie. Le concept de
Nation subit, pourtant, une mutation profonde sous l’influence de la
religion (les valeurs arabo-islamiques, la laïcité) et de la mondialisation
(économie de concurrence et globalisation des marchés).

Cette population mixte est par ailleurs distincte des Français d’origine
algérienne et des Algériens d’origine française bien que ceux-ci
soient
désignés sous le même vocable de franco-algériens. Eux ne sont,
en effet,
que des naturalisés avec des droits concédés (par le robinet du Code
de la
nationalité), mais pas acquis par leur filiation d’origine. La distinction n’est
pas faite pour exclure ou offenser, mais pour affirmer le particularisme des
mixtes mal perçu par les juristes dans chaque pays parental.

Si on désigne les mixtes sous le vocable global de franco-algériens ou qu’on
les range dans la catégorie des binationaux , c’est, en vérité, pour
mieux
taire leur spécificité et refuser d’admettre l’expression juridique de leur
réalité sociale. L’espace de vie de la population mixte recouvre, en effet,
non pas un mais deux territoires, et de ce fait, elle subit un procès d‘intention
incessant et injuste à l‘opposé du sentiment d’appartenance qui la lie
à ses
deux pays parentaux .

En clair, les juristes des deux rives n’ont pas su ni voulu
singulariser  la population mixte lors des négociations d’indépendance, en
1962, ne cherchant alors à définir en priorité que le statut des
territoires
et de la population globale des pays parentaux.  Comme s’il s’était agi de
laisser  les indépendantistes  s’enfermer dans un nouvel espace national
hérité de la colonisation  avec une population sociologiquement
différenciée. Si celle-ci n’est arabe que par la langue et la religion, ces
ajouts de l’identité sont cependant les liens puissants d’un rattachement à
un royaume de foi en confrontation explosive, aujourd’hui, avec l’état de
droit conquérant des autres cultures portées par la mondialisation. De ce
règlement a découlé un déni de justice profond à
l’égard des mixtes (aggravé
par la divergence des droits nationaux) d’être censurés, sanctionnés
ou même
rejetés, sans considération de leur double appartenance.

De Boumediene à Bouteflika, la vindicte n’a fait que s’amplifier et s’exacerber,
laissant la France, séduite par l’Europe,  heureuse de  s’éclipser, mais
démembrée ( : lois et ordonnances de l’Etat français relatives
à l’Algérie,
de 1832 à 1962, en passant par celles de 1834, 1865 , 1919, 1936, 1940,
1946, 1956, 1958. D’aucuns ont vu la France jetée hors d’Algérie en 62,
comme elle le fut hors de la Moselle en 1940).

2/   De l’importance de spécifier la mixité.

Chez les bi-nationaux d’adoption, le choix se porte vers les valeurs d’un
seul pays parental, par filiation ou par option. A l’inverse chez les
mixtes, branche principale de la population franco-algérienne, le sentiment
va aux deux pays parentaux et, si des aléas surviennent, ce sentiment s’exerce
dans un esprit de raccordement, de rééquilibrage relationnel, d’apaisement,
comme cela s’observe aussi chez les enfants de  couples divorcés, hors du
conditionnement éducatif.

Cette différence des mixtes ne peut encore se vivre ni s’ordonner
dans un cadre institutionnel.  Seules quelques conventions restreintes ont
été signées.
En l’état, les binationaux d’adoption sont mieux protégés (et
tolérés par
lesarrière-pensées politiques de la jurisprudence) que les mixtes, alors que
les deux populations jouent la réconciliation  parentale sur deux plans
différents, plus matérialiste et commercial pour les uns, plus affectif et
idéaliste pour les autres. Les premiers sont plus régionalistes,
communautaristes, tactiquement laïcs et plus insérés dans une
économie
souterraine qui les promeut. Dans l’envie. Les seconds plus unionistes,
respectueux de l’altérité et de l’identité des pays, soucieux de
solidarité
et de partage, souvent oppositionnels dans le malaise de n’être pas dans un
environnement social plus ouvert et attentif. Dans l’affectivité. Aux deux
(et leurs proches) la solidarité parentale est essentielle.

Franco-algérien, c’est un socle identitaire émergent que la
décolonisation
découvre tel le Mont St Michel à marée basse. Le problème
récurrent c’est
que quelque cinq millions de personnes sont toujours coincées sur ce socle
entre le marteau et l’enclume de deux droits nationaux sourcilleux,
volontiers antagoniques.
Les pays parentaux hésitent néanmoins à créer un espace
social consensuel en faveur de la populations mixte ayant aussi pour
objectif de créer un modèle de circulation des biens et des personnes
généralisable aux pays de l‘ex-Empire. Typique de leurs craintes
réciproques
de manipulation, un pays propose un Traité d’amitié, l’autre un
Traité d’union
méditerranéenne. Aucun n’est agréé.


THESE  2   -   ALIENATION PARENTALE  ET  COPARENTALITE

1/       Négationnisme de la mixité par les pays  parentaux

a/    Le diktat des juristes des deux pays parentaux
-   Le divorce des deux pays parentaux, négocié en 62 entre
pays parentaux,  n’a pas envisagé le cas juridique de la population mixte,
contrainte de se placer sous l’autorité exclusive de l’un ou de l’autre
pays, nonobstant sa double appartenance parentale.
-   le diktat des juristes plonge à l’évidence la mixité dans
le silence des tombes et ne permet pas d’ouvrir les débats d’adaptation
nécessaires.
-   le droit national a imposé à la mixité le principe de la
nation bunker, alors que la croissance concurrentielle est, aujourd’hui, le
cheval de Troie de la mondialisation ouvrant et livrant les nations aux
forces cosmopolites du marché et que, de surcroît, ce type de croissance est
devenu le levier de l’immigration sauvage et de la traite négrière.

b/      L’aliénation monoparentale, comme chez les enfants du
divorce
-   Le caractère identitaire de la mixité est contesté par
certains dirigeants sur les deux rives de la Méditerranée. Leur
dénigrement
est surtout puisé dans la culpabilité d’avoir eux-mêmes
transgressé, au nom
de leur singularité, des règles de vie néanmoins valorisées
par leur propre
révolte. Ce dénigrement blessant et infondé de l’identité
mixte donne à
leurs auteurs et porte-voix le sentiment gonflant  don-quichotesque de
laver le passé de leur condition originelle. Ces coryphées d’un purisme
imaginaire, dont ils seraient l’incarnation vivante, oeuvrent encore pour
une purification ethno-culturelle dans les chapelles d’un concept colonial
de la Nation périmé .
-     Pèsent aussi les clichés infantiles d’autres
politiciens. Ces héritiers de l’indépendantisme, en incitant le ‘’ Parti du
copier-coller de l’arabité moyen-orientale’’ à écraser le ’’ Parti de
la
France’’, oublient que ‘’nos ancêtres les Gaulois’’  descendent de l’homme
de Cro-Magnon, un émigré civilisé venu du Moyen-Orient.
-   la réfutation vient aussi de ceux nombreux en France,
qui, excédés par les débordements de l’immigration sauvage,
contestent la
spécification identitaire de la mixité. Pour eux, le métissage et la
diversité qu’ils louangent volontiers  et sincèrement, conduisent
forcément
à l’abandon  volontaire de  la défense identitaire, au motif qu’une partie
de la population  mixte  a choisi de  vivre en France. Ils sont, certes,
partisans  d’un monde  sans discrimination,  mais le rêve d’effacer les
différences sociales de  l’immigration est un vœux  pieux, s’il n’est pas
discriminatoire.
La conscience de la singularité  identitaire et minoritaire naît  de cette
aliénation parentale.

2/      Coparentalité-non-antagoniste  sans conjugalité

a -    le diktat des juristes n’est pas perçu par
les mixtes comme pertinent ni non plus le modèle d’intégration
républicaine.
L’aliénation parentale concernant les enfants de couples divorcés est assez
semblable à cet égard.
Pour autant, face au rejet, l’attitude des mixtes n’est pas de spéculer sur
la recherche d’un juste (ou théorique) équilibre entre tout ou rien de
l’attache
identitaire, mais de lutter inlassablement contre ce qui infériorise ou ne
respecte pas la personnalité et l’identité de l’un ou l’autre pays parental.
Comme, toutefois, ce combat procède d’un humanisme engagé, parsemé
d’hésitations et de quêtes enflammées, il est, à la fois,
solitaire et mal
compris
desdeux pays parentaux. Chacun d’eux veut, en effet, la population mixte
rangée de son seul côté. La pression sociale est si forte à cet
égard que se
masquer (modifier son nom, être plus royaliste que le roi) ou se plonger
dans une passion devient l’échappatoire, un refuge de rébellion, à
défaut
d’opposition utile. Comme par ailleurs, les mixtes ne sont pas responsables
de la rupture des pays parentaux, ils ont aussi le besoin de donner un sens
aux
relations entre pays parentaux et d’y trouver des repères. Leurs conduites
tendent à reproduire inconsciemment un modèle d’union transmis par les
parents
biologiques. Ainsi, s’exprime et se comprend le besoin de rester librement
liés aux pays parentaux et de s’impliquer spontanément dans la
création d’une
nouvelle vie parentale où la conjugalité n’est pas  revendiquée.
b -  Le développement de chaque pays ne doit pas évincer
la culture de l’autre pays ni non plus imposer une hiérarchie des cultures
édifiée dans le prisme des valeurs de l’un ou l’autre pays.
c  -  En situation de mixité, défendre les pays
parentaux, c’est admettre  le principe du divorce en 62 des deux pays
parentaux, au motif  que l’un était écrasé par l’autre malgré
un effort réel
de développement effectué par l’autre. Malheureusement,  cet  effort a
été
réservé à la population européenne, en connivence (ne jamais
l’oublier) avec
les stratégies de l’Etat français (de l’ex-Empire français)
menacé depuis
toujours par ses grands voisins européens (l’Angleterre et son Commonwealth,
l’Allemagne et ses Marches de l’Est..).
Or, non seulement ce principe n’est pas admis, mais le devoir de
mémoire enferme chaque pays parental dans un culte exacerbé des haines
de l’indépendance. Une commission d’historiens aurait dû, depuis longtemps,
évaluer les leçons de la guerre en dehors du fracas médiatique
passionnel.

Défendre les pays parentaux, c’est donc avoir
la volonté de respecter la spécificité et la diversité des
deux pays
parentaux, sans reniement des droits imprescriptibles des enfants. C’est,
enfin, faire de la proximité des pays parentaux et de l’espace mixte
franco-algérien une force nouvelle pour le développement de chacun.


THESE  3   -     DERIVE  DE LA  DECOLONISATION
ET  DE LA COPARENTALITE

Pour la population mixte, les deux pays parentaux sont engagés dans
un processus de décomposition sociale et économique et une logique
d’affrontement
.
1/        La mécanique de désagrégation et de confrontation
a  -  la mondialisation juxtapose et subordonne impitoyablement
les économies par le profit, non par la culture (erreur fréquente des
idéologues). L’industrialisation tiers-mondiste a auparavant
prédisposé les
économies nationales à s’affronter sur le marché.
b  -  le rapport différent à la concurrence mondialisée des
deux économies parentales accentue les déséquilibres et ajuste les
conditions de l’immigration.
c -  la décolonisation sans gouvernance sociale est
dégénérative (boat-people, harragas, clandestins, sans-papiers,
ghettos,
hold-up répétitifs de nationalité, économie souterraine,
enfermement social,
immigration sauvage et traite négrière...)
d - L’effet levier du différentiel de croissance sur l’immigration
conduit à incriminer le modèle concurrentiel centré sur le profit
spéculatif
et à lui opposer un modèle de croissance compétitive où le
progrès social n’est
pas exclu de la productivité.
e - La mondialisation combine, conjugue et hiérarchise, d’un
côté, une économie confrontée au déchaînement de
la concurrence
(délocalisations, cannibalisme industriel, chômage, défenestration des
classes moyennes..) et , de l’autre, une politique de croissance économique
sans gouvernance sociale qui exclut une partie de sa population du
développement et la condamne à l’exil et l’errance et à faire le jeu
de sa
propre exploitation.
f  -   Les méfaits de ce levier de croissance sont connus :
immigration sauvage, boat-people, régularisation massive des clandestins et
des sans-papiers, hold-ups répétés de nationalités,
naturalisations de
complaisance, ghettos, banlieues, communautarisme, réglementations
sécuritaires, politiques convenues de la ville, travail au noir et en
miettes, discriminations, chômage en forme de miroir aux alouettes et de
filet de voltige de l’immigration de misère, restos du cœur, ruptures
culturelles, intégration en cul de sac, identités dépecées, 
intégrismes,
émeutes de  quartiers, terrorisme, délinquance, économie souterraine,
mixité
stigmatisée, fuite éperdue de millions de candidats à
l’émigration vers le
‘’paradis’’ capitaliste, partout des guerres barbares entre décolonisés…
Chaque jour se nouent des liens inquiétants entre la mondialisation libérale
et une décolonisation inachevée, détournée. Même plus
besoin d’aller
chercher l’immigré ! L’affrontement social transnational devient inévitable
g  -  Immigration sauvage et traite négrière, faussement
présentées comme un exode volontaire vers le paradis capitaliste, sont un
crime contre l’humanité dont les juristes s’accommodent.  La Gauche, en
France, le sait, et se tait sous couvert d’une obscure morale humaniste !

2/   La croissance concurrentielle, cheval de Troie de la
mondialisation  et levier de l’immigration sauvage

a  -  l’utopie brisée du nationalisme et de la liberté des
peuples.
La Nation, si chère aux  indépendantistes, mais  héritée de
la colonisation et du pouvoir jacobin de  1789, s’est ouverte aux
forces cosmopolites de la mondialisation par le biais de la croissance
concurrentielle et se voit peu à peu absorbée dans la société
de
consommation de masse (SCM),  modèle  inégalitaire et conflictuel
de société universelle, né en occident anglo-saxon, encore au stade
de l’enfance et des maladies infantiles (ultra-libéralisme).
Dans la typologie des modèles de société, la SCM
est le dernier concept extrait du minerai social de notre époque. Ce qui la
différencie de la société de consommation (édifiée hier
à l’abri  des
frontières nationales) , c’est la notion de masse, d’expansion planétaire,
de globalisation. La SCM est , en quelque sorte,  l’œuf et la poule  de la
mondialisation. Si ce modèle laisse entrevoir une solution possible aux
problèmes  de la pauvreté, il peut faire illusion. On observe ainsi que le
dérapage de la croissance concurrentielle dans les pays industrialisés
désorganise le marché du travail et provoque, par effet de chaîne,
l’explosion
de l’émigration sauvage dans les pays de la périphérie. Un autre
exemple est
celui des ’’industries industrialisantes’’ à haut coefficient de capital,
rendues obsolètes de façon foudroyante par la compétition mondiale,
exemple
caricatural de l’absence de prospective sociale dans les pays en voie de
développement et d’une coopération, qu’on néglige encore, d’ouvrir en
faveur
de l’exploitation des terres et de l’eau dans les régions d’aridité et de
pauvreté. Dans ce tourbillon, la décolonisation  perd son chemin et
exaspère
les anciens nationalistes...

Ainsi donc, les héritiers de l’ex-Empire sont  les
premières victimes du « Führerprinzip » et d’un nationalisme
éphémère qui
les endort par des jeux en trompe-l’oeil (idéalisme, étatisme, culte du
chef, religion, mutation idéologique...). D’autant que dans la
mondialisation, capitalisme et socialisme ne sont plus aussi que des formes
d’organisation et de production tayloristes, entrecroisables et
alternatives, sans projet social ni identitaire défensifs. L’objectif
premier du développement se perd. Et surtout, l’économie nationale est
dépossédée de la gestion traditionnelle de l’équilibre des
facteurs
capital-travail. Pour le comble, la gouvernance sociale est écartée, qui
pourtant devait harmoniser et moraliser la redistribution de la croissance.
La concurrence ne respecte l’homme ni comme producteur ni comme
consommateur.
b   -   Croissance concurrentielle, levier de l’immigration
sauvage.
La généralisation de la libre concurrence,
orchestrée au plan mondial par l’OMC , le FMI et les médias, a 
déstabilisé
la base économique et financière des nations. Pour cause, la concurrence et
le libre-échange sont la main de fer de la finance  sur les marchés
globalisés.  Depuis 25 ans, la France, comme ses voisins européens, est
soumise à des attaques incessantes et violentes. Surprises par le dumping
commercial et menacées d‘anéantissement, les entreprises nationales font de
la résistance ou montent à l’assaut de lignes adverses mal
identifiées,
modifient leurs structures de coûts et de qualifications, tentent l’innovation,
démultiplient la sous-traitance, négocient alliances, fusions et
délocalisations ....
La conséquence désastreuse de cette course à la survie, ou à
la suprématie,
est connue de tous : chômage et recours massif à la main-d’œuvre
immigrée,
liquidation des industries traditionnelles, bouleversement de la vie sociale
et nationale....
Pour compenser l’attaque des marchés, il a fallu
partout lâcher brutalement  la bride aux réglementations, parfois par
excès
des dirigeants.  La traite négrière a explosé dans la combinaison et
la
conjugaison des politiques de  croissance et l’appontement des marchés .
c  -       Le communautarisme, régulation néo-libérale des
rapports sociaux.
L’ampleur des vagues migratoires et les différences
culturelles opposent l’identité des uns à celle des autres. Dans ce contexte
et sans forcer le trait, les techniques d’intégration des immigrés
paraissent  encore largement  inspirées des vieilles méthodes
psychanalytiques  de  rééducation appliquées aux opposants politiques
en URSS : broyer, ou mieux, tuer l’émigré dans l’immigré.  Mais, la
méthode d’intégration reste inefficace au plan collectif. La
communautarisation est ainsi  devenue le mode principal de régulation
des rapports sociaux.

La question est donc, non pas de vêtir l’immigré par
force ou persuasion d’une nouvelle identité, mais de lui permettre d’exprimer
la sienne et de s’y accomplir dans la cohabitation des cultures. Les
promoteurs de l’intégration en cul de sac, pourfendeurs méritants du
communautarisme, sont, certes, partisans d’un monde sans discrimination,
mais leur rêve d’effacer les différences sociales ne fait que reporter les
problèmes de cohabitation sur les générations à venir, alors
qu’on ne peut
les résoudre que par une ‘’immigration autrement’’. Selon eux, la culture du
pays d’accueil serait le lieu transcendantal de toutes les  cohabitations,
mais ils oublient que ce sont les ponts ouverts entre les cultures qui
rendent possible la cohabitation et non la dictature culturelle . Avec le
même argumentaire hérité de la colonisation, l’Algérie a
entrepris d’éradiquer
après l’indépendance  les acquis culturels français. Comme si la
richesse d’une
culture était de détruire l’autre culture.

Un tableau art nouveau remarquable de Mucha symbolise bien la résilience
identitaire face à l’enchaînement culturel (Lottery of National Unity -
Prague1912). Comme, le ‘’Hirschsprung’’, (cerf magnifique pourchassé par une
meute de loups choisissant la mort plutôt que de se livrer au bord du
précipice), sur la route de Titisee (Forêt Noire).
L’opposition des mixtes à l’apartheid culturel est
totale. Face aux immenses obstacles du développement cultures et religions
ont l’exigence de se faire la courte-échelle, pas de se combattre.


THESE   4   -  CONVERGENCE  ET CROISSANCE CONCURRENTIELLE

1/     La convergence, utopie d’avenir ou camouflage de la  dérive ?
a  -      La convergence est un processus d’évolution des
modèles de société vers le modèle général de la
SCM  initié par le
libéralisme financier. Elle a l’avantage de se présenter comme une rupture
de tous les enfermements engendrés par des empires orgueilleux et des
nations bunkers héritées de la décolonisation. Mais, la
liberté gagnée par
les canonnières de la concurrence dans l’idylle de la convergence cache mal
des objectifs qui pour être éloignés n’en sont pas moins redoutables
et font
durablement complot.
Ainsi, alors que la population mondiale explose, la mondialisation, en
apparence guide de la SCM, maintient un double conflit récurrent
ingouvernable à court terme. D’abord, celui du partage des ressources (la
financiarisation de l’économie n’est pas maîtrisée). Ensuite, de la
configuration de la plate-forme sociale de lancement de la conquête spatiale
et, concomitamment, de l’exploitation industrielle des ressources en énergie
et des rayonnements de l’espace.
b  -  Les capitaux internationaux, invisibles avant la
crise, dévoilent que la part des profits spéculatifs ponctionnent toujours
plus la part contributive allouée au développement. Ce qui pose
problème au
regard de la pauvreté dans le monde, c’est que la part emportée par des
intérêts particuliers est recyclée indéfiniment dans le profit
spéculatif, vérifiant l’adage selon lequel l’argent mange l’argent ...et
dévaste l’économie sociale. Dans la phase actuelle de montée en
puissance
de la mondialisation  et de mise sous tutelle des nations, le FMI n’est pas
prêt d’arrêter l’engrenage  et prend le risque de provoquer un big-bang
économique .
c -  Dans la transition, peu de tenants de l’orthodoxie
doctrinale se sentent interpellés par le slogan polémique suivant :
"Capitalisme, socialisme, même combat ".
Leur apathie éteint, ou marginalise à l’évidence, l’opposition
idéologique
séculaire entre patrons et travailleurs.  Et, si le modèle concurrentiel
provoque des effets pervers calamiteux (exclusions, dépendances,
bouleversement social), ceux-ci sont d’autant plus négligés par l’Etat que
l’opposition
ancestrale capitalisme-socialisme et sa fonction structurante de l’ordre
social tendent à se transformer en alliance synchrone des forces locales
antagonistes face à l’ennemi commun venu d’ailleurs  (mondialisation,
financiarisation non maîtrisée de l’économie et autres excès 
orientaux
anglo-saxons), comme s’unissent dans les Cités les bandes rivales contre la
police, ennemi  principal venu d’ailleurs.  Concilier les intérêts
antagoniques au lieu de les opposer est un mot d’ordre politiquement
transversal .
d  -   L’immigration sauvage due principalement à la
conjugaison de deux politiques de croissance, s’aggrave maintenant, en
France, d’une immigration massive et agressive engendrée par l’économie
souterraine, affranchie des règles de vie  collective du pays d’accueil.
L’immigration
est, en effet, de moins en moins celle du travail et de la misère et
paradoxalement, se fait plus revancharde .

Si, en France, on parle abondamment d’Europe
sociale, il faut, aussi, en Algérie, et dans les pays de l’ex-Empire, parler
de croissance sociale et non plus de croissance économique. La supercherie,
à cet égard,  a trop duré et produit trop d’effets pervers. Dans les
années
60, le mot ‘’développement’’ disait clairement que la gouvernance sociale
faisait partie du concept. Malheureusement, un fossé profond a été
creusé au
fil des années entre le rêve de répartition égalitaire des
indépendantistes
et, aujourd’hui, la distribution malthusienne des fruits de la croissance.
Au lieu d'affronter cette question fondamentale  au
moment où se multiplient les grèves dures, les socialistes français,
pourtant au centre du questionnement, se retranchent dans les faux-semblants
théoriques, les pirouettes politiques et les querelles de personnes
dérisoires aux approches électorales !

2/     Immigration ‘’autrement’’, chance à saisir de la
coopération coparentale.

D’élections en élections, la déception des mixtes à
l’égard de
la classe politique, ne finit pas de croître. Or, dans la crise actuelle,
une question explosive illumine le ciel politique, mais dont personne ne
parle: quid de l’immigration sauvage ? Pourtant, non seulement elle est
détestable et humiliante, mais surtout quasi tout le monde la côtoie au
quotidien. Elle a permis de désagréger le monde du travail et de sauvegarder
les profits de la croissance concurrentielle dans une mondialisation qui
nous emporte. Elle est aussi un instrument commode de la dérégulation et du
recul syndical. Mais, à quelles conditions de destruction du cadre de vie se
font ces conquêtes de la mondialisation, la défense des marges, l’emploi
sans contrôle des catapultes du profit, la guerre concurrentielle !  Il ne s’agit
même plus de tenir les salaires sous la barre des rendements.  Pour quel
projet de société se réalisent ces reculades présentées
comme des avancées
vers un nouvel eldorado de l’humanité de plus en plus bordé de ruines ?

L’immigration sauvage, sanctifiée ou
détestée, joue donc, un rôle moteur dans le changement de
degré, voire de
nature, du rapport K-W qui a labouré les siècles passés.
Dès lors, si l’anticapitalisme est dépassé et que le
libéralisme reste aveugle, où trouver les référentiels de
lutte quand on
s’aperçoit que les doctrines de l’économie sociale et politique, même
internationalistes, n’ont été conçues que par rapport au 
marché national
intérieur, depuis l’avènement des mercantilistes, il y a cinq siècles
 ?

L’histoire ne manque pas de réponses.  G.
Gurvitch et R. Aron, entre autres, l’avaient pressenti : capitalisme et
socialisme s’appellent l’un l’autre, en se combattant, et se recomposent
en convergence incessante de Ricardo, Keynes,  Schumpeter à Jean Monnet.
Reste à savoir, quand l’homme selon Nietzsche  jaillit en politique  pour
vaincre nos misères et casser le théâtre des  illusions ?

3/        Espace social mixte, citadelle de défense et de coopération
coparentales.
a -    Espace et tutelle des pays parentaux
Structure de représentation. Tutelle à parité des deux pays parentaux
b -  Reconnaissance du caractère unique et de l’exception des
sources de droit  de la population mixte franco-algérienne dans  l’UE.
c -   Subsidiarité
Application du principe de subsidiarité UE dans les domaines
prioritaires.
d -    Financement  des projets mixtes d’aide au développement
en Algérie (mise en valeur du Sahara) et de coopération et formation en
France (agriculture, industrie et université franco-algérienne) par les
fonds structurels.
Création préalable d’une commission informelle d’experts et de chercheurs.


THESE  5   -  COMBAT  POUR UN  DEVELOPPEMENT  COPARENTAL


1/    Combattre les pouponnières de la traite négrière et de
l’immigration
sauvage
a -       La traite négrière, un drame social.
La traite négrière est un mouvement migratoire généré
par une croissance concurrentielle ouverte dans un cadre économique trop
vite confronté aux forces multiples de la mondialisation qui l’encerclent.
L’équation
de la tenaille migratoire est simple : entre deux pays, si un pays résiste
moins qu’un autre le plus résistant attire une fraction de population
délaissée par l’autre. Le transfert n’exige même plus d’aller la
chercher
pour l’assujettir dans un système d’exploitation ou de consommation.

Parquées derrière leurs frontières nationales, coupées
du partage des richesses, les populations délaissées, n’ont plus d’autre
rêve de liberté et de survie que dans leur fuite vers l’étranger.
Harragas,
boat-people, sans papiers,  faux touristes, malades, clandestins, faux
étudiants, hommes, femmes, enfants... ils arrivent par
milliers, affrontant seuls les obstacles au risque de leur vie et de leur
liberté, se retranchant, ensuite, dans les ghettos-pouponnières de la traite
négrière pour sauvegarder le bien précieux de leur identité.
Jetés sur le
pavé des villes pour une vie soi-disant meilleure, les immigrés finissent
par concevoir une égale rancune à l’encontre du pays d’accueil. Ils
n’ignorent pourtant pas que le mouvement migratoire a comme aboutissant
la société de consommation de masse idéalisée par le
libéralisme.
A décharge, les migrants y trouvent une possibilité d’accès
à des activités que la dérégulation et la
déréglementation ont délesté de
leurs défenses. Beaucoup de petits commerce et de trafics prospèrent
sur ce terreau. L’Algérie pour eux est un  cauchemar qui dépasse tout.

Les politiques de la ville l’ont aussi compris. Elles  entretiennent
les pouponnières de la traite au profit de l’économie (main-d’oeuvre,
commerce, consommation, et exportations agissent avec l’espoir d’assagir
et conquérir cette population (démographie, survie des caisses de retraites,
rentabilité des fonds de pension...), oubliant volontiers de faire entendre
que l’accueil dans l’un n’exonère pas l’exclusion dans l’autre.
(Aux Etats-Unis, le président Obama vient d’ouvrir plus justement un
grand espoir de coopération directe avec les populations des
pays pauvres) .
Caricaturalement, l’immigration est prise en
tenaille. On voit, d’un côté, une économie fragilisée par un
libéralisme
aventureux réclamer une main-d’œuvre bon marché afin de délester ses
charges
et faire face à la concurrence impitoyable du marché, tandis que de l’autre,
l’économie est encore marquée par son capitalisme étatique et
délaisse les
réalités sociales afin d’atteindre des objectifs de croissance (constitution
d’un outil industriel singé et décalé au détriment des
régions du Sud) dont
les retombées ne bénéficient, depuis 40 ans, qu’à une partie
réduite de la
population.
b -    Les pouponnières de la traite, un scandale
social.
Les pouponnières de la traite ont des visages connus :
ghettos, quartiers, cités, banlieues...  Ce sont les points de chute, de
rassemblement et de rayonnement de l’immigration sauvage. Avec Giscard d’Estaing
( Monsieur regroupement familial), la France est passée de l’image des
anciens bidonvilles et baraquements pour travailleurs célibataires immigrés,
à celle des banlieues et ghettos regroupant les familles immigrées de
l’époque
post-coloniale. La fonction de ces pouponnières est double : intégrer
l’immigré
ou, à l’inverse, le marginaliser pour mieux l’exclure, dans le respect
formel de l’état de droit...

Trois faits marquent les deux dernières décennies :
-  La vague migratoire déverse chaque jour dans ces lieux de
précarité
et de solidarité le tout venant de l’immigration sauvage.
-  on a de moins en moins affaire à une immigration de misère et de
travail sous contrôle, comme c’était le cas avant l’indépendance des
pays
colonisés ,
- on assiste à une multiplication et une extension sans précédent des
pouponnières dans ou autour des villes secouées par la différence
persistante de statut social entre les nationaux et les nouveaux citoyens.

Les dérapages et l’ambiguïté
de l’accueil viennent de l’incapacité politique et administrative d’affronter
la différence de problématique  entre deux types de pouponnières : le
ghetto
social et le ghetto ethnique. Le premier mobilise contre l’exclusion et la
précarité. Il est plus ancien, conflictuel, mais intégrateur. Le
ghetto
ethnique en revanche, dresse une communauté étrangère contre
l’organisation
sociale du pays d’accueil bâtie elle sur une économie locale. Ce ghetto est
antagonique et violent dans la défense de son territoire.

Les deux types de ghetto ont en commun de s’appuyer largement sur
l’économie souterraine (drogue, délinquance, trafics en tous genres) pour
compenser l’insuffisance  des revenus officiels ( travail, assistance
sociale, petit commerce).  Le financement  de l’immigration sauvage serait
à débattre  ouvertement, mais, le pactole intéresse aussi les deux
Etats et
des politiciens dont la situation dépend de ces soupapes de sécurité
.

Ce qui est véritablement nouveau
dans les ghettos, c’est que l’image de l’effort reste partout pitoyable. La
honte est sur celui qui travaille dur, gagne peu et vit mal. La fierté
encense la combine, le jeu, la triche, le trafic, l’argent facile. L’exemple
des salaires monstrueux  et des aides sociales faciles est ravageur. Au fond
du ghetto, s’élargit la cour des miracles. Mais, les filles réussissent
mieux à l’école et sont plus battantes au travail que les garçons. 
La
fonction matrimoniale supplante la vanité du patriarcat.

Pour réduire les pathologies sociales (notamment
contenir les bandes et l’extrémisme religieux) et pour renforcer l’état de
droit républicain, on a multiplié les politiques sécuritaires. Mais,
celles-ci sont mal adaptées et mal appliquées. Derrière la bonhomie
de l’imagerie
officielle et le laisser aller d’apparence libérale affiché
(régulièrement
écornés par les émeutes de quartiers et les bavures policières
ou
politiques), force est de constater que l’économie souterraine et l’opacité
du  traditionalisme familial amplifient tentaculairement l’appontement et la
croissance migratoires, ainsi que le communautarisme. L’abcès est explosif
de part et d’autre.

2/           Conscience et cohérence du combat

La création, par une coopération volontariste
(dirigeants visionnaires nécessaires), d’un cercle de développement
défensif
rassemblant les pays ex-colonisés et garantissant une immigration ‘’autrement’’,
implique de :
a/  En France, mettre fin à l’immigration sauvage , supprimer
les chancres  entretenus par les politiques pouponnières de la ville
(banlieues, cités, quartiers, ghettos..), condamner la manipulation
outrageante des codes de nationalité en vue de blanchir les hold-ups de
nationalité, condamner l’apologie de l’intégration en cul-de-sac
(même la haine du pays d’origine ne fait pas l’amour du pays d’accueil).
b/  en Algérie, dénoncer les politiques de croissance
économique sans gouvernance sociale, réévaluer l’appontement des
marchés,
transformer les difficultés de la population en projet de développement,
ouvrir une capitale du développement hydraulique et agricole au Sahara,
ouvrir un centre d’étude et de vulgarisation de la conquête spatiale et
rendre l’espoir aux populations délaissées.
c/   Au bout de la chaîne de l’immigration, mettre en garde
la jeunesse éveillée, objet de convoitise des partis politiques en
quête d’électorat
oui-ouisme, incapable de ce fait (dans les clichés des partisans comme des
adversaires de l’intégration) d’idéologiser son intronisation en termes de
progrès et de lutte politique, comme s‘il fallait toujours bien séparer le
milieu familial des valeurs de la société civile et ré-ancrer un
conflit
initial non résolu, de peur de compromettre ou de trahir les siens. On ne se
bat pas pour un projet de société libre, mais pour hisser en bloc
l’immigration
et son cadre social dans le pays d’accueil. On se bat contre le rejet des
autres, pas pour l’intégration des siens. La citoyenneté n’est qu’une arme
de conquête, pas un lieu de rencontre et d‘échange apte à rendre la
vie
républicaine conviviale.


THESE   6   -   ELEMENTS  DE  DOCTRINE  DE LA  COPARENTALITE

1/        Nécessité de renforcer et globaliser le positionnement
mixte
A la veille de 2012, l’idéologie de la population mixte
postule comme thérapie de la dérive de la décolonisation et de
l’impasse du
développement :
-    sur le plan économique, de privilégier la croissance compétitive
par rapport à  la croissance concurrentielle, qui hiérarchise et confronte
pays, cultures et  populations.
- sur le plan social, d’instituer la gouvernance sociale comme tamis
des objectifs de croissance économique destiné à lutter contre
l’exclusion
et les inégalités.
- sur le plan politique, de recadrer et dépasser la contradiction
capitalisme-socialisme  affaiblie par la convergence des systèmes
économiques et des politiques du profit spéculateur. La défense des
écosystèmes identitaires et notamment de l’espace social
franco-algérien,
inspirée de l’éthique associative, est prioritaire face à des blocs
économiques que la croissance concurrentielle rend de plus en plus agressifs
et manipulateurs.

2/        Donner du sens,  ouvrir des perspectives.

Trois voies d’action et de réflexion s’imposent pour l’idéologie mixte  :
-   Le cercle de développement est une voie  d’indépendance, qui
ne rejette pas les acquis des phases précédentes (autarcie et/ou ouverture
au marché mondial). Il valorise le rassemblement (non la fusion) et la
coopération, face à la crise financière et à la destruction de
l’économie
sociale.
-  La gouvernance sociale est le tamis des conditions sociales et
territoriales des objectifs économiques placé sous la tutelle de l’Etat et
du Parlement.
- L’immigration ‘’autrement’’ est une immigration convenue visant
à mettre au service du pays partenaire des moyens humains et matériels en
vue d’exploiter ou co-produire dans l’un ou l’autre pays des biens et
richesses prioritaires (mise en valeur du Sahara en Algérie, formation et
entreprises industrielles et agricoles en France... ).  Elle impose au pays
d’origine le devoir de protéger la dignité et le retour de ses
ressortissants .

3/    Elections françaises  2012.  Un enjeu majeur à poser.

- ou,  la France libérale , oublieuse de l’ex-Empire, devient
un simple comptoir commercial, une manière de vivre, de parler et de penser
en voie d’absorption et d’effacement , au sein de l’Europe dominée par
les finances de l’Angleterre (et son Commonwealth) et l’industrie de l
’Allemagne (et ses Marches de l’Est).
-  ou, la France révolutionnaire,  balayant ceux qui occultent la
question vitale et cruciale d’un nouveau projet de société,  choisit :
- soit, d’accueillir tous ceux de l’ex-Empire
qui veulent rejoindre l’hexagone et devenir Français, et, elle doit, en
conséquence, s’ingénier à préparer, à la fois, une
réforme constitutionnelle
majeure visant à représenter les nouveaux arrivants,  et un plan Marshall
d’accueil
et d’intégration de cet apport pour une France multiraciale,
multiconfessionnelle et multiculturelle, sous peine d’imploser et se
décomposer. Quelque 130 millions de citoyens français à l’horizon
2050 le
justifie. Mais l’Allemagne et l’Angleterre s’opposeront à l’expansion rapide
d’un partenaire turbulent qui engendrera un nouveau Bonaparte.
- soit, de renégocier sa position au
sein de l’Europe tenant compte du cercle de développement constitué par les
pays de l’ex-empire dans le respect  de la nationalité et de l’identité de
chacun .

isbn     (extraits)                           Benammar  Christian


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